DÉSARMEMENT NAVAL
Avant d'étudier l’œuvre de la Conférence en ce qui concerne le désarmement naval, jetons un coup d’œil sur la situation des principales marines du monde et sur la course aux armements entre les Etats-Unis, l'Angleterre et le Japon.
La guerre mondiale a bouleversé l’équilibre des puissances navales. Tandis que la France, menacée surtout sur sa frontière terrestre, consacrait toutes ses ressources à fabriquer des munitions et des armes pour elle et pour ses alliés, abondonnant les grandes unités de combat qui étaient sur cales en 1914, tandis que l’Angleterre préoccupée surtout de la lutte contre les sousmarins, construisait des navires légers, les Etats-Unis et le Japon, prévoyant que sitôt la fin du grand conflit, leurs intérêts se heurteraient dans le Pacifique avec plus d’âpreté que jamais, élaboraient des programmes navals impressionnants.
IL est d’ailleurs à remarquer que depuis une dizaine d'années, les progrès de la technique dans l’architecture et l'artillerie
‘ navales, facilitaient singulièrement les surenchères d’armements auxquelles se livrèrent dans ces dernières anhées les trois puissances qui aspirent au contrôle des mers.
Quelques chiffres feront voir l'extraordinaire vitesse d’accroissement de la puissance et du prix de revient, des capitalships à la veille de la Conférence de Washington.
C’est seulement depuis une dizaine d'années que les grands
. bâtiments de ligne commencèrent à accroilre considérablement
leur tonnage.
Ne —
En 1913 la France lançait des Jean Bart de 23.50otonnes.
En 1913 l'Amérique mit en chantiers les Pensylvania d’une jauge de31.400 tonnes, |
En 1915 les Vew Mexico de 32.000 tonnes.
En 1916 les California de 32.300 tonnes.
Les cuirassés du type Zndiana dont la construction à été arrêtée à la suite de la Conférence étaient prévus pour un déplacement en charge totale de 45.000 tonnes.
Au Japon le Set{su(mis en chantier en 1919) jaugeait.21.240 t.
Puis le Fuso (1912) atteignait 30.600 tonnes.
Enfin le Mutsu entré en service à la veille de la Conférence la plus belle unité de la flotte nippone, a une jauge de 33.800...
En ce qui concerne l'Angleterre le type Queen Elisabeth (1912-1913) jaugeait 27.500 tonnes et le type Tiger 28.500 t.
Le Hood entré en service en 1920 jauge {1.200 tonnes.
Mème accroissement en ce qui concerne l’armement.
L’artillerie navale d’un calibre inférieur à 305 millimètres n’est plus considérée comme grosse artillerie, et un cuirassé qui ne porte que des pièces de ce calibre n’est plus considéré comme un adversaire dangereux. Les cuirassés de la classe Zndiana devaient porter 12 canons de 406 millimètres en 4 tourelles.
L’Amirauté Britannique prévoit même des canons de 457 millimètres. Si elle n’en a pas prévu pour l’armement des Super- Hood. c'était pour ne pas jetter un défi aux Etats-Unis et au Japon. D'ailleurs ce canon existe et a fait ses preuves: durant la guerre le monitor Lord Clive était armé d’une pièce de ce calibre d’un poids de 160 tonnes (1 coup par minute). Il a exécuté des tirs précis à 38.400 mètres et avait préparé des tirs sur Bruges à 45.700 mètres. Le 406 millimètres qui pèse 119 tonnes, n’a qu'une porlée maximum de 36.500 mètres.
Enfin nous constatons le même accroissement parallèle en ce qui concerne les puissances.
Lion (1912), 70.000 HP.
Repulse (1915), 120.000 HP.
Hood (1921), 144.000 HP pour 31 nœuds.
Les caractéristiques des cuirassés classe Zndiana permettront de se rendre compte de l'énorme masse des cuirassés modernes. |