I . Archives de la maison d'Oraiigi
ce les mesures nécessaires pour déplacer les magis- <r trats mal intentionnés... C'est mon amitié pour « vous et votre famille qui m'oblige d'ouvrir mon « cœur et de vous prier de suivre les conseils de la «prudence, et non ceux d'une trop grande clétf mence. » (a octobre 1787.) — Puis enfin : « Je ne ff doute pas que vous ne sentiez la nécessité de faire « céder vos sentiments de clémence à la nécessité 9 de voir que la réforme dans la république soit ff complète, pour prévenir le retour des malheurs « qui ont presque détruit la république et votre « famille. » (i5 février 1788) (i).
Bien que les conseils donnés par le roi d'Angleterre aient été religieusement mis en pratique par le stathouder Guillaume Y, ceci n'empêcha pas , quand le moment de la réaction fut arrivé (1795), que ce prince ne trouvât que des lâches dans ses partisans, qui avaient pourtant été si braves lorsqu'il n'y avait rien à craindre pour eux, protégés qu'ils étaient par les baïonnettes prussiennes. Ce prince et sa famille n'eurent alors d'autre ressource que de fuir honteusement une terre qu'avaient illustrée des princes d'Orange tels qu'un Maurice, un Frédéric- Henri , un Guillaume III. C'est ainsi que s'abâtardissent les races les plus illustres, et qu'un nom glorieux devient un pénible fardeau, pour ceux qui sont appelés à le porter et pour le pays qui associe ses destinées à la destinée de ceux qui le portent.
Eh bien! si de nos jours les événements politiques
I Arcbîves de la maison d'Orange.
amenaient une intervention prussienne en HoUandei lesconseils d'une sévérité impitoyable ne viendraient pas de Londres , mais du cabinet de Saint-Pétersbourg. L'empereur Nicolas, si fier d'avoir foulé aux pieds la constitution du royaume de Pologne, ne se ferait pas faute de donner le conseil à son beaufrère le roi des Pays-Bas , d'en finir chez lui avec le régime représentatif, et de mettre en place le gouvernement absolu du souverain.
Ainsi la question serait engagée, sur le terrain de la Hollande, entre la France et la Russie. C'est donc à la première, à la France de 1 83o, à veiller k ce que la Hollande soit conservée dans les rangs des gouvernements constitutionnels de l'Europe^ et qu'elle n'aille pas grossir le nombre des ennemis de cette forme de gouvernement.
L'ex-roi Guillaume P' vient de descendre dans la tombe au moment où je livre ces pages à Timpression. Elles peuvent en quelque sorte être considérées comme un document explicatif des projets de loi proposés tout der-nièremeut par le ministre des finances aux États-Généraux (i).
!• Ce D*eftt pas la circoBfltaoce d« la mort de l>x-n>i dei Payj->Bas tpà a amené la publication de cet écrit; mais c*est l'apparilioo de la loidesmUU et d'amtfurâe M. le ministre chargé, par intérim^ du portefeuille des finances ; c'est la lecture àé oe tissn d^ahmsinations fiscales el la création tle ees commiasioni inquisitoriales, qu'à bon droit on pourrait appeler, cnmilîèpedi'iaB-
N V a^t'îl pas quelque chose de providentiel dans cette mort, qui vient coïncider avec ce cri de détresse financier qui s^élève en Hollande et force le gouvernement des Pays-Bas à recourir à un nouvel impôt aussi écrasant qu'immoral ? Car , s*il est adopté comme ressource m extremis^ pour sauver FÉtat d'une banqueroute complète j nul doute aussi que, pour se soustraire à ce surcroit de charge, les faux serments Tont pulluler dans ce malheureux pays.
pèl, ks comrâ prêpoiaht tU mpnsiâur Van^Hùtt^ qui onf fait sur rautcor de ces pages l'efFet de la dernière goutte dVau qui fait déborder le vase,
D*après Ta^eu de tou« ceux qui ont lu le manuscrit de cet ouvrage, il a le mérite d*^lre t^nu. Son auteur s'attend par conséquent à entendre s*éYeTer contre lui un com^ert dUuTeitives, de la part des séidvs et des courtiaaiit da feu roi Guillaume P**. Ils crieront anathème contre l'auteur de ces pages; mais il s*en consolera facilement. Bien mieux, il pourra, jusqu'à un certain point, le tenir à honneur; car il 7 a des haines qui honorent. L'auteur déclare ici : qu'il a toujours txécré le système de pertépérance^ d'abord pwce qu*il était absurde en lui-même, mais bien plus encore, parce qu'il était perwers. Oni , il y avait perversité i tout sacrifier i un système uniquement fondé sur le désir ardent de voir fondre sur l'Europe les maux d'une guerre générale. Tandis que toute TEurope civilisée (et ceci implique qu'il ne peut être question ici de la Russie) faisait des vœux ardents pour la conservation de la paix, le roi Guillaume, et avec lui la Hollande, puisqu'elle s'assodait à son système, faisaient des vœux pour la guerre. C'était là nn^ vœu impie. Grâce à Dieu , le ciel ne Ta pas exaucé; mais si ce vœu a pu être considéré pendant un temps comme éminemment patriotique en Hollande, à coup sûr, il était marqué du sceau de la r^robation universelle; car il était aji/ieurope'en.
Aujourd'hui la main de Dieu semble peser sur la Hollande parce qu'elle s'est associée au vœu criminel du roi Guillaume 1*' et de ses conseillers. Rarement l'histoire a offert une plus grande, une plus haute leçon de moralité aux peuples et aux rois. L'auteur de cet écrit professe, par conséquent, rantipatbie la plus profonde pour ceux qui ont conseillé le système de perse' pérancCf ou qui seulement y ont spplaudi. Entre lui et ces hommes, il exble un abime ; ces hommes fussent-ils ses parents au degré le plus rapproché, il ne peut Toir en eux que des ennemis dé leur pays.
Tout ce luxe de mesures vexatoires du £sc , ces commissions inquisitorîales qui auront le droit de pénétrer dans le domicile des citoyens pour estimer leur avoir , ces peines demandées par la loi contre ceux qui éprouveront une juste et légitime répugnance à se soumettre au rôle odieux et avilissant d'inquisiteurs de leurs concitoyens , toutes ces mesures fiscales enfin proposées par un gouvernement qui semble en délire, sont autant d'attentats liberticides; c'est une hécatombe de ce que l'homme possède de plus précieux , sa liberté et sa dignité, offertes sur la tombe encore béante de Guillaume!^''. Après un tel règne il ne fallait rien moins qu'un tel sacrifice ! I^e gouvernement parviendra-t-il à Farra* cher aux États-Généraux ?
Mais quoi de plus révoltant aussi, selon nous, que d'entendre parler de tous ces millions entassés dans les coffres du feu roi, tandis que ceux du royaume sont complètement vides.
L'offre même de participer pour dix millions dans le nouvel emprunt projeté, faite peu de temps avant sa mort par le feu roi, est, selon nous, marquée au coin de l'impudeur; car cette offre seule indique l'énormité de la fortune personnelle de ce prince. Aussi serait-on tenté d'admettre ce que disait spirituellement un journal : « Il avait juste la a dette de la Hollande, avec celte différence, que ce « qui était au passif chez elle était à l'actif chez lui.»
Mais à côté de la pénurie publique et de l'amoindrissement des fortunes particulières en Hollande,
ce développemeni effrayant delà fortune de. la maison régnante ne pourrait-il pas devenir dangereux pour la liberté publique? Celui qui se trouve dans la position d'acheter beaucoup de consciences ne trouvera-t-il pas un grand nombre de consciences vénales toujours prêtes à se vendre ? Et quels seront les résultats de cet encan, si dégradant pour l'humanité ? Un pouvoir sans frein, une dépendance entière à côté d'une autorité illimitée. Ce sera, en nn mot , le despotisme capricieux d'un seul , ou l'autocratie russe, sous le masque hypocrite d'un gouvernement soi-disant représentatif. Les Pays-Bas offri* ront la répétition de ce que l'on vit un jour àRome« Ce sera Rome et le sénat romain sortant des mains d'Auguste qui les avait façonnés au pouvoir impérial, pour aller s'avilir sous Tibère (i). Le théâtre sera bien moins vaste à la vérité, mais le spectacle n'en sera pas moins dégradant pour cela.
Si l'obséquiosité des États-Généraux n'était chose reconnue, on serait tenté de croire que l'adresse de la deuxième chambre au roi, à l'occasion de la mort de son père, n'est qu'un long, un amer persiflage. Comment ne pas éprouver un dégoût profond , en
X. n ctt bien mciida qiw ceci ot dit wuu covptfmÎMB entre les imoa; GuilUiiraie I*' ne rappelle pas plus an Aaguste, qaî donna aon à Mm âède, que le 6U d« Guillaume 1" ne rappelle le fila adoptif dAucuate. n n^ a rapprochement qu'entre U fliinations. QaMod on Itt Tadretae des ÉtaU-Génénnx au roi, à l'occasion de la m >rt de son père, ®^^V*W**** ce que Tacite dit, en pariant des actes du sénat romain i l'occaswn dm la mort d'iLaguste : . Ueurens celui qui à cette époque pouvait trouver um « flatterie qui eàt encore le mérite de U nouveauté! •
la
lisant dans cette ach*esse le passage suivant : « Noas « ne cesserdns de reconnaître avec gratitude tout le e bien qui s'est opéré durant le <*ègtie AvL priûée que « Dieu a rappelé k lui. n Le bien qui s'est opéré dui<ant lè régné de Guillaume P'! Où croit révei' en lisant Ces moté. En Vérité , il faut qu'une assemblée âcdt bien itiibue du génie courtisan pour oser prononcet*, à la face d'une nation courbée sous le fardeau d'in* tûléràbles itnpôtâ ^ une phrase dont l'évidence des faits démontre la fâuséèté*
En dépit de tout le fatra§ adulàtèire que Ton ttoute presque à chaqttè pas dans cette adresse, nôMÉ croyons être mille foiâ davantage dans le vrai, en disant qhë l'histoire du règne de Guillaume P^, réduite à sa pluâ simple expression, est renfernléè dâhis ce peu de mdts : kllk ap^iàiltri, endetté^ ruiné l'État qu'il a gouvërtié pendant uh qiiart dis siècle, et il a énortnéiiient enrichi sa fathillë. »
Vbilà l'épitaphe qui devrait être gravée sur la tdtnbé de ce h>i dpé)[^ulaiëun
Ses dépouilleà tnortelleà vont être déposées à Côté de cet autre Guillaume I^ qui disait : a Les péUpléd fie sont pas faitt|ioup les rdi^, maisf Muf-ci pour lés peuples. » Mais aussi l'histoire nous apprend que ce Guillaume l^^ mourut pauvre et endetté^ laissant à pëfnë à sëâ hoibbrëùk enfants dé (^uoi soutenir l'éclat de leur rang (1).
z. À l%eure qu*fl est, les enfants de Guillaume F' sont probablement très-occupés à partager entre eux les millions provenant de l'héritage paternel.
Les héritiers de Guillaume V^ dit le TacUurne, n'eurent pas & s'^occoper
de ce soÎD, tant s'en fout ; car à la mort da prince, sa veuve et ses enfants forent obligés de faire on appel à la munificence des États de Hollande. En veut-on la preuve? Voici quelques eiemples qui montrent Tétat de pénorie où se trouvait alor» cette famille d*Orange, qui se trouve placée aujoiir-^ dliui k la tète de tant de millions.
ao Juiûei 1 584. — Sont alloués x6,ooo florins pour subvenir aux frais des funérailles du prince.
93 aoàt, — Sont alloués 9,000 florins par mois au comte liaurice pour l'entretien de sa maison.
99 septembre, — Sont alloués i madame la princesse douairière, si elle consent k rester en Hollande ayec les cinq enfants, 9,000 florins par an pour l'éducation des en&ntSy et 6,000 florins par an pour l'entretien de sa
X X octobre, — Sont alloués 9 k xo,ooo florins pour solder les mémoires des fournisseurs de la maison du feu prince.
9 janpUr x 585. — Dispositions relatives ao paiement des dettes contractées par la comte Maurice, pendant les deux années qu'il a passées à l'université de Laydes.
Mêmêdmi9. — ^Une pension aunneile dei ,900 florins^ à prendre sur l'hoirie, est allouée à mademoiselle Anna de Nassau.
ijmUût X 585 . — La yaissdle plate, les tapis, le linge, et les meublas do feu prince, s«ront vendus au profit des officiers de sa maison.
ZJuin xSSg, — Madame la princesse douairière ayant demandé one assistance pécuniaire, on lui alloue pour une fois 4,000 florins,
x3 sepiembn iSg^, «- Sont alloués, pour l'entretien de mademoiselle Amélie de Nassau, fille du feu prince, 9,5oo florios par an.
En voilà bien asset pour se convaincre que Guillaume I*% dit le Tœi' twnêf n'avait ni spéculé à la bourse, ni tripoté dans les actions il Mais tiuirê temps, mUres mœurs, dit l'adage.
LETTRE
SUI l'AVKNIl DU BOYAUIE DES PATS-BAS,
tCRITB EN AVRIL litt.
LEITRE
SDH L'AVENU pu PTAPIB DES mm%
Monsieur,
yaa$ fa^ayw deniand^ i^on Of^m^n sur l'av^mr de ce peUl jpay« qui euf; ^qm d'aboird 4e républîi|ve d€^ Provi^ces-J^nief , cm^uUe de r^p^blique Ba^ve» puis de roj^aume de HQl|ai)4e; qui pei94^t tarais gof 9 été effacé du r^^g des ppuples^indépeAdaut^:; qui ceom^uit de ^^ .cendres eu ^8i3j ^ofis [le uf>m dç Provinjces-I^ies; qui peu d^ te^ips .9px:è^ %.pafti^ du rpyî^pifte 4es ,Pfiys-B?s , ,et qui^ (|eRWs ,sfi ^épac^itiop .d'ayec jU ïlelgiqHÇ, est ^ ^vfiuu .cp .qu'^l étmt en 1 8 1 3, sa^f Aç x^aip 4e ^wa^Ipe (jj^'i^l a cpu^ervé^ aygc TO jçoi.^ sa ^ête %^ \\e^ 4>n ffri^ç^ ^ou^Çj^a»-
A ppjpe ptais-ip flp flup If ,^^^Jïliq^ç dep JÇtr^r Sqi^i^^tpie^ jnj tfirffliflçr jw?p .existence politiqivp; je ne pujs juger ,de.s9ff,gquveri}eRiept pt de ^,19- ^tit^ljj^ns que d'après'ç^ que l'histoire npus en apprend. J'étaisrtrpip jei^ne pour ^voir pu apprécier }f gouvernement delà républiqii^e batave; j'ai un .sou-
venir confus d'enfance de la royauté de Louis Bonaparte ; la réunion à Fempire français m'est parfaitement présente à la mémoire , et j'ai été à même de juger et d'apprécier comme témoin les événements qui se sont passés depuis i8i3 jusqu'en i83o. . J'ai toujours considéré la réunion des anciennes Provinces-Unieset de la Belgique sous le mémesceptre comme une combinaison politique sage; malheureusement l'exécution de cette pensée de haute politique européenne a été con&ée à des mains inhabiles. Après quinze années de tiraillements et de querelles entre les Belges et les Hollandais , la séparation eut lieu d'une manière violente, et je crois que, lorsque deux peuples se séparent avec ce degré d'animosité mutuelle j il ne faut plus songer à un rapprochement amical. Il n'y aurait que la conquête qui pourrait rendre au roi des Pays-Bas ce qu'il a perdu ; mais je ne crois pas que la Hollande soit de force à aller conquérir la Belgique, bien que l'on ait fait accroire aux Hollandais, après les événements de i ^6, que cela serait fort praticable , et qu'à cette occasion on leur ait fait entrevoir, probablement dans le but d'exciter leur zèle, la Belgique reconquise par leurs efforts, comme un autre pays de la généralité^ qui serait exploité au profit de la Hollande. Ce qui s'est passédepuisseptans nous a démontré toutcequeces beaux projets avaient de chimérique. Ces châteaux en Espagne se sont réduits en fumée; mais si on a acquis à cet égard des notions plus exactes et plus raisonnables, elles ont été achetées bien chèrement,
et Texpérience acquise à ce prix est un trésor véritablement ruineux.
A moins donc d'un événement que je ne puis qua- HBerquedu mot de miraculeux, je ne prévois point que cette réunion puisse se refaire; ainsi Favenir du royaume des Pays-Bas me paraît n'avoir désormais rien de commun avec la Belgique, sauf les rapports de bon voisinage de peuple à peuple.
Je sais que dans le système actuel de la politique européenne il faut être puissant avant tout pour avoir voix au chapitre , et que tout ce qui est petit et faible n'est là que pour recevoir l'impulsion des grandes cours. C'est, à mon avis, une position fort humiliante, non-^seulement pour le souverain, mais aussi pour les sujets, et cela seul me dégoûterait de vivre comme citoyen dans un petit état, et bien plus encore d'être employé par le gouvernement d'une petite puissance, dépourvue de la faculté de se faire respecter , car il n'y a que des humiliations à recueillir dans ce métier. Je sais que sur ce point il y a des personnes qui sont sous le charme d'illusions peu raisonnables, et qui, comme la grenouille de la feble , croient pouvoir se faire aussi grosses que le bœuf; mais quand on n'éprouve point ces illusions, il ne reste que le sentiment de l'humiliation, qui est odieux.
Le seul moyen de sortir de ^et état de nullité serait d'agrandir le royaume des Pays-Bas sur sa frontière orientale, soit aux dépens delà Prusse, soit aux dépens du Hanovre. Ceci, dans tous les cas, ne ponr-
r^t M £ai|'« qnp par^i^j^e d'une guerre générale, elà l'aide de bons et solides alliés qui missent le roi des Pays-i^w à 4Q^e 4e 44poiiiiUer la Prusae d'une partie de ses provinces phénanes» ou te poi ife Haiio.yne de <^t^ portion de lerritoire qui s'étend jusqu'au We^r. Dans la supposition ifu'jon en vieiaie un jour là f je crois qae Thypothèse 4e Tiigraodissement aux dépens du HaiM>vre gérait préférable ii la première ; car le mépie obsljacle qui a faijt écdwHier, en grande partie, la r^unioii entre la Belgique <el la Hfollande, la question reli^euae , pourrait serepro^ duire eotre les populations catholiques des anciens évécbés de Munster et dedologne, qui s'accommc^ d«raif^t probableoient tiout aussi peu de leur «eu* nion à Aa ^ollan4e protestante , que celle<si smsit disposée à sjb montrer accommodante à T^égard 4es catholiques de ces contrées.
Quoi qu'il en soit, ce ne «era p^ la Prusse qui facilitera au gouvQrnement4es Pays^fia^ ia conquête d'une portion du Hanayre. Aussi Jongtcwaps quels Prusse ne sera ppin t de force A réunir Je 'Hanpvreà sa dominaliiony le cahm^t defie^lins^ra ^iycmeitf intér ressé à le maintenir daps l'état actui^, 4ans J'es^oir 4'en faire sa iproie plus tfu*d. .Ce ne^ pourrait 4<vie être que la Pirance et l'Angleterre qyi se prétassAUt à mettre le roi des Pays*Bas en possession djUitendr toire (qiû s'étend jusqu'au iWîeser, ou «ui dfilà de ce fleuve.
Mais en étudiant l'histoire des peupj^ eu gén^* rai , il m'est apparu une vérité ; c'est ^qu'il y a^
peuples et des sociétés politiques qui sont destinées i ^andir leur domination par des réunions de terriH^e Aucoesaivesy tandis que d'autres peuples* paraissent être privés de cette faculté par des causes diverseis. Ceui^â f voyant |2i^mposaibilité physicpie om le danger 4e s'agrandir aux dépens de leurs voi^ ^ins , o<it toinrné leurs efforts vers des conquêtes lointaines. X« position insulaire Ae Tenpire britanH «ique-A forcé le gouvernement anglsôs à aller faire dsi .conifuétes dans d'autnes hémisphères.
Sur le icontinent européen , l'histoire m'indique deux peuples qui ont possédé d^immensesiressources, •t qui n'en ont point profité pour étendre leur territoire : Venise et la république des Provinces- Unies.
La pcconâere eiiit des pays tributaires dans la mer Méditenranée, et sur le littoral dePAdriatique ; mais le temitoire de la r^ublique fut toujours fort ciroonscrît*
Il en ^est de même de la république des Provinces- Unies. Dans ioelte guerre de quatre-vingts ans, qui, à tout prendre , fut conduite avec tant d'avantage eoMlre les deux branches de la maison d'Autriche , pourquoi la r^mblique ne chercha-t^lle point à faire des conquêtes qui étendissent soi;i territmre ? Pouncpioi, au contraire ^ tous ses soins furent-iils dirigés à en taire de lointaines , seit dans les Indes orienrales, soit dans 'le Nouveau-Monde? C'est que le gouvernement des Provinces-Unies avait la conviction que des conquêtes, qui tendaient à agrandir
le territoire de la république sur le continent européen , étaient contraires à son intérêt , soit comme pays exclusivement marchand, soit comme État exclusivement protestant. Nul doute que, si les États-Généraux Teusseï^ voulu , la république eût pu s'agrandir sur sa frontière du midi j et qu'une partie de la Belgique eût pu leur échoir en partage. Mais leur intérêt ne les portait point à s'adjoindre un pays catholique , et le commerce de la Hollande trouvait bien plus d'avantage à voir Anvers entre les mains des Espagnols, sauf à interdire tout commerce à cette ville, que de se l'approprier, au risque d'en faire une rivale dangereuse pour Amsterdam et Rotterdam. Les mêmes motifs, c'est»à-dire la même jalousie commerciale, ont probablement empêché la république d'étendre sa domination vers le nord de l'Allemagne; là, on rencontrait Emden d'abord, puis Brème, qui auraient pu attirer vers elles une partie du commerce de la province de Hollande. Jalousie commerciale d'une part, crainte de voir diminuer la prépondérance politique et religieuse du calvinisme de l'autre, tels furent les deux mobiles qui firent préférer aux États-Généraux de se resserrer dans les limites étroites des sept provinces, plutôt que d'étendre le territoire de la république, dans la crainte de rencontrer des rivaux, soit commerciaux , soit religieux , dans ceux qu'ils auraient pu admettre dans leur société politique.
Prépondérance exclusivement commerciale et protestante, tel était le but que nos ancêtres eurent
en vue lorsqu'ils signèrent, en 1648, le fameux traité de Munster, qui mit fin à la longue lutte pour Tindépendance avec l'Espagne.
Voilà bientôt deux siècles que ce traité fut signé. Après maintes et maintes modifications politiques , la république a disparu, et ce même pays se trouve aujourd'hui transformé en royaume. Mais, si les institutions politiques et la souveraineté y ont subi des changements extraordinaires, l'esprit des populations s*y est, pour ainsi dire, conservé intact; on y remarque encore le type primitif, et le Hollandais est toujours jaloux et de son commerce et de sa foi protestante. Tout agrandissement de territoire qui aurait pour résultat de porter atteinte à ces deux points capitaux (et je ne vois point quUl puisse en être autrement) sera toujours vu de mauvais œil en Hollande. Nous en avons eu la preuve à l'occasion . de sa réunion avec la Belgique ; car, bien que les Hollandais fissent fi de cette réunion et la crussent plus favorable à la Belgique qu'à la Hollande , l'avenir leur apprendra peut-être combien leur erreur a été grande en dédaignant cette planche de salut, qu'un concours extraordinaire de circonstances était venu leur offrir, à point nommé, pour leur faciliter les moyens d'entrer dans une voie nouvelle, en se ralliant franchement à un système nouveau qui avait des chances d'avenir pour les deux pays.
Mais il ne s'agit point ici de ce qui serait raisonnable, de ce qui serait sage; il s'agit ici d'un fait
— !9o~ existant, d'une opinion dominante en Hollande , et qui 9 tant qu'elle subsistera ^ rendra toute espèce d'agrandissement de territoire un sujet perpétuel de disputes entre les populations des anciennes Provincea-Unies et les populations qu'on pourrait leur adjoindre.
Il faudrait donc commencer par y changer les hommes et les idées; il faudrait faire entendre aux Hollandais que, tout étant changé autour d'eniÈ, ils doirent nécessairement se modifier aussi sur certains points, et que, vouloir se traîner dans cette vieille ornière , c'est se traîner vers une pette que je crois être inévitable, bien qu'elle puisse ne pas être encore aussi prochaine.
GonnaisseZ'Vous l'histoire de la ville de Staveren en Frise? Cette ville était, au moyen^ge, une ville anséatique considérable; Amsterdam n'était alors que bien peu de chose. Staveren déchut graduellement de sa prospérité ancienne; bref, elle était réduite 9 il y a quelques années, à un tel état de déca«dence et de misère, qu'il fut question de k rayer du nombre des villes de la province, et de décider que'Ue ne serait plus considérée que comme un bourg ou un village* Je crains bien que l'histoire de la ville que je viens de vous citer ne devienne on jour applicable à Amsterdam. Je ne le verrai point; mais il est très-possible que nos arrière-neveux le voient; car la grande prospérité d'Amsterdam ne date que de l'époque de la ruine du commerce d'Anvers, et les temps sont passés où la Hollande était ^i étilt
- »9' — d'imposer, comme condition sine quâ non^ la dotare de TËscaut k ses voisins, et de frapper de stérilité un fleuve que la Providence semblait n'avoir créé que pour être une source féconde de richesse et de prospérité pour les contrées qu'il traverse. L'histoire ne nous apprend-elle pas que, sous la domination des princes de la maison de Bourgogne et sous celle des premiers souverains de la maison d'Autricfie, le commerce principal des Pays-^Bas avait fixé son siège à Anvers et à Dordrecht, et qu'il fallut une révolution, suivie d'une guerre de quatrevingts ans*avec l'Espagne, pour porter Amsterdam, malgré les inconvénients de sa position , au point de spletideur commerciale qu'elle atteignit dans le courant du xvii^ siècle ?
La voix d'Amsterdam a été puissante dans les conseilis des rois. La paix du continent ou la guerre ont souvent dépendu des décisions de cette puissante cité marchande ; un oui ou un noh d'Amsterdam était respecté comme un oui ou un non des plus puissants monarques. Mais Carthage et Syracuse, à l'époque de leur gloire, ont aussi fait trem* hier le monde ancien. Et aujourd'hui , que reste-t-il de ces cités ? Rien que des ruines.
Personne plus que moi ne rend justice aux grandes choses exécutées par nos ancêtreii. Lliistoire de ce petit pays , connu sous le nom de Provinces-Unies , est réellement fabuleuse; les siècles à venir ne pourront croire qu'avec d'aussi faibles moyenfs, avec un territoire aussi exigu, les habi-
— !9o~ existant, d'une opinion '^ y^j^p^^ favorisées de qui, tant qu'elle " -j^hoses auss^
d'agrandisse- .^'J^^ ^® ** république, son de disp ^ -;i>?^^» *^" influence dans les Provir ^ /^^^^ ^^ ^^ phénoménal ; il a leur ^^^^^^^^'inci^^^^ ^^ circonstances pour /^^^^à<^^ degré de splendeur et de puis- ^^ #^y^ vit vers le milieu du xvii* siècle ; il S^^ ien moins que la décadétace de la monar* ^^Lpagne, les guerres religieuses qui déso- ^^ j'^iiipire, les guerres civiles et les dissensions ^^f^^ues qui réduisirent, à cette même époque, la ^tkco et l'Angleterre à une faiblesse extrême, et, ^i.taat , à une grande nullité politique en Europe* C'est à la réunion de toutes ces différentes circon* ^tances que la république fut jredevable de son rapide accroissement, et qu'elle dut la prépondérance politique dont elle jouit pendant un temps en Europe. Elle brilla d'un grand éclat, moins par sa puissance réelle que par sa puissance relative ; mais, aussitôt que ses grands et redoutables voisins eurent mis ordre à leurs affaires , elle vil diminuer sa prépondérance. Ses capitaux lui tinrent lieu de force réelle pendant un temps; mais une force fictive de ce genre ne peut durer qu'aussi longtemps que les coffres de l'État regorgent d'argent et que le crédit^ est bien établi. Enfin, la paix d'Utrecht vint mettre un terme à cette carrière de gloire. Depuis lors , la république pencha vers son déclin , et un système de neutralité, rempart ordinaire des faibles, succéda
— «93 — à la participation aux luttes politiques du xvii* siècle.
Voyez cependant ce que les Provinces - Unies étaient encore, en 1713, à l'époque de la paix dUtrechty et ce qui restait de cette splendeur en 181 3. En 1713, la république avait toutes ses colonies; elle avait une force navale considérable, un commerce étendu, et son crédit était solidement établi , bien que sa dette publique fut une lourde charge pour l'Etat Que restait-il de tous ces avantages en 181 3? Les Provinces-Unies avaient perdu, à peu de chose près, toutes leurs colonies; leur marine était, pour ainsi dire, anéantie; au lieu de crédit , on venait d'avoir une banqueroute , et le commerce, s'il n'avait pas entièrement abandonné ces contrées, s'était ouvert de nouveaux débouchés; car l'Europe entière s'était lancée dans une carrière dont le monopole avait été, pendant im temps, entre les mains des Hollandais. Et cependant les Hollandais de 181 3 s'imaginaient bonnement être encore ce qu avaient été leurs pères ; ils rêvaient le retour de cette ancienne prospérité commerciale, et comptaient voir revivre le bon temps d'autrefois !
Je doute que les vingt-cinq années qui se sont écoulées de 181 3 à j838 aient amélioré la situation de ce pays; je crois, au contraire, que nous pour» rions bien donner le triste spectacle d'une seconde banqueroute d'ici à peu d'années. Deux banqueroutes successives*, et cela dans l'espace de moins
d*un demi-3iècle 9 vous conviendrez que la chose serait effrayante , et ne prouverait point en faveur de la sagesse du gouvernement. Si tant est que nos colonies rapportent un bénéfice réel à la mèrepatrie, txnijours est-il que nous ne les possédons qu'A titre précaire et sous le bon plaisir de l'Angleterre, qui nous en dépossédera quand bpn lui semblera. Notre force navale est réduite à bien peu de dbose. Bref, nous sommes, à Fépoque actuelle , l'ombre pâle et faible de ce que nous étions il y a un siècle. Et cependant la Hollande, dans son illusion, se croit toujours une puissance formidable, commerçante, maritime et politiquement protestante! Aussi longtemps que ces illusions ne seront point complètement détruites, aussi longtemps que la Hollande ne s'apercevra point que de l'ancienne Hollande il ne reste qu'un nom glorieux , je crois qu'U ne fisiut rien attendre de bon pour l'avenir de ce {>euple. Qn ne gouve«*ne point une nation uniqû<ement par des souvenirs : vouloir à toute force se modeler ^ur un passé détruit et qui ne peut plus revenir, c'est courir après une ombre insaisissable; mais^ atec la comunssâtice que j'ai du caractère de ces hommes, j'ai l'intime conviction qu'ils courront toujours après cette chimère favorite, comme un ntàlade att^nt d'un germe mortel court après la saMé et finit par trouver son tombeau sur la route. L'action de la royauté, bien que puissante en Hollande à beaucoup d'autres égards, est dominée par Tesprit marchand et l'esprit calviniste. Nous en
avons vu la preuve pendant la réunion avec la Belgique. Le Hollandais imputait à crime au roi Guillaume la prospérité toujours croissante d'Anvers et la décadence qui commençait à se faire sen tir pour Amsterdam. Le roi Guillaume était représenté comme une espèce d*apostat par les fervents calvinistes^ parce qu'il régnait sur des provinces catholiques et qu'il allait le dimanche au spectacle k Bruxelles. J'ai entendu toutes ces exagérations, mais malheureu* sèment je n'ai pu m'en émerveiller; j'eusse été bien plus étonné d'entendre un langage plus raisonnable. Le gouvernement pourra mettre la main sur tout impunément en Hollande, et il n'a que trop prouvé qu'il osait et pouvait le faire; mais l'arche sainte, l'égoisme mercantile et le rigorisme puritain, seront des obstacles qu'il ne surmontera jamais, et qui pourraient entraîner sa perte s'il se croyait aasex f(Ht pour les braver. Il doit le subir, ce joug ; il y a déjà sacrifié, bon gré mal gré, la Belgique : c'est tout dire ; car, sous l'empire de ces deux puissances inexorables , esprit marchand et esprit protestant , il a été obligé de mareher dans une voie qui a amené pour lui la perte de la Belgique. S'il y persévère, ces idées erronées deviendront le germe mortel qui^ en se développant, anéantira le peuple hdlandaîfi «t son gouvernement. De quel genre sera la «ÉMt de ce peuple? Je l'ignore. Finira-'t-il , de guenre làsse ^ par se jeter entre les bras d'une puissanee qui puisée lui communiquer une nouvelle vie et une nouv^e^ existence politique ? Sera-ce la conquête qui mettra
un terme à ce qui existe aujourd'hui? La réponse à ces questions repose encore dans les secrets de la Providence. Nous n'assisterons probablement pointa la fin du drame, et je m'en félicite; mais je crois qu'il est dans la force des choses que , tôt ou tard, la Hollande fasse partie d'une plus grande nation. Nous avons vu disparaître , de nos jours, beaucoup de petits états pour aller s'absorber dans des états plus considérables ;* ceux qui viendront après nous, verront peut-être, à leur tour, la Hollande payer le tribut de la faiblesse et de la décrépitude à la force et à la jeunesse d'un nouvel état.
Il y a deux siècles, le nombre des petites puissances était si grand en Europe, que leur masse réunie formait une force assez considérable pour pouvoir entrer en ligne de compte dans la politique générale. A cette époque, les grandes puissances croyaient quelquefois qu'il y allait de leur intérêt de courtiser un évêque de Munster, un landgrave de Hesse, etc. Les efforts mis en jeu^ et par Louis XIV et par Guillaume El, pour captiver l'amitié de tous ces petits princes et pour les rallier à leur cause ^ est un fait historique connu. L'Empire seul comptait alors, outre les électeurs, un nombre infini de petits États indépendants.
La chute de l'ancien Empire et la Confédération du Rhin mirent une fin à cet état de choses. Le congrès de Vienne a sanctionné ce système de suppression, et les petites puissances qui ont résisté à l'orage ne sont pas en assez grand nombre pour pouvoir,
eu se réuuissauty opposer une résistance sérieuse à leurs puissants voisins. Si on laisse subsister ces infiniment petits , c'est par grâce et faveur spéciale; mais à la première guerre générale, je ne doute point que les grandes puissances ne fassent une nouvelle main-basse sur les petites , et gare ajors aux petits États qui seront enclavés dans les grands ou trop voisins d'eux. Chacun tâchera de s'adjuger la part qui lui conviendra le mieux pour s'étendre ou s'arrondir, et le prétexte sera le maintien de l'équilibre entre les grandes puissances ; de manière que, si Tune s'agrandit , les autres voudront en faire autant, pour ne point diminuer en force relative. Ces agrandissements ne pourront se faire qu'aux dépens des faibles et des petits. Cela aura , à coup sur, l'avantage de simplifier considérablement la politique européenne ; il y aura bien moins d'intérêts à ménager; par là aussi moins de sujets de contestations ; l'Europe ne sera plus menacée de la guerre parce que tel ou tel petit potentat se trouverait intéressé aune conflagration générale. Quant aux petites nationalités qui iront se confondre ainsi dans de plus grandes, leur amour-propre de peuple en sera à coup sûr vivement froissé; mais, ce sentiment d'orgueil national mis à part, il est possible que leur existence n'en soit pas plus malheureuse pour cela ; car elles participeront en retour aux avantages inhérents à la puissance, pourvu, toutefois, qu'il n'existe point de trop immenses divergences entre la nationalité absorbante et la nationalité absorbée ; ainsi la partie
wallonne de la Belgique, réunie à la France, ne serait point malheureuse, car il y a similitude de mœurs et de langage entre ces contrées et la France; et les Pays-Bas (les anciennes Provinces-Unies), réunis à une grande nationalité allemande, n'éprouveraient point ce sentiment antipathique que les Hollandais ont éprouvé pour la réunion à l'empire français.
Rapplique cet exemple et ce raisonnement aux autres petites puissances qui existent encore, soit en Allemagne, soit en Italie.
L'esprit du siècle tend évidemment vers l'établissement de grandes sociétés politiques. Une paix prolongée peut , à la vérité , maintenir encore pendant un fort long temps Tétat actuel des choses. Mais il arrivera tôt ou tard un instant où cette paix sera rompue , soit par l'ambition d'un peuple , soit par celle d'un homme. Il ne faut pour cela qu'un autre Frédéric II, ou un autre Napoléon; et ce moment sera probablement celui de la chute de ce qui est faible et petit en Europe.
Quant à moi, je ne serais point éloigné de croire que, dans un siècle et demi, TEurope sera partagée entre quelques grandes nationalités, telles que l'Espagne, l'Italie, l'Autriche, la Russie, la Scandinavie, la Prusse , la Pologne , la France , et un empire ou royaume d'Allemagne, non l'ancien saint Empire reconstitué, mais un État composé de toutes les petites puissances qui bordent la mer du Nord et le Rhin, et qui réunies formeraient une grande puissance in-
fermédiaire entre la France d'une part, et }a Prusse
et TAutriche de Tautre.
Certes ^ le souverain de ce magnifique empire
tiendrait entre ses mains la balance politique du
continent.
Nous sommes d'origine germanique ; nos mœurs
et nos usages ont des rapports avec ceux de toutes ces populations allemandes. Je ne vois point que nous serions fort à plaindre de faire partie intégrante d une aussi belle puissance, dans le sein de laquelle viendraient se confondre Hambourg et Anvers Cologne, Francfort, Manheim, Trêves, Stuttgard, Carlsruhe, et même au besoin la Suisse allemande '• Quant à moi, je donnerai fort les mains à ce projet, et je ne regretterai point , à ce prix, une nationalité qui est devenue un pénible fardeau; il en est d'ailleurs des peuples comme des anciennes £amilles, il est préférable de les voir s'éteindre avec le reflet de leur gloire historique , que de les voir traîner péniblement une existence obscure qui fait un contraste trop fâcheux avec les glorieuses époques de leur grandeur passée.
X . Ce n'est pointu une utopie ni un rêve politique dont la réalisation soit impossible ou même improbable. Déjà on sent la nécessité pour la Hollande de la fidre sortir de l'état d'isolement dans lequel elle est tombée, et on pense que ce serait là pour elle un moyen sûr de retrouver une nouvelle viOi peut-être une partie de l'éclat dont elle a brillé autrefois. La preuve s'en trouve dans l'ariide suivant publié par la Gazette ttJrnheim^ du a 9 novembre 1843, et tiré d'un journal allemand, sous le titre : De la position des PayS'Bas^ relativement à la Confédération' Germanique et à Funion des douanes allemandes.
Remarquons toutefois que la lettre parle de l'avenir et que l'article traite
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de U situation présente ; mais le plan que cet article expose serait le premier pas vers TaTenir qu*on prophétise en quelque sorte à la Hollande. En un mol| Tunion de la Hollande i la Confédération Germanique et son accession à Tunion des douanes allemandes, pourraient être considérées comme un état transitoire et un acheminement vers la fusion de tousj les peuples d'origine germauique en un seul et même corps. Yoici la traduction de cet article.
■ Le projet d'accession de la Hollande au système politique allemand doit paraître à beaucoup de gens, dans la disposition actuelle des esprits depuis ces dernières années, trop inattendu pour que nous soyons obligés de nous expliquer positivement i cet égard. Cependant si Ton ne veut pas, en Allemagne, se livrer à des illusions on juger avec partialité^ il faut que Fou rende hommage au développement historique et aux opinions nationales de notre pays, et que Ton n'estime pas trop, peu notre situation politique, notre caractère comme peuple, et notre force vitale. C'est là même ce qui nous a déterminés à exprimer nos opinions dans une feuille allemande, tont persuadés que nous sommes de l'intérêt plus général qu'elles auraient excité en Hollande, et des bons résultats qu'elles eussent produits dans un pays naturellement appelé aies apprécier. D abord nous reconnaissous franchement que les souvenirs d'une grande patrie commune, de corn* mencements historiques communs aussi, sont chez nous, sinon complètement perdus, du moins très-affaiblis. De toutes les races de la Basse-Germaoie y^ederduitsche)^ seuls nous avons conservé notre langue qui s'est développée dans une littérature non sans importance. Depuis les temps de Charles- Quint, la Hollande a cessé de faire partie de l'Empire germanique ; et pour le Néerlandais, la lutte victorieuse contre l'oppression espagnole est précisément le point le plus briUant de son histoire. Cette liberté courageusement conquise lui est précieuse ; il l'a maintenue dans la lutte des partis ; après qu'il eut secoué le joug français, elle est demeurée, même sous le gouvernement monarchique, dans l'esprit du peuple. Qu'a*t-il donc eu depuis à envier à la constitution politique de l'Allemagne?—- Une relation de parenté, sans autre lien plus solide , plus pratique , n'est pas dans le caractère hollandais : il faut donc discuter cette question, la possibilité d'accession à la Confédération Germanique, dans la pratique. Nous allons commencer par l'examiner au point de vue du droit public (politique). D'après l'interprétation qui a été donnée en Allemagne à l'acte fédéral, il se trouve dans celui-ci quelques principes et dispositions en opposition avec l'esprit et la lettre de notre loi fondamentale. L'art. io6 de celle-ci dit : « Le pouvoir législatif est exercé en commun par le roi et les États-généraux. » L'art, zaa : « Le consentement des États-généraux est exigé pour toutes les dépenses publiques. » Les art. i65 à 167 : « Personne ne peut être distrait de ses juges naturels. Dans le délai de trois jours, tout détenu devra être traduit devant ses juges légitimes. «» L'art. 109 : « La milice ne pourra jamais, sans uneautorisaliou par-
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ticulière des £(aU«générauxy être envoyée hors des fronlières du roytume, » Vart, 25 garantit U liberté de la presse, et exclut toute censure. Il est évident que 09i articles ne s'accordent pas tout à fait avec certaines dispositions fédérales qui restreignent beaucoup les droits politiques Çtler Standen), la publicité et la liberté de la presse. Aussi, il nous semble entendre cette objection : « Comment alors peut-on penser que nous nous soumettrons à une forme po| Jilique quia encore besoin d^étre développée, et qui est» dans un grand nombre de cas, une pierre d*achoppement parmi les Allemands eux-mêmes. » Certaiuemjeni, de même que TÉtat impose aux particuliers des sacrifices et des obligations, une alliance doit en requérir aussi, que ce soit un État fédéral ou simplement une confédération d*États ; et pour qu'on se soumette volontairement à ces sacrifices, il fiiut que les avantages compensent les charges. Mais si notre Méerlande telle qu^eUe est, ne peut prendre de place régulière dans la Confédération teile qu'elle est^ cependant les difficultés que soulèvent les différences de légiflation ne paraissent pas insurmontables. Les restrictions apportées aux institutions libres n'étaient point dans les conditiona primitives de l'acte fédéral. De même qu'elles ont été introduites par des circonstances particulières, elles peuvent aussi être ramenées par la suite des temps à la forme primitive. L'accession de la Hollande à la confédération serait, dans de^ circonstances favorables, par exemple dans un moment où elle deviendrait fort désirable pour l'Allemagne, facile à obtenir, sous la garantie de nos institutions actuelles. Ces mêmes restrictions de l'acte fédéral n'ont certainement jamais été mises en pratique dans notre province de Limbourg, qui cependant fiât réellement partie de la Confédération, non plus que jadis dans le grand-duché de Luxembourg. Dans ces provinces, on ne reconnaît pas, pour ainsi dire, les dispositions de la Confédération, et les gouvernements n'ont aucun intérêt à changer cet état de choses. Quant à craindre que, par notre accession à la Confédération, nous perdions notre indépendance politique vis-à-vis des autres États, c'est une crainte tout à fidt sans fondement. La Confédération est une réunion légale de peuples, une association d'États, mais n'est point un État fédéral. Quoi qu'il en soit de la possibilité de maintenir cette distinction concurremment avec un développement organique, il est certain que le pouvoir central de la diète n'exercera jamais, au détriment des États particuliers, une autorité entièrement souveraine, tant que l'Autriche et la Prusse seront de grandes puissances européennes, et en même temps membres de la Confédération. Elles ne se laisseront jamais lier les mains. Yis-à-vis de ces deux États^ le reste des États confédérés forme un tiers ; ce tiers, s'il est uni, est également puissant, et il constitue ainsi un contre-poids naturel de puissance. Là il y a une place importante à prendre pour notre pays, et, pour notre gouvernement, une tâche utile à remplir. Et si celte place, négligée pour le petit Élat de Luxembourg, n'a été jusqu'ici d'aucune utilité » elle offre pour la Néerlaode tout
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entière nne importance bien plus grande. Cette importance est fondée sur notre puissance commerciale, et c*est à ce point de yne que nous allons à présent considérer la question.
« L'extension qu'a prise l'union des douanes, et les avantages quVUe assure à l'industrie et au commerce de ses membres font présumer que tout le reste des États du nord de rAllemagne, d'ici à quelques années, y accédera. Alors les TÎHes hanséatiques ne pourront plus demeurer en arrière, et l'union douanière pourra fiiToriser de tonte manière l'importation des denrées coloniales par les bAtiments de ces villes. A cela se joint que, dès qu'on traité aura été conclu avec la Belgique , le commerce d'Anvers refleurira très-probablement, tant par la navigation d'entre Escaut et. Rhin que par le chemin de fer de Cologne. Il est vrai que nos colonies et la narigation régulière du Rhin assurent à notre commerce de grands avantages sur nos rivaux; — mais il est à craindre prochainement que Punion douanière, dans la vue de favoriser son propre commerce maritime, ne charge de droits phu forts l'importation de nos denrées coloniales par le Rhin, ou hien qu'elle ne réusdssp, au moyen de la canalisation de l'Ems et de la jonction de cette rivière avec le Rhin, à s'ouvrir une nouvelle voie de*t;ommerce. L'union des douanes a pour principes de seconder avant tout le développement de l'industrie nationale, et de faire des questions financières une question secondaire, afin que le revenu des droits d'importation devienne une source féconde de ressources financières pour l'État : ce sont là ses deux premiers objets. Notre pays, qui doit sa naissance à la liberté du commerce, dont l'industrie, comparée à son commerce, a une importance bien secondaire, ne considère le droit d'importation que sous le point de vue du revenu public. Par le fait de l'accession à l'union douanière, nos finances n'auraient peut-être pas à souffrir, mais il nous faudrait admettre les produits manufacturés allemands exempts de droits, et probablement augmenter les charges de l'importation de nos denrées coloniales, ce qui élèverait notablement, pour les nationaux, le prix des premiers objets de consommation, tels que le café, le sucre, le thé. Enfin il nous faudrait souffrir qu'on établit, sur nos c6tes et dans nos ports, une administration douanière sous une surveillance étrangère. A moins de la nécessité la plus pressante, la Hollande ne pourra donc jamais se décider à accéder à l'union des douanes. Mais discutons le cas de cette pressante nécessité.
« Si l'union douanière doit arriver à une puissance et à une extension telles qu'elle embrasse la Confédération Germanique tout entière, et qu'il entre dans ses intérêts de ne nous ouvrir ses marchés qu'à des conditions déterminées, — alors cela deviendrait pour nous une question d'existence. La Prusse, depuis qu'elle s'est placée à la tête de l'union douanière, s'est acquis une influence prépondérante sur les intérêts matériels et par suite sur le domaine entier de la politique allemande, et il est évident que cela n'a pu
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w frire sans éfeiller eo beaucoup d'endfoiu des inquiétudes et des jalousies. la ee qui eoneerae l'Âulriehe, ee g^ouvernemftnt éclairé parait devoir se tenir àNeart, tant que sa situation particulière actuelle, surtout dans les affaires de Hongrie, et que les déboncliés de son industrie ne rendront pas son accession opportune. Mais dès que ses embarras présents seront surmontés , — et e*est, comme on le toit, ce dont die s^occupe, — il est certain qu'elle agira près de la diète, pour que les affaires de douanes et de commerce en Allemagne ne soient pins l'objet secondaire de traités particuliers, mais qu'elles loient considérées comme matière d'intérêt général à régler par la diète, ainsi que d'ailleurs le prescrit positiTcment Tart. 19 de l'acte fédéral. Il n'est pas improbable non plus que le Hanovre et les villes hanséatiques n'attendent que ce moment pour traiter de concert. Cependant certaines idées, chères à l'opinion publique en Allemagne, par exemple, celle d'un pavillon commun, dé traités de commerce communs, etc., mûriront chaque jour davantage; et dès lors il n'y aura plus de raison pour que la Confédération Germanique, dans son ensemble, ne figure pas comme puissance commerçante vis-i-vis de rétvanger, '«t ne conclue pas, en qualité de corps politique reconnu par lés mités, des traités de commerce avec les puissances étrangères. La distinction intérieure des douanes particulières pour chaque État ne serait point pour Pétranger une objection sans réplique, dès qu'on voudrait s'entendre.
« De toutes ces éventualités, pas une ne nous est favorable; et le moindre mal qui pourrait nous en arriver, serait un abandon total des importantes < rdations de notre commerce à l'étranger. Notre intérêt est donc évidemment de nous tenir toujours bien instruits des intentions et des mesures du ad>inet de Tienne à cet égard, et, en conservant la bonne intelligence avec nos voisins, d'être toujours en bons termes avec ce cabinet. La bonne harmonie avec l'Allemagne en général, — nous entendons meilleure qu'elle n'a été jusqu'ici, — parait pour le moment suffisante, et elle manquera à notre gouvernement, tant qu'il n'entrera pas dans ses vues de songer sérieusement à frayer la voie aux moyens et aux ouvertures de rapprochement et à prévenir l'opinion publique de l'Allemagne en notre faveur par des avances franches. Ainsi on voit avec plaisir que, dans la dernière réunion de la commission pour la narigation du Rhin à Mayence, il a insisté fortement sur la nécessité de l'abaissement des droits, en quoi certainement sa bonne intervention ne peut être méconnue. »
« Si cependant un rapprochement plus grand et une plu? grande union d'intérêts avec nos voisins n'est pas pour le moment à l'ordre du jour; si même parmi les voix nombreuses qui réclament aujourd'hui une révision de notre loi fondamentale, comme l'unique moyen de sortir de nos embarras, il n*y en a pas une seule qui mette expressément en avant les théories cidessos, — oependant cela ne saurait nous empêcher d'en rechercher les chances oHériêurei et les derniers résultats; ce sera le sujet de quelques ob-
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•enralioni de détail que nom allons préieoter sur set conséquences politiques, ▲u point de vue spécialement militaire, la Hollande recueillerait de son accession à la Confédération Germanique, des avantages non stériles. Notre armée est constituée de telle sorte qu'elle répond aux exigences de la Confédération Germanique et fournit le contingent d'un pour cent de la population. Comme nous pouvons fournir, comme contingent, un corps d'armée complet de 95 à 3o,ooo hommes, il n'y aurait donc de ce coté rien à changer. La défense de la Hollande importe trop à la sûreté de T Allemagne pour qu*il soit à craindre de voir enlever l'armée néerlandaise à sa destination naturelle, la défense du territoire national. D'un autre càté , notre système de défense se simplifie et il se hornera à ce point de renforcer et de tenir sur un pied respectable notre frontière méridionale. Les places de Maestricbt et de Yenloo, inutiles à la défense régulière de la Hollande, exigent de grandes dépenses d'entretien, et, en temps de guerre, une garnison nombreuse; c'est autant de force enlevée à notre armée : elles deviendront des places de la Confédération , servant à couvrir la ligne du Rhin inférieur. En temps de paix nous pourrions les occuper par nos propres garnisons. Us plus grand avantage cependant qui résulterait de Taccession au système de la Confédération Germanique, c'est la prospérité de notre marine. L'Allemagne manque de marine, tant pour la protection de son commerce, que pour rétablissement de colonies rendues nécessaires par les progrès de l'émigration. Alors seulement que nous y donnerons les mains, la fondation d'une marine allemande sera possible; car ce n*est pas l'affaire d'un instant que de se créer des relations de commerce étendues, des matelots et des ports. Que l'on y réfléchisse en Allemagne et que l'on ne uous refuse pas le rôle que le destin nous a assigné. Oui, notre marine doit par là gagner en puissance et en considération, car cette considération nous sera assurée par l'importance que l'Allemagne possède comme puissance continentale dans le système politique européen, et par cela même l'Angleterre aura à nous craindre. Sur terre, complètement protégés par le système fédéral, nous pourrons appliquer toutes nos forces à notre marine ; bien plus, elle pourait à elle seule tenir lieu du contingent que nous aurions à fournir. La possession et la défense de nos colonies en seront aussi plus assurées, outre qu'il sera plus facile, avec de bonnes troupes allemandes, d'exécuter des plans ultérieurs de colonisation. Notre vieille devise : l'union fait la force , commencera à faire sentir sa puissance ; notre pays même recevra un nouvel élément vivifiant ; mais il est apte aussi à le recevoir et il en est digne.
■ U est un point que jusqu'ici nous n'avons point encore touché ; il faut bien prévoir .que d'autres puissances européennes, surtout la France, voudront s'opposer à cette jonction de notre pays à T Allemagne. Cette opposition sera fondée à peu près sur les mêmes motifs dont,''il y a un an, on a appuyé, d'un autre côté, les protestations contre l'union douanière de la France à la Belgique.
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La Frtnce, cependanl, n'ira point pour cela jniqu'à une levée de boucliers. Elle ne pourra tout au plus, pour contre-balancer celte alliance, que eoaclore avec la Belgique une union plus étroite. De droit contre nous, la France 06 peat en faire valoir ;'mai8 de plus, n*est-il donc pas juste que la Hollande el rAlIemagoe cherchent à regagner, par une alliance plus étroite, ce qu'elles ont perdu en défense et en sûreté par la séparation de la Belgique. De toal cela, du reste, le moment choisi en décidera la plus grande partie. Toutefois, que I* Allemagne n'oublie pas qu'il est de son honneur de rétablir ce que l'année x83o lui a fait perdre de sûreté contre la France. Quant à l'Angleterre, il y a de ce cûté moins d'opposition à craindre pour notre accession à la Confédération qu'à l'union douanière. En cas de guerre, la première de ces mesures serait probablement bien accueillie i Londres.
« Pour résumer les résultats que fournissent les considérations ci-dessus, nous devons, en terminant, répéter l'opinion que nous émettions ; c'est-è-dire, que l'accession de la Néerlande à la Confédération Germanique présente des difficultés, et même des dangers pour nous, — mais qu'elle n'en est pas moins une condition du développement ultérieur de notre situation politique, et peut-être une condition nécessaire de l'avenir. Notre gouvernement doit donc se mettre exactement au courant des affaires de l'Allemagne; il ne doit pas laisser perdre la part d'intérêt et d'influence qui lui appartient à cet égard ; il faut qu'il règle nos affaires intérieures et extérieures de telle sorte que nulle opposition trop grave, ou d'intérêts ou d'opinions, ne vienne mettre obstacle à un rapprochement éventuel. Mais aussi, en Allemagne, nous voudrions préparer l'opinion publique sur cette matière, qui de longtemps encore ne sera pas épuisée. »
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