La confrérie des pèlerins de Saint-Jacques
Les confraternités OU confréries religieuses du moyen-âge étaient de véritables sociétés de secours mutuels, non pour les besoins du corps, mais pour les besoins de l'âme et pour les pratiques matérielles de la dévotion. Avoir une église ou du moins un autel à soi, avoir en propre ses prêtres officiants, ses vases sacrés, ses images, ordonner soi-même de belles cérémonies, pouvoir compter sur un somptueux service et une assistance nombreuse à ses funérailles, sur de beaux obits après sa mort et sur les faveurs du ciel dans l'éternité, tel était le rêve des opulents. Tel il devait être dans une société créée et dirigée par l'Église. Les confréries d'arts et métiers, bien que remontant aux scholœ ou collegia mercatorum de l'antiquité payenne n'en participaient pas moins à ce caractère religieux. Chacune d'elles rendait un culte au patron qu'elle s'était attribué, mais laissait en dehors de son privilège tous ceux qui n'étaient pas gens de métier; aussi leur grand nombre ne suffisait-il pas à la soif de piété qui tourmentait nos pères. Il fallut, de très bonne heure sans doute, des associations plus larges et expressément religieuses.
La plus illustre association de ce genre qui se soit formée à Paris est la a Grande Confrérie de Notre-Dame », société fameuse à laquelle s'affilièrent la plupart des rois, des reines et des grands de France depuis Philippe-Auguste jusqu'à la fin de la monarchie, et qui a fourni à M. Le Roux de Lincy le sujet d'un travail
tons encore en terminant trois articles de dépense qui font suite au précédent, et que nous n'avions pas encore rencontrés :
Pro pranUio temptatorum baccalauriorum et officiariorum : ^. 3 lib.
Ultra pecuni^m novorum magistrorum pro prandio Nationis : \ 2 lib. 8 s.
Pro cappa dommi rectoris, videlicet Michaelis Nyffart : \ 2 lib. 2 s.
Nous n'avons aucii^e observation à présenter sur cette dernière dépense; mais nous ra^rocherons des deux précédentes les dispositions du statut de 142^ qui concernent les banquets universitaires. Sans proscrire ces bêtes domestiques, passées en habitude, la Nation d'Allemagne voulaû en modérer les frais, ceux surtout qui pouvaient retomber à la cnUrge de sa propre caisse. Voici les règles qu'elle avait posées à 6et égard, et qui n'étaient pas toujours fidèlement observées, comme le prouvent les indications mêmes de notre compte :
oc II y aura chaque année trois banqNaets seulement de la Nation : le premier, lors de la reddition du pmnier compte; la dépense à la charge de la Nation ne devra pas y deoasser 2 francs; le second, le jour de la fête de saint Mathieu ; la de^nse y sera également de deux francs au plus : ce qui dépassera restera à la charge des convives présents. Le troisième banquet aufa lieu le jour de la fête de saint Edmond. Quelques jours avant, l\ procureur convoquera la compagnie qui avisera aux mesures à prendre, tant pour la célébration de l'office divin que pour le banquet. On s'entendra amicalement de manière à éviter à la Nation toutVréjudice '. »
Une pensée d'économie est la seule qui perce daiTfc cette délibération. Cependant les repas en usage dans les école^u moyenâge avaient des inconvénients plus graves pour lesViaîtres et pour les écoliers, que celui d'épuiser leurs modiques re^ources; ils donnaient lieu souvent à des scandales affligeants \our la morale et pour la religion. Aussi dans la suite la plupart mrentils supprimés et quelques-uns même sévèrement interdits^par l'Université de Paris.
Charles Jourdain.