Notamment, le prince de Radolin
4. M. de HoUtein estimait que, pour être durable, cette entente devait comporter, sous une forme ou sous une autre, une renonciation nouvelle do la France aux provinces perdues en 1871.
France. Mais on oubliait d'ajouter que cette entente, il ne l'admettait que léonine et écrasante pour nous. C'est lui qui avait insisté pour le voyage de Tanger '. Depuis, quel nMe avait-il joué? Quel rôle allait-il jouer? Sans nul doute, un rôle peu apaisant, et nullement conciliateur; car il ne doutait pas qu'on ne pût, par la menace, tout obtenir de la France apeurée devant TEurope intimidée. Comme, dès la crise finie, il a pris une retraite qui ressemble à une disgrâce, on a fait de lui le bouc émissaire. Et à coup sûr, il fut pour beaucoup dans l'obstination de la chancellerie. Mais de là à voir en lui l'unique responsable, il y a un pas qu'en toute équité nous ne saurions franchir. Dans l'instant que les plénipotentiaires arrivent à Algésiras, M. de Holstein est certainement résolu à continuer le bluff, qui a réussi dix mois plus tôt. Mais il n*est pas seul de son avis-. Car le prince de Biilow et l'Empereur lui-même vont, deux mois durant, malgré les conseils, les avertissements, les instances, s'engager personnellement dans la politique du refus et de la résistance. S'ils eussent été partisans, comme ils l'avaient assuré, d'un accord acceptable avec toutes ses conséquences; s'ils eussent traité le problème marocain sans arrière-pensée d'expansion africaine et de représailles européennes ; s'ils eussent tenu compte de la spécialité de notre situation dans l'empire chérifien au lieu de chercher surtout à rompre l'entente franco -an glaise, leur volonté se fût imposée aux menées de leurs collaborateurs. Force est donc de penser, qu'en Allemagne c'est l'ensemble du personnel gouvernemental qui veut un succès de façade et qui, pour le chercher, se prépare à exiger de la France l'abandon de son programme et de sa dignité. Nous n'avons à attendre de ce personnel, ni modération, ni équité, ni clairvoyance. Et pour l'amener aune transaction, un seul moyen s'offre à nous : élever en face de lui la « réprobation de l'Europe ^ )>, pour lui donner l'impression de cet isolement, qu'il nous accusait de préparer quand nous n'y songions pas, et qui devient, alors qu'il croit l'avoir conjuré, l'instrument nécessaire de notre action défensive.
!. L'Empereur no se décida à descendre à terre qu'après avoir pris connaissance de dépC'ches pressantes de la chancellerie. Voir ci-dessus, page 70.
2. On peut dire que M. de Holstein avait proposé le plan de campagne. Mais c'est l'Empereur et le chaiiccliep qui dirigèrent les opérations.