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Dieu a livré à la mort pour expier nos crimes. Un. homme ne peut pas être plus grand que Dieu, et un serviteur ne peut pas faire grâce ni remettre par compassion les plus grands crimes qu’on a commis contre son maître (De lapsis, XVIT.
ment observer que le pardon est attribué tan-
mn
E Esprit lui-même. » Ce-n’est done pas, à vrai dire, l'Église qui remet le péché, fa est I Biur -Esprit seul. \
C’est pourquoi l’Église remettra bien les péchés, mais l’Église-Esprit, ut intermédiaire d’un homme animé de l'Esprit, et non l’Église collection d’évêques. Car c’est le droit souverain du Seigneur, non celui de son serviteur ; c’est le droit de Dieu même, non
celui du prêtre (De la pudicité, XXI, 16-17). Le Fi
Tant que dura le règne de l'Esprit, tant qu'il y eut dans l’Église des Spirituels, apôtres, prophètes, didascales, c’est-à-dire jusqu'aux dernières années du n® siècle, les catholiques eux-mêmes admirent l'interven- __ tion de ces inspirés dans les questions de pénitence. C’est ainsi qu'Hermas, en sa qua-
position, annoncer de la part de Dieu un par- don général, mais unique, des péchés commis depuis le baptême. Quand les Spirituéls eurent disparu, on transféra aux Martyrs la prérogative de remettre les péchés. Pourquoi ?
Parce que, croyait-on, le Christ habitait en eux. C'était le Christ qui pardonnait par leur bouche, comme l'Esprit l’avait fait jadis par celle des Inspirés. A À
ï L'ABSOLUTION Fi nt ST 0
lité de prophète, avait pu, sans soulever d’op-
Mais bientôt la hiérarchie ecclésiastique
se débarrassa des Inspirés et écarta les prétentions des Martyrs. Désormais les évêques furent les seuls dépositaires de l'Esprit et de tous les pouvoirs qu'il avait autrefois conférés aux Spirituels. Seuls, par conséquent, les évêques ou leurs délégués purent remettre les péchés. Mais n’oublions pas qu'ils n’étaient en cela que les organes de l'Esprit : c’est l'Esprit qui agissait par eux comme jadis par les Spirituels et les Martyrs. La théorie de la rémission des péchés par Dieu seul restait intacte.
Pour prouver l'efficacité toute-puissante
de l’absolution sacerdotale, les théologiens modernes "se fondent principalement sur deux textes évangéliques
«Je te donnerai les clefs du royaume des cieux », dit Jésus à Pierre ; «ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux ; ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux » (Marrmieu, XVI, 49 : cf. XVIII, 18). —— « Recevez le Saint-Esprit. Les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez,
et retenus à ceux à qui vous les retiendrez » (JEAN,