‹ La ConfessionChapitre 41 sur 58 · IL. — RôLEe cRANDISsANT Du PRÊTRE · texte numérisé non relu

IL. — RôLEe cRANDISsANT Du PRÊTRE

Toutes ces circonstances développèrent considérablement le rôle, du prêtre. Autrefois, quand quelques crimes très graves et . relativement rares ressortissaient seuls à la pénitence publique, les fidèles n'avaient presque jamais à recourir au prêtre dans ses . fonctions de pénitencier. Mais maintenant que . la plupart des fautes, même légères, étaient . frappées d’une peine spéciale, le recours » au prêtre devenait beaucoup plus fréquent » et aussi plus nécessaire : car le prêtre seul

130 LA PÉNITENCE TARIFÉE était en état d'appliquer judicieusement les tarifs. À | Les livres, au moyen âge, étaient presque | - un objet de luxe : tout le monde ne possédait | pas des Pénitentiels. D'ailleurs, généralement | ‘rédigés en latin, ils n'étaient pas accessibles | au commun des fidèles. Et puis, si on était | hors d’état d'accomplir les pénitences pré- | vues au tarif, si on avait besoin de rachats, et ce devait être le cas le plus fréquent, com- ! ment se reconnaître dans les détails minutieux et les calculs compliqués des Pénitentiels ? Le prêtre seul pouvait tirer le pénitent d’embarras et lui faire l'addition exacte des. de acione requises.

Du reste, l’estimation de la peine n’était.

nulle part laissée au bon plaisir du coupable : dans les monastères, c'était le Supérieur qui imposait les pénitences ; dans les tribunaux civils, c'était le magistrat qui fixait le. wehrgeld ou compensation à payer. Le recours, aux supérieurs ecclésiastiques dans les affaires. de la conscience semblait donc aux fidèles tout aussi naturel que le recours au juge civil. dans les litiges d’ordre temporel. | | Autrefois, quand la pénitence était publique, À solennelle ‘ét relativement rare, le rôle de.

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péritencier était réservé à l’évêque. Tout.

‘au plus dans certaines grandes villes, comme Constantinople, l’évêque s’était-il déchargé / de cette fonction devenue trop lourde et Pavait-il confiée à un prêtre sage et discret, . appelé le prêtre pénitencier. Mais, avec. la. multiplication des confessions introduite par la nouvelle discipline, les évêques, débordés, furent forcés de déléguer leurs pouvoirs péni- nee tentiels aux pasteurs locaux. Ce fut mainte- Lib nant à son propre prêtre, c’est-à-dire à son curé, que le fidèle dut se confesser ; et c’est ainsi que le prêtre entra de plus én plus ee intimement dans la vie extérieure et inté- ‘rieure de ses ouailles.

IIT. — DiFréRENCES ENTRE LA PÉNITENCE TARIFÉE ET LE SACREMENT ACTUEL. ,

… Qu'on le remarque bien, cette pénitence 4

: Mtanifée, avec la confession. détaillée qu’elle

nécessitait, n’était pas encore le sacrement de

| pénitence d’aujourd’huï. 4

Ce qui valait au pécheur le pardon de sa

faute, ce n’était ni la confession ni l absolution; c'était la satisfaction. Quiconque, avec ès dispositions intérieures convenables, expiait

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son péché d'après le tarif du Pénitentel, pouvait compter sur le pardon de Et à

Ainsi, à l’époque de Théodore et dans son

diocèse de Cantorbéry, l’homme qui avait commis la fornication avec une vierge était

en règle avec la justice divine quand il avait jeûné pendant un an au pain et à l’eau.

De même que, dans la première période,

la confession n’avait été, pour le pécheur, …

qu'un moyen d'obtenir son admission dans l’ordre des pénitents, de même elle n’était

maintenant qu’un moyen d'arriver à une estimation exacte des satisfactions qui assuraient

le pardon divin. « Le prêtre qui entend la confession ne

remet pas les péchés, mais il indique et dose

les remèdes qui procureront ce bienfait. Il se présente comme un médecin disposant d’une

pharmacie abondamment pourvue ; il n’en-

tend pas être magicien » (Lagarde).

Quant à l’absolution, elle avait servi, sous l’ancienne discipline, à réintégrer dans l Éched

le pécheur qui en avait été exclu. Mais, de-.

puis qu’il n’y avait plus d'exclusion, il 6 2

avait plus de réintégration ou réconcilia:

tion. C’est Théodore de Cantorbéry lui-même |

qui nous en avertit :

cette province (la Grande- Bretagne), in? M D. a pas de réconciliation, puisqu'il n’y a pas de pénitence publique (Pénitentiel, ch. XIV).

tarifée, n'avait donc plus sa raison d’être, puisque le pécheur n’attendait son pardon que de l’accomplissement des différentes satisfactions imposées. C’est Dieu qui pardonnait, non le prêtre. Dans les longues

fession, le prêtre n'intervenait que comme . intercesseur. Le Pénitentiel de Théodore est formel à cet égard. Voici les paroles qu'il prête au pénitent qui vient de se confesser :

- Dieu, et vous prie d’intercéder pour moi et mes péchés auprès de notre Seigneur et Créateur, afin

tous mes crimes (chap. XIIT).

À cette demande du pénitent, le prêtre répond par de longues prières, dans lesquelles nous trouvons en particulier ces mots : « Que Dieu te pardonne tous tes péchés passés, présents et futurs. » Puis le prêtre se prosterne à terre avec le pénitent et récite avec

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