Tome I, p
2. Pour chapons, quant les mestiers mengierent à l'ospital, qui devisèrent l'euvre, xv. s. vj den.-, . . . pour despens fait à l'ospital par les mestiers des euvres, viij s. xj den.
3. Pour despens fais chiez Richart de Bailleul quant le marchié fut fait a Henri de Baussant et a Conrat de tailler le pignon de la chapelle, xij s.. Item, pour vin donné à tailleurs [de pierre] et à maçons le jour S. Leu S. Gille après le siège l'an ccc xxj, x sous. Item, pour vin donné aux manouvriers le dit jour, iiij sous.
les travaux d'un ordre plus élevé se payaient à la tâche. Les trois principaux conducteurs de l'œuvre furent Henri de Haussant comme architecte, Conrart Toussac, autrement dit de Saint- Germain, comme sculpteur, et un Flamand nommé Pierre de Bruxelles comme peintre.
On posa la première pierre le i8 février iSig. Ce fut une grande cérémonie publique. La pose fut solennellement faite par les mains de la reine, en présence d^une foule brillante ainsi décrite dans une notice rédigée au xvi« siècle et restée aux archives de la confrérie : « Le xviij® febvrier fut mise et assise la première pierre de Téglise et hospital par madame Jehanne, royne de France et de Navarre, fille du comte d'Evreulx ' ; et y estoit dame Mahault sa mère, comtesse d'Artois et de Bourgoigne, et les filles à la royne Jehanne, la duchesse de Bourgoigne, la comtesse de Flandre, la femme au dauphin de Vienne; avec elles Tarchevesque de Lyon, monsieur Pierre de Mortimer evesque de Nevers qui depuis fut evesque d'Aucerre, Tabbé de S. Denis-en-France et plusieurs autres barons, esquelles pierres sont escripts les noms de ceulx qui les assirent -. »
On pourrait croire à une exagération dans cette dernière assertion d'un écrivain qui était sans doute quelque chapelain de Saint-Jacques prompt à embellir l'histoire de son église; mais les comptes de la Confrérie démontrent qu'il est plutôt resté audessous de la vérité et que les pèlerins firent de l'inauguration solennelle de leur établissement le sujet d'un grand ouvrage d'art, d'une vaste sculpture où tous les personnages ci-dessus nommés étaient représentés -*. L'artiste qui exécuta cette grande composition fut Raoul de Heudicourt.
On grava donc sur certaines pierres employées aux fondations
1. Observons en passant que le chroniqueur de la confrérie confond ici la femme de Philippe le Long avec la troisième femme de Charles le Bel, son successeur, qui était etïectivcment Jeanne d'Evreux. L'épouse de Philippe V était fille d'Otton, comte Palatin de Bourgogne, mort dès l'année i3o2.
2. Récit composé au xvi' siècle par quelque fonctionnaire de l'hôpital et conservé sous la cote i58. Il est contirmé par dom Du Breuil dans ses Antiquités de Paris (édit. de c'J39, page 733). Seulement il faut y lire « l'évêquede Viviers » en place de « l'évêque de Nevers ». Le compte de l'izô porte : « Pour demi-cent de fromages qui furent donnez a l'evesque d'Aucerre, cxj s. » ; c'est encore le même Pierre de Mortcmart qui avait quitté l'évêché de Viviers pour celui d'Auxerre en i323.