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78 LA CONFKÏIENCK D AUiKSlRAS
rapide de l'énorme dossier de la conférence, que nous ne pouvons plus rien céder, et, par la fermeté de ses instructions, par son action personnelle sur les ambassadeurs, par sa dialectique souple, siiguë, pénétrante, il ressaisira Favantage que nous avait arraché la chute du précédent cabinet. C'est un service dont on appréciera mieux l'étendue en lisant le récit de ces journées décisives ^
Le roi d'Angleterre^ initiateur du rapprochement qui^ par son contre-coup, avait provoqué la crise, n'avait probablement pas prévu les répercussions indirectes de l'accord du 8 avril. Il avait considéré cet accord comme une simple liquidation : or, très vite, il était devenu, grâce à l'adhésion de Topinion publique, le principe d un groupement nouveau et durable des puissances. Peut-être Edouard VU avait-il pensé ensuite, — bien qu'il fût personnellement attaché à la paix, — que, dans l'hypothèse d'une guerre, tenue par maint Anglais pour désirable et probable, la France serait le champion continental de la Grande-Bretagne : or, en 1905, la France avait marqué sa volonté d'éviter la guerre, même au prix de sacrifices pénibles. La réunion de la conférence étant décidée, le roi prend aussitôt son parti et affirme son désir qu'elle aboutisse à une entente. Il estime que, si cette entente est honorable pour la France et consacre à l'égard du Maroc « l'intérêt spécial » que l'Angleterre a été la première à nous reconnaître, ce sera pour l'amitié franco-anglaise la meilleure des justifications et le plus souhaitable des succès. Très-droit en affaires, il a dit à tous nos hommes d'État que nous pouvons compter sur lui « absolument ». Et c'est « absolument » qu'il entend nous soutenir. Il veut aussi que l'attitude de la diplomatie britannique dissipe la crainte, exprimée à Paris,' d'une pression anglaise de nature à nous entraîner aux aventures ; que, par conséquent, le concours qu'elle nous apporte soit aussi discret qu'actif.
— Dites-nous, sur chaque point, ce que vous souhaitez, a-t-il déclaré à M. Paul Cambon, nous serons à vos côtés sans restriction ni réserve.
Ce n'est pas violer un secret que de rappeler que la présence à Algésiras de sir Donald Mackenzie Wallace, l'habituel missus