Voy. ci-après
les noms des princesses qui les avaient posées. C'est probablement à cet ouvrage même que se rapporte l'article suivant des comptes :
A celui qui pourtraist les lettres qui furent mises as pierres des fondements 2 s.
Il ne faudrait pas croire que « pourtraire les lettres » signifie transcrire des actes sur un parchemin; le mot «pourtraire» signifie graver ou dessiner; on disait «pourtraire un scel », par exemple :
A Jehan Pucele, pour pourtraire le grand scel de la confrérie, iij s. (Cote 2248).
Les « lettres qui furent mises as pierres » doivent s'entendre de l'inscription constatant la date des premiers travaux et gravée sur la pierre qui fut posée des mains de la reine Jeanne. Cest d'ailleurs ce que fait très-bien comprendre une inscription semblable, qui n'est pas de beaucoup postérieure et qu'on a retrouvée à l'église des Célestins de Paris. Elle se voit aujourd'hui au Musée de Cluny (sous le n° ig36) et se compose de ces trois lignes grossièrement gravées :
£aît mil ccc Iru le ïxm Jour îïe may . maôebt €l)arleô roj) îr^ Stancc.
Les premières dépenses de la Confrérie furent, avons-nous dit, pour les artistes et maçons qu'elle mit de suite à l'ouvrage et qu'elle payait semaine par semaine quand les travaux n'étaient pas pris à forfait. C'est le sculpteur Conrart Toussac qui commence le compte. Il reçoit xvij sous « pour xj journées que il fist » pour tailler la coulombe [le Saint-Esprit] et le chapitel qui » soustient le tabernacle où le Corpus Domini repose; et pour » tailler un lavoir a mettre l'yaue benoite » compté à raison de deux sous par jour. Vient ensuite Henri de Haussant, qualifié de maçon, mais recevant 2 sols et 2 deniers par jour, plus, par conséquent, que le sculpteur Toussac, et faisant œuvre, comme on va le voir, de sculpteur et d'architecte. Plusieurs autres, Pierre de Paillart, Michel de Bracheuil, Loys de Chaumont et Moriset taillent pour l'intérieur de l'église les simples bancs de pierre adossés à la paroi sur une étendue de 22 toises et les rebas
de fenêtres, au nombre de 78. Les bases, les chapiteaux et les soubasses de colonnes sont confiés, pour la sculpture, à Conrari Toussac et Henri de Haussant, à raison de 10 sols la pièce. Les mêmes exécutent également en commun 22 toises d'entablement au dehors (à 10 sols la toise); et, au prix de 40 livres, tout l'appareil du pignon jusqu'aux feuil Iules qui, mêlées à la croix, le terminent et lui servent de couronnement.
A la suite de ces premiers détails apparaissent des œuvres d'art et notamment douze statues d'apôtres en grandeur naturelle destinées à décorer l'intérieur de l'église.
« A Robert l'Escot, pour v^xyli) charretées de pierre à trois sols la charretée Ixxxvij 1. xiv s.
» Item, pour douze pierres à faire les apostres. . . vi) 1. xij s.
» A Robert de Launoy pour tailler quatre des apostres de la chapelle ^ pour chascun c sols xx 1.
j) Item, pour faire quatre ymages en deux pierres qui sicnt sur les sueilles 2 de la chapelle x 1.
» Item, pour la painne de paindre les dis ymages et la crois dessus le pignon de la chapelle Ix s.
» Item, pour iiic et demi de fin or et pour couleurs. . . Ix s.
» Item, pour paindre le chiel ^, c'est assavoir les sablières, les pinçons, les tirans, les limandes, et les boulions .... xxvj 1.
» Item, pour painne de paindre le grand saint Jacques. . iiij 1.
» Item, pour paindre les deux angelos du portail et pour batre la tenicle saint Jaques de fin or '' xxx s.
» Item, pour paindre les six apostres, les dossiers et les reprises sur quoi il sient^; xxx s. pour pièce ix 1.
» Item, pour iiij anges et iiij coulombes, pour painne de tailler, pour paindre et. pour couleurs ; pour tout x 1.
» Item, pour une crois, un crucifié, Marie et Jehan <5. . . x 1.
» Item, pour un veu de Mons. de Valois et de Mons. de Biauvais et pour les paindre "^ xl s.
1. C'est-à-dire de l'église Saint-Jacques elle-même que les confrères pèlerins ne nommèrent d'abord par modestie que du nom de « chapelle ».
2. « Qui siéent sur les seuils », c'est-à-dire qui forment les jambages du portail.