‹ La Conférence de Londres et Guillaume Ier, ou, De l'influence du système de persévérance sur lChapitre 6 sur 14 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Quant au point de vue européen de cet écrit , le voici :

Aussi bien que la question d'Espagne^ que la question de Grèce, que la question dltalîe, etc., la question de Hollande peut devenir une question européenne, puisqu'elle peut devenir une question révolutionnaire. La révolution est là moralement, quand le mécontentement a ga^né toutes les classes delasociété, et que tout espoir d'amélioration semble interdit. Il ne faut plus alors qu'un accident fortuit pour la faire descendre matériellement dans la rue.

Nous avons déjà cité ces mots d'un des hommes d'État les plus remarquables de la Hollande : cr Le a désordre dans les finances est notre plus grand a ennemi , un ennemi qui nous ronge intérieure- « ment, un ennemi qui est capable de bouleverser « tout Tétat social, un ennemi qui pourrait créer la « révolution et l'anarchie. » Or, en présence du désordre épouvantable des finances en Hollande, il serait à craindre que le jour ne vînt où la maison régnante se croirait autorisée , pour vaincre les difficultés de la position où le gouvernement se trouve

placé, k avoir recours à une intervention étrangère ; en un mot , que des événements analogues à ceux dont la Hollande a été le théâtre en 1786, ne fussent à la veille d'amener une armée prussienne dsms ce pays. Eh bien ! c'est pour que l'Europe, et la France en particulier, soient bien informées du véritable état des choses en Hollande que ces lignes ont été écrite^ ; c'est pour que l'on sache comment a été amené cet état de choses , et qui l'a amené ; c'est enfin pour épargner à la Hollande cette dernière hunrifiation d'une intervention étrangère , venant maintenir par la force des armes un régime politique qui n'a enfanté que désastres sur désastres !

C'est àla France surtout à veiller à ce qu'à l'aide des baïonnettes prussiennes on ne cherche pas à perpétuer un état de choses qui devient de plus en plus intolérable. Si le mal qui ronge la Hollande est au nombre de ces maux qui peuvent encore se guérir^ la question doit rester exclusivement une question domestique entre la nation et le roi; car l'intervention armée d'une puissance étrangère ne serait que le complément de la ruine d'un pays déjà obéré de dettes, écrasé d'impôts. L'odieuse présence de rétranger lui enlèverait toute chance de salut... s'il en est encore !

Voici ce que l'histoire nous apprend relativement à cette intervention des armées prussiennes en Hollande, en 1787.

Le stathouder Guillaume V étant rentré triomphant à La Haye, à la suite des baïonnettes prus-

siennes, ce prince épancha sa reconnaissance dans une lettre au roi de Prusse , dans laquelle on^ remarque ces passages :

« C'est uniquement à Votre Majesté que je dois mon oc rétablissement dans Texercice de mes charges dans tf cette province... Je ia supplie de vouloir bien épar? tf gner cette province (la Hollande) et de ne pas en « exiger des contributions que le droit de la guerre a la met en droit de demander. Il n'y a que peu «t d'endroits qui se soient défendus. Dans les autres « villes et places, les armées de Votre Majesté ont été a reçues comme amies. Votre Majesté mettrait le a comble à ses bontés en usant de clémence à cet cr égard , et je regarderais toujours cette faveur comme a faite à moi-même. » (3o septembre 1785) (1).

A. la même époque, GeorgesIII, roi d'Angleterre, écrivait au même prince stathouder, pour l'engager à user impitoyablement de son «triomphe vis-à-vis des adversaires que les forces prussiennes l'avaient aidé à terrasser. Voici quelques passages de cette curieuse correspondance confidentielle entre le roi de la Grande-Bretagne et sop parent le prince d'Orange. Georges III écrivait le -28 septembre 1 787 :

a Je ne doute pas que vous ne persuadiez à vos a amis de détruire toutes les mesures qui ont été « projetées ces sept dernières années, et alors je poura rai être le sincère allié de la république, ainsi que « je suis le véritable ami de la maison d'Orange. » — Et encore:» J'ose me flatter qu'on prendra toutes

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