‹ La confession d'un enfant du siècle. Introd. de Auguste DorchianChapitre 2 sur 42 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

face du malheur, rappclles-toi le serment que tu m'as fait, 'ne meurs pas sans moi.' Souviens-t'en, souviens-t'en, lu me las promis devant Dieu. Mais je ne mourrai pas, moi, sans avoir fait mon livre, sur moi et sur toi, (sur toi surtout) ; non, ma belle, ma sainte fiancée, tu ne te coucheras pas dans cette froide terre sans qu'elle sache qui elle a pfirté. Non, non, j'en jure par ma jeunesse et mon génie, il ne poussera sur ta tombe que des lis sans tache. J"y poserai, de ces mains que voilà, ton épitaphe en marbre plus pur que les statues de nos gloires cFun jour. La postérité répétera nos noms comme ceux de ces amants immortels qui n'en ont plus qu'un à eux deux, comme Roméo et Juliette, comme Héloïse et Abeilard. On ne parlera jamais de l'un sans parler de l'autre. Ce sera là un mariage plus sacré que ceux que font les prêtres, le mariage impérissable et chaste de l'Intelligence. . . Elle écrira nos deux chiffres sur la nouvelle écorce de l'arbre de vie. Je terminerai ton histoire par mon hymne d'amour. Je ferai un appel, du fond d'un cœur de vingt ans, à tous les enfants de la terre ; je sonnerai aux oreilles de ce siècle blasé et corrompu, athée et crapuleux, la trompette des résurrections humaines. . ."

On voit à quel degré d'enthousiasme, plus aveuglé, plus délirant encore, peut-être, que celui de la fameuse nuit de Venise, George Sand avait su amener le poète, dans cette entrevue si habilement chaste. Non, en vérité, rien n'était à craindre de lui ; on l'avait mis au point voulu ; il pouvait commencer d'écrire.

Il commença, et ce fut, comme il l'avait dit, comme elle l'avait conduit à le faire, pour ériger en l'honneur d'EUe un monument de justification, d'adoration, de glorification, et par contre, pour dresser contre lui-même un acte d'accusation impitoyable. On se rappelle la question d'autrefois: " Êtes-vous Octave ou Cœlio ? " Comme pour mieux montrer avec quelle sévérité il se juge, il ira jusqu'à donner à son héros le nom du mauvais amant des Caprices de Alarianne : Octave.

J'ai dit que les deux premières parties de la Confession n'étaient guère qu'un prologue, admirable du reste. Le poète expose les origines — selon lui — puis les premiers

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(xxyiii Lx4 CONFESSION

effets de la "maladie du siècle" dont son héros, c'est à dire lui-même, est atteint, et qui sera la cause de ses erreurs, de ses fautes, de cette misère d'amour enfin, l'impui^ssance à croire, source de toutes les souffrances qu'il ressentira, conmie de toutes celles qu'il infligera si cruellement à la personne aimée. Qu'importe que les guerres de l'Empire, la longue paix de la Restauration, la décadence des idées religieuses n'aient pas eu les conséquences qu'il nous dit dans son célèbre chapitre initial, et que, même, cette maladie du siècle dont il nous parle n'ait pas existé, Cju'il ait, tout simplement, généralisé son propre mal ! Le cas qui nous intéresse, c'est le sien, et rien n'est plus poignant que la façon dont il nous le présente. Sans parler de cette puissante figure de Desgenais, sorte de moderne Méphistophélès dont Octave serait le Faust, quelles inoubliables silhouettes de femmes, dessinées en quelques traits seulement, mais caractéristiques : la maîtresse d'Octave, à la fois amoureuse et infidèle, d'où lui sont venus ses premiers dégoûts et ses premières atteintes de scepticisme'; "Aîadâme Levasseur, la coquette perverse ; la malheureuse fille, anonyme comme la prostitution, ramassée une nuit au cabaret ; la maîtresse de Desgenais, résignée et passive ; Marco enfin, la splendide et indolente courtisane. . .

Pas d'amour, et partout le spectre de l'Amour !

comme avait dit Rolla. Et, sur tous ces épisodes, l'indicible mélancolie des lendemains de débauche, lorsque, selon l'expression de Baudelaire, l'ange se réveille dans la brute assoupie ; et aussi, mêlée au dégoût, une pitié profonde pour les créatures déchues et misérables.

Et voici qu'apparaît, au commencement de la troisième partie, Brigitte Pierson, image idéale, ou, si l'on veut, réalité sublimée de George Sand. Avec quelle partialité généreuse et tendre il nous la montre ! Quoiqu'en ait dit Paul de Musset, rien de plus facile à faire ici, pour nous, que le départ entre la réalité et le roman. Le poète élimine de cette image, qu'il veut "sacrée," tous les détails ignobles ou même simplement vulgaires. Brigitte n'est pas la dame Sand, épouse Dudevant, qui passe avec tant de désinvolture de son mari à Saadcau, de Sandeau

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à Mérimée, de Mérimée à Musset, de Musset à Pagello, tout en écrivant de Venise à son tolérant époux des lettres où elle "l'emVjrasse de toute son âme"; ce n'est pas la mère de famille qui reste facilement huit mois \ a courir le guilledou sans retourner près de son fils et de sa fille, qu'elle charge son amant d'aller embrasser pour elle. Non. Brigitte est veuve et n'est point mère ; si, avant son mariage, elle a été abusée par un être indigne qu'elle avait eu la faiblesse d'aimer, ce fut dans de telles circonstances que sa faute unique et avouée put être absoute sans peine par son époux lui-même ; c'est un être infiniment tendre, réservé, pudique. Une seule fois, pour la promenade à travers les broussailles de la forêt de Fontainebleau, Brigitte s'habillera en jeune garçon, avec une blouse de pâtre ; elle n'a pas coutume, comme George Sand, de porter, dans la rue, la redingote de "bousingot," ni de fumer la pipe. Ce n'est pas à Paris, dans un dîner de littérateurs aux conversations et aux discours plus ou moins débraillés, qu'Octave la rencontre, c'est à la campagne, où elle vit dans la retraite, ne sortant que pour aller secourir les pau\Tes et assister les malades. Il n'est pas jusqu'aux gaîtés innocentes des premiers temps de sa liaison avec George que Musset n'ait éliminées comme trop terre à terre ; le décor, le lieu, c'est tout de suite celui de leur lune de miel dans la solitude de Franchart. Enfin,/ s'il donne à son roman, comme étant une solution définitive, cette séparation qui, à Venise, n'avait été qu'un dénouement provisoire, ^c^stqii'jL sent bien__qu.ç. les événements d'après, les compromis, les ruptures,

"lësTipFîses, les complîcatiojos sentimentales, les frénésies, "SfriSuenes, aurârent diminué l'impression de noblesse qu'il

'ypiTlait laisser "de" "soii'héi-oïne.

Afin "d*?frë' pïïïs'sûr de retrouver, en écrivant son livre, toute la pure ferveur qu'il avait ressenti pour elle aux heures les plus exaltées de leur amour, nous voyons, dans la Correspondance, que Mus.-jet voulut relire ses propres lettres, et les demanda en communication à George : d'où, à chaque instant, des emprunts véritables, ou des transpositions légères. Ainsi, dans la Confession (iv. 4) : " — Où allez-vous? demanda-t-elle.

— Attendez-moi, lui dis-je, ne partez pas sans moi.

Souvenez-vous ries paroles de Ruth : ' En quelque lieu que vous alliez, votre peuple sera mon peuple, et votre Dieu sera mon Dieu ; la terre où vous mourrez me verra mourir, et je serai ensevelie où vous le serez.'"

Et dans la Correspondance (1834) :

"Reçois-moi, pleurons ou rions ensemble, parlons du passé ou de l'avenir, de la mort ou de la vie, de l'espérance ou de la douleur ; je ne suis plus rien, que ce que tu me feras. Sais-tu les paroles de Ruth à Noémi, dans la Bible ? Je ne puis te dire autre chose : ' Laissezmoi vivre de votre vie ; le pays où vous irez sera ma patrie, vos parents seront mes parents ; là où vous mourrez, je mourrai, et dans la terre qui vous recevra, là je serai ensevelie.'"

Dans la Confession (v. l).

"O ma bonne et brave maîtresse! tu as fait un homme d'un enfant ! . . . Si jamais tu retournes au village où je t'ai vue sous les tilleuls, regarde cette maison déserte ; il doit y avoir là un fantôme, car l'homme qui en sort avec toi n'est pas celui qui y était entré ! "

Dans la Correspondance :

"Sois fière, mon grand et brave George, tu as fait un homme d'un enfant." (30 Avril 1834.)

"Si tu vas chez Danieli, regarde dans ce lit où j'ai souffert ; il doit y avoir un cadavre, car celui qui s'en est levé, n'est pas celui qui s'y était couché." (Juin 1834.)

On pourrait faire une multitude de rapprochements pareils entre les textes, et de n\ême entre les événements du livre et ceux de la vie qui y sont reportés, jusqu'à la tentative de suicide de George, et jusqu'à cette histoire de thé bu à la même tasse, sous les yeux d'Alfred malade, par George et par Pietro, mais le tout expliqué à la seule confusion du poète tjui s'accuse et qui s'accable seul.

Où sa magnanimité naïve et.£a délicatesse, exquise de cœur se nTarquent peut-être encore davantage, .c'est dans le portrait qu'il trace de ce Smith (Pagello) vers lequel il nous montre Brigitte peu à peu entraînée, non s;ins de grandes résistances (dans le livre), par une inclination toute sentimentale et toute chaste (dans le livre seulement, bien entendu) ! Et d'ailleurs, ses lettres n'étaient-elles pas

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déjà remplies de paroles d'amitié pour le jeune docteur ? Nous en connaissons quelques-unes, et il y en a bien d'autres: "Lorsque j'ai vu ce brave Pagello, j'y ai reconnu la bonne partie de moi-même, mais pure et exempte des souillures irréparables qui l'ont empoisonnée en moi." — C'est le mot d'Octave à Marianne sur Cœlio. — " Dis à Pagello que je le remercie de t'aimer et de veiller sur toi comme il le fait. JS|^'est-ce pas la chose la plus ridicule du monde que ce sentniient-Ià ? Je l'ai nu, ce garçon, pfe'sque autant que toi. Airange cela comme tu voudras. Il est cause que j'ai perdu toute la richesse de ma vie, et je l'aime comme s'il me l'avait donnée. . ." {30 Avril 1834.)

Oui, Musset a aimé son rival et il l'a estimé, comme Octave aime et estime Smith, et (combien les cœurs sont mystérieux ! ) il fut aimé de Pagello, qui lui savait tant de gré d'avoir assuré son bonheur en partant, qu'il pleura — peut-être aussi un peu de remords — le jour ou ils se quittèrent, et que, désormais, l'un de ses plus chers entretiens avec George fut de parler de l'absent en ces termes: "il nostro amore per Alfredo," "notre amour pour Alfred ! "

Le portrait de Smith est tracé avec autant d'amitié que celui de Brigitte est tracé avec amour, et il l'est avec une vérité plus entière. Nous ignorerions à quel point cette vérité est même poussée, si nous n'avions pas sous les yeux, maintenant, le mémorial intime, si ingénu, du jeune docteur vénitien, où nous retrouvons presque tous les traits du caractère et presque tous les détails d'existence que Musset révèle de Smith dans la Confcssion. Rappelons-nous, par exemple, dans le livre, ce détail de la visite d'Octave à Smith :

" La chambre qu'occupait ce jeune homme était au quatrième étage ; tout y annonçait une pauvreté honnête et laixjrieuse. Quelques livres, des instruments de musique, des cadres de bois blanc, des papiers en ordre sur une table couverte d'un tapis, un vieux fauteuil et quelques chaises, c'était tout ; mais tout se ressentait d'un air de propreté et de soin qui en faisait un ensemble agréable. . . J'aperçus à la cheminée le portrait d'une femme âgée ; je m'en approchai tout en rêvant, et il me

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de mère au fond du cœur. Il m'est impossible d'entendre dire du mal de lui sans colère. . ."

^ Oh ! la belle attitude pardonnante qu'elle se donne, celle qui ne songe jamais à tout ce qu'elle aurait ellemême à se faire pardonner ! Nous allons voir bientôt combien de temps elle saura garder cette avantageuse posture ; mais retenons déjà, dans la sincérité de l'émotion première, ses aveux de l'entière véracité du livre.

Musset, lui non plus, ne voulait pas revoir George Sand, ni même revoir, peut-être, les lieux où s'était épanoui leur court bonheur. Pourtant, en Septembre 1840, Berryer l'ayant invité à passer quelques jours dans son château d'Angerville, il dut, pour s'y rendre, traverser en voiture la forêt de Fontainebleau, sept ans après la scène évoquée dans la Coiifessioti dhin Enfant du Siècle. Son émotion fut intense, et elle ne s'était point dissipée encore quand, le soir de son retour à Paris, il rencontra, dans le couloir du Théâtre des Italiens, George elle-même. En rentrant chez lui, il illumina sa chambre comme il avait coutume de le faire lorsqu'il sentait l'inspiration venir, et, d'un seul trait, écrivit les immortelles stances du Souvenir.

. . . Les voilà, ces sapins à la sombre verdure. Cette gorge profonde aux nonchalants détours, Ces sauvages amis, dont l'antique murmure

A bercé mes beaux jours.

Les voilà, ces buissons où toute ma jeunesse, Comme un essaim d'oiseaux, chante au bruit de mes [xis. Lieux charmants, beau désert où passa ma maîLresbc,

Ne m'attendiez-vous pas ?

Ah ! laissez-les couler, elles me sont bien chères, Ces larmes que soulève un cœur encor blessé ! Ne les essuyez pas, laissez sur mes paupières

Ce voile du passé !

Je ne viens point jeter un regret inutile Dans l'écho de ces bois témoins de mon bonheur. Fière est cette forêt dans sa beauté tranquille,

Et fier aussi mon cœur. . .

Et dans le décor des heures enchantées de leur amour, voici l'amoureuse elle-même qui passe, l'infidèle, avec un

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sourire. Et toutes les anciennes douleurs lui reviennent : mais il les secoue et il conclut, comme elle-même le disait. tout à l'heure, qu'il ne faut jamais regretter sa torture. . . " En ai-je moins aimé?" s'écrie-t-il. . .

Je ne veux rien savoir, ni si les champs fleurissent, Ni ce qu'il ad\dendra du simulacre humain, Ni si ces vastes cieux éclaireront demain Ce qu'ils ensevelissent.

Je me dis seulement : "A cette heure, en ce lieu, Un jour, je fiis aimé, j'aimais, elle était belle. J'enfouis ce trésor dans mon âme immortelle, Et je l'emporte à Dieu ! "

En vain le poète aura-t-il écrit ce nouveau chef-d'œuvre, toujours fidèlement consacré à la grande inspiratrice. Dans les derniers vers qu'il publiera, en 1851, dans le Sotivemr des Alpes, — souvenir de ce passage du Simplon qu'il avait fait seul, en 1839, lorsqu'il l'avait laissée -à Venise aux bras de Pagello — en vain montrera-t-il encore les beaux et terribles yeux noirs auxquels sa douleur est à jamais attachée :

Ote-moi, mémoire importune,

Ote-moi ces yeux que je vois toujours !

fera que George Sand n'attende — ^je n'ose \

dire a'véc împatîence, mais on en jogcra-^la'mort dêsorf \ puèiy; pOtti* coiinnelLie cefFé^ch"ose irûihstrueuse : ^SsâyST" j de'Te'Tîg'§RgïïgteT, de Je salir. A peine, ert effet, cette / mort est-elle survenue— i^'TSTâî i"S'57— -qu'elle "se" iïiét a l'œuvre, si bien que, dès le 1'='^ Janvier 1S59, sous le titre de Elle et Jmî^^ elle peut commencer à publier dans la Rei'iie desT3eux Mondes, une Confession d'un Enfant du Siècle refaite et adultérée à sa manière.

A quoi bon, peut-on penser, puisque dans son propre '. livre, d'un bout à l'autre, Musset se condamne et l'exalte, prend p^ur lui tous les torts et lui donne, à elle, tous les inérites? Oui, à quoi bon? Eh bien, à grandir encore, aux \eux du monde, la distance que, dans son eflrayant orgueil, elle veut mettre entre le poète et elle ; et cela en lui ajoutant quelques vices, et en s'ajoutant quelques

xxxvi LA CONFESSION

vertus; en nous montrant la grande fcmnic-peintrc Thérèse

Jacques, sans une faiblesse dans le caractère ni dans la

vie, en face du musicien Laurent de Fauvel, génial, certes,

mais si intempérant, si débauché, si malade, que sa

partenaire le domine aisément de toute sa supériorité

sermonneuse et protectrice. 2^?^^ approbation, quelle

y admiration de soi-même, dans ce roman de Lui et Elle,

j Jet quel besoin d'y mentir pour souiller celui-là,, pour

i 'purifier celle-ci ! ^Taûvie Thérèse,"— ose-t-ellc écrire, —

■.^^"""son ivresse ne dura pas huit jours entiers. . . Le septième

jour de leur bonheur fut irrévocablement le dernier. Ce

chiffre néfaste ne sortit jamais de la mémoire de Thérèse. . ."

La mémoire de Madame Sand n'est pas aussi sûre : George

oublie les lettres enivrées à Sainte-Beuve, où elle lui fait

part, longtemps après le septième jour de ce bonheur,

de tout ce qu'elle "découvre de candeur, de loyauté, de

tendresse" chez son jeune amant. Dans son livre, elle

s'efforce de déshonorer jusqu'au souvenir de la fameuse

nuit plîssee'"sûï les^'rôclî'e'rstte'FfancIiart, sur cet "autel

resté pur" dont la Cotifession nous parle : elle nous y

montre Laurent, après une dispute, subitement en proie

à un accès de démence et aux effroyables hallucinations

', du délire alcool iijue !

,. Certes, il y a dans Elle et Lui d'émouvants passages, (]ui sentent la vérité, mais, le-plus sauvent, cela sonne faux, comme le mensonge. . C'es.t. une mauvaise action (|ue ce livre ; il émane l;ien de celle qui, dans une de ses lettres à l\i"ello, se définissait ainsi : "Je suis orgueilleuse, et dureri""5aclic cela, mon enfant, et iîe m'ottense jamais. Je lie suis pas' généreuse, ma conscience me force à te le Hire.'lNîa conduite peut être magnanime, mon cœur ne ^ pèiit pas être nn'séricordieux." /

Ce jour-là^..elIe diaxit vrai sur son coeur, mais non sur ^' sa conduite, qui ne devait jamais être magnanime envers ceux de qui elle avait été aimée et dont elle croyait avoir reçu quelque offense. En 1S48, à l'heure même où elle était, au su de tout le monde, l'Egérie, le conseiller intime du citoyen Ledru-Rollin, et par "là, toute puissante au Ministère de l'Intérieur, où elle rédigeait, de concert avec Jules Favre, le Bulletin de la Réptiblique, on avait pu lire, dans ce Bulletin :

INTRODUCTION xxxvii

REPUBLIQUE FR.\NÇAISE

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