‹ La conférence impériale et le rôle de M. Laurier [microforme]Chapitre 11 sur 15 · LE RE · texte numérisé non relu

LE RE

M. Laurier disait à son retour qu'il allaii subi taques des ‘‘ jingos impérialistes"" et celles des ‘jrs à mrrcnalistes ? Le premier ministre pratique l’antithèse presque a vel niiers que Vietcr Hugo, Mais, comme les comparaisons, les ant thèses à sont souvent justes qu'à moitié,

La conduite de M. Laurier à Londres ne sati fait ui les inpérialistes ni les nationalistes, c’est certain. Mais ce n’est pas parce qu’elle est trop impérialiste pour les uns et trop nationaliste pour les autres. C'est tout simplement parce qu'elle n'est ni l'une ni l'autre, C'est parce qu'elle n'offre aucune soluticn satisfaisante lointaine ou prochaine à aueun des problèmes qui s'impo:ent à l'attention des peuples divers de l'empire.

Cette atttitude est sans doute fort habile au point de vue des tactiques politiques de M. Laurier. Elle lui permet d'être à l'avenir ce qu'il a été dans le pa:sé, tour à tour impérialiste ou annexionniste partisan du statu quo où champion de l'indépendance, prote-ticnniste libre-échangiste ou réciprociste.

M. Laurier a pu. dans le passé, jouer tous ces rôles avec beaucoup de succès, récolter des applaudissement:, des fleurs des rappels et même des renouvellements de saison. Mais à mesure que la cons-ience et la virilité nationales se développent et s'affermissent, le peuple eapadien comprend davantage que ce: graves problèmes se règlent ailleurs que sur la scène misérable de nos luttes de parti et que l'avenir d'une nation ne dépend pas principalement de l'égoïsme, de la versatilité et des triomphes personnels d'un seul homme tînt.il le premier rôle et fût-il le plus charmeur des artistes.

Impérialistes et nationalistes sincères sentent, en effet, que le moment est venu où ces quetions vitales doivent se poser nettement au Canada comme dans tout le reste de l'empire. Est-ii étonnant que l’homme du ‘‘juste milieu’, des ‘‘compromis honorables'’, de la fausse conciliation et pour tout résumer d’un mot : le pontife de l'opportunisme intégral—la seule doctrine à laquelle il ait jamais eru—voit venir la fin de son règne ?

Il n'a nulle raison de se plaindre et de crier à la persécution. Nous aurions également tort de le blâmer trop sévèrement. En somme il suit sa voie et il arrive à sa fin. Il a été, plus que tout autre, le créateur de son système, de ses succès et de sa gloire, 11 est aujourd'hui l'instrument de sa propre déchéance, beaucoup plus que les ‘‘ jingos impérialistes’” et les ‘‘ jingos nationalistes. ’?

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