‹ La confirmationChapitre 93 sur 123 · Item · texte numérisé non relu

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a faite M. Helleputte dans son intéressant travail cité plus haut.

La troisième catégorie, celle qui a été de loin la plus nombreuse, et dont beaucoup de modèles sont parvenus jusqu'à nous, est celle des vases destinés aux usages immédiats de chaque église. Il ne sera pas sans intérêt d'entrer dans quelques particularités à leur sujet. En parlant de la bénédiction du saint Chrême, nous avons mentionné en passant l'emploi liturgique d'une triple huile consacrée : l'huile des catéchumènes, l'huile des infirmes et le saint Chrême.

Toutes les trois reçoivent au Jeudi-Saint une consécration particulière, correspondant aux usages auxquels la liturgie les destine.

L'huile des infirmes est consacrée la première. Elle sert dans l'Extrême-Onction et dans la bénédiction des cloches.

L'huile des catéchumènes, consacrée en dernier lieu, est employée dans la bénédiction des fonts baptismaux, la première onction du baptême, l'ordination des prêtres, la consécration des autels, le couronnement des rois et des reines.

Enfin le saint Chrême, la plus précieuse des saintes huiles, celle dont la consécration se fait entre les deux autres avec le formulaire le plus solennel, s'emploie pour la deuxième onction du Baptême, pour la Confirmation, pour la bénédiction des fonts, la consécration des évêques, des églises, des autels, des calices et des patènes et la bénédiction des cloches.

Suivant l'usage que l'on avait à faire de l'une ou l'autre de ces huiles, on a varié la construction des vases sacrés destinés à les contenir. Nous arrivons ainsi à distinguer trois espèces principales de chrismatoires, boîtes ou vases aux saintes huiles; les vases contenant les trois huiles, ceux contenant deux huiles, enfin ceux ne contenant qu'une seule huile.

Pour éviter les confusions dans les chrismatoires à plusieurs huiles, les récipients sont marqués d'initiales ou d'abréviations qui marquent clairement à quelle liqueur chacun d'eux est affecté. On lit, par exemple, S. ou O C. sur le vase destiné à l'huile des catéchumènes (Oleum Sanctum, Oleutn Catechumenorunt) ; I. ou O. I. sur celui de l'huile des infirmes (Oleum Infirmorum) ; C. ou S. C. sur celui du saint Chrême (Sanction Chrisma). Ailleurs les trois initiales sont C. E. I ; C. = Chrisma, E. = eAaiov, oleum catechumenorum, I. = infirmorum. Ailleurs encore les récipients portent les inscriptions O. CAT. — O. CHR. — O. INF., dont la clarté se passe de toute explication.

On conserve beaucoup d'intéressants modèles de vases contenant à la fois les trois huiles. Plusieurs, à la façon des ciboires, sont pédicules, dressés sur un pied assez élevé, et formés de trois compartiments cylindriques engagés les uns dans les autres et terminés par un couvercle, soit à triple pointe en forme de trois tourelles, soit à pointe unique, que couronne tantôt une croix ou une statuette, tantôt un simple fleuron. D'autres sont plus ramassés, dans le genre

des custodes. D'autres naissent à leur base commune. Dans ce dernier cas les trois récipients se trouvent le plus souvent placés de front sur une même ligne. D'autres encore sont construits en forme de reliquaires carrés, soit fermés des quatre côtés, soit ouverts en guise de baldaquin.

Parmi, les chrismatoires pédicules, mentionnons un modèle très élégant conservé à Cologne et le célèbre vase de Graefrath. Le premier a un couvercle à triple pointe, le second se termine en cône unique. Comme spécimen non pédicule, celui de Saint - George à Hensies se distingue par sa simplicité et son élégance.

Le genre reliquaire est représenté par la magnifique pièce provenant de l'abbaye de Bauderloo à Gand, que l'on admirait autrefois dans le cabinet Onghena de la même ville, d'où elle a malheureusement passé à la collection Rothschild de Paris. Deux modèles très remarquables du même genre se montrent encore à Sainte-Elisabeth de Mons et à Saint-Brice de Tournay.

Les modèles de vases destinés à deux huiles, c'est-à-dire celles des catéchumènes et le saint Chrême, sont très rares, bien qu'ils semblent d'un usage extrêmement facile pour l'administration du Baptême, où les deux huiles sont employées. Les motifs semblent s'en être inspirés, avec quelques variantes, sur les chrismatoires complets.

Restent les vases uniquement affectés à l'huile des infirmes. Ici encore on rencontre plusieurs modèles

comme pour les premiers, cependant avec moins de variété quant au motif générateur. Ce qui leur donne une plus grande diversité de forme, c'est d'abord que plusieurs vases de ce genre semblent n'avoir été à leur origine que des ciboires ou des custodes, ensuite que dans plusieurs contrées on se servait d'un seul vase pour les saintes huiles et les espèces consacrées que l'on portait aux malades.

Une disposition élégante, très répandue en Westphalie, est celle du vase cruciforme, dont le centre est occupé par une custode ornée aux deux côtés de riches figures en relief. M. Schnutgen en donne un modèle d'une beauté remarquable, dans l'étude à laquelle nous empruntons bon nombre de détails contenus dans ce paragraphe.

Le peu que nous avons recueilli dans ces lignes suffira pour convaincre le lecteur du profit abondant que l'art chrétien, depuis les symbolismes latents des catacombes, a su tirer de la doctrine et de la liturgie catholique touchant la Confirmation.

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