II. — Importance de l'office des parrains et des marraines
Nous venons de voir l'antiquité et la légitimité de l'emploi des parrains et des marraines, tant pour la Confirmation que pour le Baptême; voyons maintenant quelle est l'importance de cet office. Cette importance se mesure à la fois aux conséquences qu'il amène et aux devoirs qu'il impose.
Nous avons entendu l'auteur du divin livre de la Céleste liiérarcliie donner aux parrains le beau nom de patres divini, pères en Dieu, appellation éloquente que la langue anglaise s'est si heureusemetit appropriée(g-od-fat/ier).Or,œ nom indique unevéritableparenté contractée en vertu de cette charge spirituelle. Après l'Eglise, c'est le parrain, c'est la marraine qui engendre à la foi ou à la vie parfaite de la foi celui qu'ils tiennent sur les fonts ou présentent au Pontife. De là le lien spirituel qui le leur unit aussi
1. Ibid. ad 2. L'argumentation de S. Thomas pour la Confirmation correspond parfaitement à celle qu'il fait valoir pour le Baptême. Ibid. q. 67, art. 7.
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intimement que le lien du sang, avec les mêmes suites, les mêmes conséquences. Le Pontifical nous les décrit en ces termes: <( Par ce sacrement (la Confirmation) on contracte la parenté spirituelle, empêchant le mariage futur et brisant le mariage existant (*) ; cette parenté ne va pas au delà du ministre et du confirmé, de son père et de sa mère et de celui qui le tient (2). » Ce qui doit être entendu, que le ministre d'une part et le parrain ou la marraine de l'autre contractent ce lien avec le baptisé ou le confirmé et ses parents.
Cette loi ecclésiastique, solennellement promulguée par le concile de Trente (3), est bien faite pour montrer toute la gravité de la fonction des parrains et des marraines, et partant les droits et les devoirs qui en découlent.
Vn des premiers droits de la paternité naturelle est de donner aux enfants le nom qu'ils porteront selon le monde. De même, les parrains et les marraines imposent à leurs clients spirituels le nom qui les distinguera selon la foi et qui figurera, aux livres de l'Église.Cet usage,général aujourd'hui, ne remonte pas cependant à l'origine de l'institution. Aux pre-
1. Ceci doit s'entendre non pas du lien indissoluble, mais de l'usage légitime du mariage.