LE CONCILE DE LATRAN
cependant la portée du décret de Latran, qu’il ne craint pas de proclamer « l’acte sisi le plus important peut-être de l’histoire de l'Église » (LæA, L'p. 230).
Voici ce décret :
Chaque fidèle de l’un et l’autre sexe, arrivé à ‘âge de discrétion, est tenu de confesser exactement, seul et en secret, au moins une fois l'an, tous ses péchés à son propre prêtre et de faire aussi bien que possible la pénitence imposée ; il doit aussi, au moins pendant le temps pascal, recevoir avec révérence le sacrement de l’eucharistie. Si quelqu'un désire, pour un motif sérieux,
se confesser à un prêtre étranger, 1l doit en deman-
der la permission à son propre prêtre et l'obtenir de lui ; sans cela, un autre ne peut n1 lui remettre ses péchés, ni les lui retenir (Canon XXI).
Ce décret n’institue pas la confession : il la suppose connue et établie. On ne peut même pas dire que c’est ce décret qui a rendu la confession obligatoire : elle l’était déjà, en vertu de la pratique générale et surtout des théories récentes de la Scolastique, au moins pour tout chrétien en état de péché mortel.
Mais, les pécheurs ne mettant aucun empressement à recourir à ce remède nécessaire,
les Pères de Latran tâchent d’obvier à cette négligence en rendant la confession obligatoire au moins une fois l’an. Nous n’avons donc pas ici une création, mais une simple réglementation. Seulement cette réglementation, en assurant la régularité et la périodicité de la confession, contribua énormément à la diffusion et à la généralisation de cette pratique.
Ce décret clôt l’histoire de la confession.
Depuis lors, on a bien apporté quelques modifications de détail dans la pratique de la pénitence, mais on n’a rien ajouté d’essentiel. Ce décret de Latran est le point d’arrivée, l'aboutissement final de la longue évolution de la pénitence.