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V. — LEs CONFESSIONS MONACALES

- Au rv® siècle, nous voyons la confession auriculaire, privée, secrète, en train de … naître et de s’établir dans les monastères d'Égypte et d'Asie. Seulement cette confession elle-même n’est pas sacramentelle : elle n’est pas faite nécessairement à un prêtre, mais à un moine qui la plupart du temps n’est pas prêtre ; elle n’a nullement pour but . de remettre le péché passé, mais de prévenir le péché futur. En même temps que cette sorte de confession-direction, nous voyons s'implanter dans les monastères une autre pratique qui, celle-là, devait exercer une ” influence décisive sur l’évolution de la pénitence, la pratique de la coulpe monastique.

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Nous en parlerons avec quelques détails dans la seconde partie de cette étude. Mais, jus-

qu'au vire siècle à peu près, ces méthodes pénitentielles restèrent confinées dans les monastères : saint Basile, qui prescrit avec

tant d’instances à ses moines la confession privée, n’en à Jamais dit un mot à ses dio-

césains de Césarée.

Ainsi donc nous trouvons dans les Pères

‘d'innombrables passages relatifs à la con-

fession. Mais cette confession n’est jamais que la confession à Dieu seul, ou la confession liturgique, ou l’aveu de culpabilité qu’im-

pliquait le fait même de la pénitence publique,

ou enfin l’aveu que le pécheur était bien

obligé de faire quand il demandait d’être

admis dans l’ordre des pénitents, ou quand

il venait consulter son supérieur ecclésias-

tique sur l'opportunité, la manière et la

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mesure de la pénitence à accomplir. Quant à la confession sacramentelle, | secrète, faite à un prêtre en vue de recevoir | de lui absolution, il n’y en a pas trace chez

auriculaire, |

les Pères des premiers siècles. Ni saint Cyni saint Jean Chrysostome, ni saint Augustin, ni saint Grégoire le Grand n’en ont la moindre Pasteur d’Hermas, le De Paenitentia et le De Pudicitia de Tertullien, les sermons 351 ‘ mention de cette institution. Naturellement saint Augustin et que le moyen âge a cru

authentique. Il est prouvé aujourd’hui que ce livre n’est pas antérieur au 1x° siècle.

Pères n’est qu’un argument négatif. De ce

148 qu'un auteur ne parle pas d’une institution,

cela ne prouve pas absolument qu’elle n’existait pas de son temps. Mais ce n’est pas un auteur seulement qui garde le silence sur la confession sacramentelle, ce sont tous les - auteurs sans exception pendant cinq ou six

silence obstiné est tout de même impressionnant et significatif.

C’est ce qu’a reconnu très loyalement

7 prien, m1 Clément d'Alexandrie, ni Origène,

idée. Dans les ouvrages mêmes qui traitent spécialement de la pénitence, comme le

et 352 de saint Augustin, il n’est jamais fait

on ne doit tenir aucun compte du traité De vera et falsa paenitentia, mis sous le nom de

Sans doute, l’argument tiré du silence des

siècles consécutifs. Il faut avouer que ce

l'écrivain catholique de grande valeur dont

nous avons parlé plus haut, Mgr Boudinhon.

Voici comment il s’ exprime dans le premier de ses articles sur la pénitence :

À côté de cette pénitence publique et solennelle, il aurait existé, d’après eux (les théologiens modernes), une pénitence privée et secrète, semblable à celle que nous voyons pratiquée de nos jours et qui seule aurait été sacramentelle.

Quelque accréditée que puisse être cette opinion, elle n’en est pas moins insoutenable. Abstraction faite des œuvres satisfactoires, auxquelles on a tou-

jours attaché une certaine efficacité pour remettre les péchés, il n'existait pas, dans l’antiquité, d’autre j P ? pa; î 2

rite pénitentiel que la pénitence solennelle. (Revue

d'Histoire et de Littérature religieuses, 1897, p. 330).

Pourquoi les Pères, qui ont fait tant de traités, tant de sermons sur la pénitence, qui sont si explicites sur la pénitence solennelle, auraient-ils gardé un tel silence sur cette prétendue pénitence secrète? Pourquoi n’en reste-t-il aucune trace dans leurs écrits ? (Ibid., p. 331).

Il faudrait supposer une impossible conspiration de fous les écrivains des premiers siècles pour que

leurs écrits ne nous aient transmis aucun renseigne-

ment sur cette pénitence secrète (1bid., p. 333). La conclusion me semble donc s’imposer : pendant la période où était en “vigueur la pénitence

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