II. — PRECES LITURGIG^E IN HONOREM SANGTI SPIRITUS
§ I. HYMNUS (x).
Veni, Creator Spiritus, Mentes tuorum visita, Impie superna gratia, Quae tu creasti pectora.
Qui diceris Paraclitus, Altissimi donum Dei, Fons vivus, ignis, caritas, Et spiritalis unctio.
i. L'hymne Veni Creator, d'un caractère lyrique, se distingue sensiblement des hymnes des Matines et des Laudes de la fête de Pentecôte : Jam Christus astra, Beata nobis, qui sont historiques. C'est pourquoi ces dernières ne s'emploient guère en dehors de l'octave de cette solennité, tandis que la première sert pour toutes les circonstances où l'Eglise invoque spécialement le Saint-Esprit.
Dans l'office de la Pentecôte elle se chante aux deux Vêpres et à l'heure de Tierce. C'est à cette petite heure qu'elle fut d'abord assignée; et les Dominicains ne la chantent encore qu'à cette heure, en souvenir de la descente du Saint-Esprit Jiora te)-tia, comment disent les Actes. Au XIIe siècle elle fut en outre fixée aux Ires et IIres Vêpres. La première strophe ne se chante qu'à genoux.
L'auteur de ce chef-d'œuvre de poésie sacrée demeure inconnu. Après toutes les recherches de l'érudition la plus patiente, on en reste à des conjectures plus ou moins probables. Frappés de certaines réminiscences des hymnes de S. Ambroise et de S. Grégoire, plusieurs critiques ont songé à attribuer le Veni Creator à l'un ou l'autre de ces grands docteurs. Mais le silence absolu de la tradition à cet égard, et l'apparition tardive de l'hymne dans les manuscrits du moyen âge, où elle ne se trouve guère avant le Xe siècle, enlèvent toute probabilité à cette hypothèse. Deux autres noms sont mis en avant avec plus de vraisemblance et avec des indices plus ou moins fondés de part et d'autre; ce sont: Raban Maur, l'illustre évêque de Mayence, et l'empereur Charlemagne.
On sait le zèle que déploya le grand monarque pour amener à une solution dogmatique la fameuse question delà, double procession duSt-Esprit.