‹ La confirmationChapitre 15 sur 123 · Excerpt. exlibr. 3, cap. 18. Cf. Exod., xxx; Levit · texte numérisé non relu

Excerpt. exlibr. 3, cap. 18. Cf. Exod., xxx; Levit

$S Section I. — Chapitre III.

ment entre les cérémonies qui accompagnaient l'initiation parfaite des néophytes et les rites prescrits par Moïse pour les consécrations sacerdotales. Outre les points touchés par le moine Job, on retrouve dans l'une et l'autre initiation et suivant le même ordre, la vestition, le couronnement, et les sept jours de prières spéciales qui suivaient la participation au sacrifice (*). La forme même de l'onction du chef présentait une analogie frappante : la tradition rhabbinique enseigne que, dans l'onction consécratoire des prêtres de la loi mosaïque, on répandait de l'huile sur le haut de la tête, et puis on oignait les yeux en forme de X grec ou de croix de Saint- André '2 . Xe pourrait-on pas peut-être retrouver dans les deux formalités de cette onction jusqu'à un vestige de la double onction verticale et frontale? Le symbolisme figuratif développé jusqu'ici comprend l'imposition et l'onction, qui constituent l'ensemble du rit sacramentel, ainsi que nous le dirons plus loin ; on le retrouve aussi quant à l'effet de la Confirmation. Tertullien nous l'a dit dans le passage que nous avons résumé au début de ce chapitre. Xous croyons utile d'offrir en entier le fragment qui concerne ce point spécial. « De même, dit ce profond penseur, qu'après les eaux du déluge qui venaient de purger l'ancienne iniquité, après ce baptême du

i. Cfr. Un beau texte d'Honoré d'Autun, 1. s, de Gemma animce.c. ni et 112. P. L., t. 172, p. 673.

2. Cf. Mavmonide ap. Schikard, lib. dejur. reg. Bebr. c. 1. Quomodo ungebant sacerdotem ? effundebat oleum capiti ejus, et illinibat inde super oculosad speciem chigraeci, taliter X.

monde, la colombe messagère sortie de l'arche annonça à la terre l'apaisement du céleste courroux, et revint avec la branche d'olivier, symbole reconnu par tous les peuples pour signifier la paix ; de même, par une disposition, de l'œuvre du salut, la colombe du Saint-Esprit vole vers notre terre, c'est-à-dire, vers notre corps de chair, au moment où il sort du bain après s'être purifié de ses crimes d'autrefois, et cette colombe envoyée du haut du ciel, où est l'Eglise figurée par l'arche, apporte la paix de Dieu f1). »

§ IL — Prédiction de la Confirmation.

La plupart des symboles figuratifs que nous venons de signaler se rapportent directement aux scènestypes où la Confirmation est contenue en germe. De même les textes prophétiques de l'Ancien Testament qui visent directement ces événements, atteignent ainsi, comme par ricochet, le sacrement luimême. Ces scènes-types sont surtout le Baptême du Sauveur et la descente du Saint-Esprit au Cénacle. La première contient d'une manière idéale et suréminente l'institution, la seconde d'une manière réelle mais extraordinaire la promulgation et la première dispensation de la Confirmation. Recherchons donc les principaux textes qui ont trait à ce double événement et qui s'appliquent au deuxième sacrement.

1. De Bapt. c. 8. loc. cit. Cfr. un beau texte du vénérable Bède, où la colombe de l'arche et celle du Jourdain sont rapprochées de la Confirmation. Homil. in Theophan.(x\) P. L., 94, 63.

6o Section I. — Chapitre III.

Saint Cyrille, dans la catéchèse à laquelle nous avons emprunté un texte si lumineux touchant la préfiguration de l'onction chrismale, applique avec un rare bonheur plusieurs textes de l'Écriture à l'onction du Christ par son Père. C'est d'abord ce passage d'Isaïe que JÉSUS commenta lui-même dans la synagogue de Nazareth : « Le Seigneur se repose sur moi, c'est pourquoi il m'a oint, et m'a envoyé prêcher l'évangile aux pauvres (J). » Analysant ensuite cetteonctionsuréminente,lesaintdocteur de Jérusalem lui applique ce texte célèbre du psaume messianique Eructavit. « Vous chérissez la justice et vous détestez l'iniquité, c'est pourquoi Dieu, votre Dieu, vous a oint d'une huile d'allégresse entre tous ceux qui ont part à votre héritage (2;.>> Le lecteur trouvera le passage entier dans notre appendice. En vertu de cette onction, saint Pierre a appelé le Sauveur «JÉSUS de Nazareth que Dieu a oint de l'Esprit-Saint (3). » Appliquant à tous les fidèles la participation à cette onction divine par la Confirmation, saint Cyrille explique dans ce sens cette autre parole que le Roi-Prophète met dans la bouche de Dieu : « Ne touchez point à ceux que je me suis oints (4). »

Il est encore d'autres textes, en particulier tirés des Psaumes, qui ramènent aux saints Pères la

i. Joan., i.xi. i; Luc., IV, i8;Is., LXI. i.

Page 1