Voici en entier ce remarquable passage
«Soient quidam quserere quanto tempore debeantunctionemchrismatis observare in capite, ut scilicet capita non lavent, qui accipiunt manus impositionem absque tempore baptisterii ; quibus responderi potest
174 Section II. — Chapitre VIII.
Cet usage se maintint jusqu'au XIIe siècle. Après les sept jours avait lieu la cérémonie de l'enlèvement des bandelettes. Le prêtre les enlevait aux confirmés, dont on lavait les fronts avec de l'eau et du sel. L'eau était répandue dans le sacraire du baptistère (!) ; la bandelette était brûlée et les cendres réservées pour le Mercredi des Cendres (2).
Au XIVe siècle, nous voyons par un concile de Troies que les sept jours étaient réduits à trois (3) ; dans un synode de Langres, tenu au XVe siècle, ce n'est plus que deux ou trois jours ; au XVIe siècle, le concile de Chartres ne parle plus que de vingtquatre heures. Saint Charles porta dans son cinquième concile la prescription, encore en vigueur aujourd'hui, d'essuyer aussitôt le front du confirmé avec de la soie et de laver ensuite avec un linge blanc et de l'eau tiède l'endroit marqué du saint Chrême. C'est ainsi que l'usage des bandelettes, bien que prescrit par le Pontifical, n'est plus, universellement suivi.
conveniens esse ut tanto tempore adventus Spiritus Sancti, apud unumquemque qui eum accepit celebretur, quanto tempore generaliter ab ecclesia celebratur adventus Spiritus Sancti super Apostolos, hoc est, septem diebus ; et merito, quia septem sunt dona Spiritus Sancti, et in septem comitibus ad hospitem suum Spiritus Sanctus venit, et dignum est ut habeat unusquisque diem suum, et unicuique in die suo convivium prasparetur. » Lib. 2, de Sacrant. , part 7, c. 6, P. L. , 176, 462.
1. Conc. de Troyes 1400, de Langres 1404, de Chartres 1526. Cf. Vitass, op. cit., pars v, a. 2, sect. ni, coll. cit., 1128, sq.
2. Syn. de Milan v, de Bordeaux 1584, d'Aix 1585 (cités plus haut).
3. La même prescription se trouve dans les conciles de Worcester de 1240, c. vi. (Hard. , vu, p. 333), de Cologne de 1280 n. 5. (Hard., vu, p. 823).
Outre la raison pratique de son emploi, la bandelette marque les souffrances que le soldat du Christ doit être prêt à endurer pour la cause du bien. Dût-il recevoir des blessures dans la mêlée, n'importe : Estote fortes in bello ! Du courage, de la vaillance ï Seuls les lâches ici tombent sur le champ de bataille. Les lutteurs intrépides sont invulnérables ; ou, s'ils paraissent atteints par les traits ennemis, leurs blessures se changent en bouclier, casque et cuirasse, et les traits qui les ont visés retournent frapper au cœur l'ennemi qui les décoche. En avant donc, milice fraîche du Seigneur ! Heureuses phalanges, s'il vous est donné d'offrir au Christ le sang triomphant d'un martyr !