I. Index chronologicus, etc., p
étendue Les curieux statuts de « la noble et dévote confrérie^ » la représentent comme un cénacle de la plus haute aristocratie parisienne, ecclésiastique ou laïque, dont les membres se liaient entre eux par les rapports de l'intimité la plus singulière et la plus touchante. Ils étaient obligés de se grouper par couples, un frère prêtre et un frère bourgeois, pour deux années ; et pendant tout cet intervalle : « Le frère prebstre, dit le statut, porte le faiz de » son frère bourgeois es choses spirituelles qui sont messes, » oraisons, prières et suffrages chacun jour; et le frère bourgeois » porte le faiz de son frère prebstre es choses temporelles comme » le conforter, aidier, prier Dieu pour luy », le faire participer à ses bienfaits et payer pour lui le jour du siège, c"'est-à-dire du grand banquet célébré tous les deux ans par la confrérie^. L'important de l'association était l'obligation que s'imposaient les membres de prier pour celui de leurs confrères qu'atteignait la maladie et pour le repos de son âme s'il venait à trépasser. Les statuts prévoyaient à cet égard les plus petits détails. A la première nouvelle du danger, la confrérie devait s'assembler et se rendre auprès du malade, s'informer s'il était confessé, l'admonester de penser à Dieu et de bien recevoir les sacrements, prier pour lui, donner cinq « aumônes de pain » à son intention, et se rendre en corps le lendemain matin à l'église pour célébrer la messe en soa^honneur. S'il mourait, tous assistaient le cierge en main à ses funérailles, qui se célébraient aux frais de la confrérie, si le défunt était pauvre. Pendant les sept jours suivants l'associé du défunt qui avait survécu à son frère était astreint à des dévotions spéciales.
La Grande Confrérie n'était composée à l'origine, que de soixantedouze membres, en mémoire des soixante-douze disciples envoyés deux à deux par le monde pour la prédication du christianisme. Mais bientôt après on avait dû céder aux nombreuses demandes d'admission que la confrérie recevait et qui provenaient des dames de Paris aussi bien que des hommes. En 1221 et en 1225 la confrérie assemblée décida que personne ne serait plus reçu jusqu'à ce que le nombre des membres fût réduit à cent, savoir :
1. Mém. de la Soc. des Antiq. de France; t. XVII, p. 200 à 3 18.
2. En date il est vrai de l'an 1468, mais « recueillis des anciens status et ordonnances puis trois cents ans a ou environ que icelle confrérie fut instituée et ordonnée »; institution qui remonterait, d'après ces paroles, à une époque voisine de l'année ii68.