‹ La conférence d'AlgésirasChapitre 57 sur 357 · Celle expression est du coude Lamsdorf · texte numérisé non relu

Celle expression est du coude Lamsdorf

76 LA r.t>NFKRENCK I) ALGKSIIIAS

A Paris, tandis que se déroulera la conférence^ la magistrature suprême cl le ministère des Affaires étrangères changeront tous deux de titulaires. Parvenu au terme de son mandat, M. Êmiie Loubet sera remplacé le 18 janvier par M. Armand Fallières, qui entrera en fonctions le 18 février. Partisan du principe politique adopté par M. Delcassé, M. Loubet n'avait pu cependant méconnaître, au *mois de juin 1905, la disproportion singulière entre les conséquences possibles de cette politique et les moyens d*exécutioQ dont elle disposait. Il avait accepté loyalement la nécessité des concessions alors conseillées par M. Rouvier. Mais il conservait une sourde défiance contre les intentions de TAIlemagne^ et la valeur des assurances amicales, que nous avions parfois recueillies, lui paraissait douteuse. Son successeur, très-neuf, il le disait luimême, dans les questions étrangères, se préoccupera, dès son élection, d'étudier Taffaire marocaine. D'accord avec le gouvernement sur Taltitude à garder, lié d autre part à une réserve constitutionnelle que Tusage a exagérée, il n'interviendra que pour approuver les décisions prises, pour assurer aussi, pendant la crise ministérielle, l'unité et la continuité de notre politique. Celle inlervenlion, pour être limitée, n'en était pas moins nécessaire et devait être utile. M. Fallières ne pouvait faire plus. Il était prêt à remplir son devoir tel que les circonstances le lui traçaient.

M. Rouvier avait remplacé M. Delcassé au quai d'Orsay, — on sait dans quelles pénibles conditions. Rien ne préparait à cette action diplomatique intense ce financier émérile rompu par une longue expérience à la vie parlementaire. Mais il lui avait suffi de considérer la situation en homme d'affaires pour définir sa ligne de conduite et s'y fixer. 11 avait pris le conflit marocain comme la liquidation difficile d'une opération bonne en soi. Cette liquidation impliquait des sacrifices, mais il fallait réserver l'avenir. On pouvait céder sur la forme, à condition de sauver le fond. D'où la négociation de j uin 1 905, d'où les accords de j uillel et de septembre. La conférence venue, M. Rouvier explique à la Chambre, en termes excellents, ce qu'il y fera et pourquoi *. A dire vrai, il ne ressent pas toute la confiance qu'il exprime. Il a cru aux promesses

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