IV. — ÉrTar DE LA PÉNITENCE AU DÉBUT DU XII* SIÈCLE
Comme autrefois la pénitence publique, la pénitence tarifée tomba à son tour en déca-
| CONSÉQUENCES. su 135
en s’adoucissant. Les confesseurs avaient beau présenter aux pénitents l’addition des jours de jeûne à observer : les pénitents réclamaient de plus en plus des compensations ; et ces compensations se faisaient de plus en 14 plus douces. Finalement, ce que les pénitents | - vont demander aux confesseurs, ce n’est pas le compte des mortifications à accomplir, c’est plutôt l’exemption, au moins partielle, D de ces mortifications. La confession n’est plus uniquement, ni même principalement, un ministère de justice ; elle devient de plus en plus un ministère de miséricorde et de pardon. Le confesseur lie bien les pénitents des peines marquées dans le Pénitentiel, mais c’est pour les en délier aussitôt : « Je t’absous de tous les jugements dont je t’ai lié. »
Les confesseurs finissent par ne tenir aucun compte des tarifs pénitentiels, et les satisfactions à à accomplir sont de plus en plus laissées : à leur arbitraire. Ils pardonnent vraiment, puisqu ils dispensent de la plus grande partie des peines prescrites par le Pénitentiel. Sans doute, la prière que le confesseur prononce | sur le pénitent n ’est encore qu’une simple intercession, mais prêtres et fidèles s’accou-
dence. Très sévère au début, elle alla toujours
tument peu à peu à voir dans cette prière un gage assuré et une cause efficace du pardon divin.
Au commencement du xr° siècle, il y avait déjà six cents ans que la pénitence tarifée était sortie des couvents pour se répandre parmi les simples fidèles. À ce moment-là, nous trouvons solidement et universellement établies :
19 l’habitude de s’adresser au prêtre et de lui faire une confession détaillée des péchés graves et souvent même des péchés légers, pour obtenir de lui le compte des pénitences à accomplir et plus encore la dispense d’une grande partie de ces pénitences ;
29 des satisfactions toujours plus légères et . laissées de plus en plus au libre choix du confesseur ; “
3° une absolution qui n’est encore qu’une intercession, mais qui, si elle n’a pas la prétention de remettre le péché, remet au moins une partie des peines canoniques dues au péché. Bref, le pécheur se confesse, reçoit une pénitence et un semblant d’absolution.
Cette pratique, en apparence du moins, se.
rapproche déjà beaucoup de celle d’aujourd’hui, Mais elle repose sur une théorie vague,
on. qui vont de rer. éorie Doi et faire de la péniten des sept. sacrements institués pre HR re