‹ La confrérie des pèlerins de Saint-JacquesChapitre 5 sur 35 · Ainsi nommée parce qu'elle était femme d'un Le Bouc · texte numérisé non relu

Ainsi nommée parce qu'elle était femme d'un Le Bouc

2. « Item feu Guillaume de Gharny et Jehanne sa femme 10 s. p. de fente. » Cette phrase montre qu'il s'agit de la donation faite en 1298 (Voy. ci-dessus p. igo) dont la condition suspensive avait cessé par la mort des donateurs. Le nom de Guillaume de Gharny se trouvant ici au milieu d'une énum.ération, on en doit peut-être conclure que la libéralité qu'il avait faite n'était pas la plus ancienne de toutes.

3. « Item du roy Phelippe le Grant, que Diex absoille, par la main Grois- » sant de Gourbueil, juif, V liv. — Item de mons. de Valois m' liv. — Item » de ma dame d'Artois iiii^'' liv. » (Archiv. de S,-Jacq., compte de i324.)

4. « Environ l'an rail nf. xvij fut la première emocion des pèlerins pour

tint la première grande assemblée officielle de la confrérie. Cette séance eut lieu un vendredi soir, le 1 5 de décembre, dans le local ordinaire des réunions de la confrérie des bouchers, c'est-à-dire vraisemblablement dans la salle capitulaire de Péglise Saint- Jacques-la-Boucherie, à la clarté des bougies, devant un bon feu et en présence aussi d'un setier et demi de vin. Le feu, Téclairagc, et cet honnête rafraîchissement sans lequel ne se traitait guère aucune affaire au moyen-âge, sont les premiers articles de dépense figurant sur ces comptes de Saint-Jacques, qui se sont heureusement conservés à peu près complets pendant quatre siècles et demi et qui me fournissent constamment, comme on voit, la meilleure partie des renseignements dont je dispose.

Dans cette première assemblée, les principaux d'entre les confrères eurent à délibérer sans doute sur les devis qui avaient été précédemment préparés pour décider la construction de la chapelle et de Thôpital. Du moins les travaux de maçonnerie commencèrent immédiatement, quoique Pachat d^une bonne partie, sinon de la totalité des maisons sur l'emplacement desquelles devaient s'élever les constructions nouvelles, ne fût pas encore régularisée par acte notarié. Il ne le fut, pour sept ou huit de ces maisons, qu'à l'automne de 1 3 1 9, et plus tard pour les autres.

Les premières sommes encaissées par la confrérie furent considérables; mais les dépenses le furent plus encore'. Pour augmenter ses ressources, d'abord elle posa des troncs en divers endroits^, puis elle demanda, et obtint, à l'évêché de Paris, l'autorisation de faire des collectes dans la ville. L'official lui accorda, à la date du 22 février i32o (die Veneris post Brandones 1 3 1 9) une lettre des plus favorables, dans laquelle il disait que les pèlerins de Saint-Jacques se disposant à construire dans la Grand Rue, près la porte Saint-Denys, un hôpital dont ils ont déjà commencé la maçonnerie et qui sera un grand et somptueux ouvrage, il exhorte les fidèles de toutes ses forces à contribuer par de larges

» la fundacion de l'hospital. » (Extrait d'une note du xvi° siècle.)

I. Le premier compte de la confrc'ric, allèrent aux années i3i9 ù 1324, se solde par 4878 1. 8 s. 5 d. oboles de recette et 5762 1. 10 d. ob. parisis de dépense.

i. « Pour une chaane et un loquet pour tenir la boiste scur le grant autel, xvj d. » (compte de 1324).

aumônes à la perfection et à rachèvement d'un établissement si utile et si pieux.

En attendant les bons effets de cette bienveillance du clergé, ce fut une grosse besogne pour Nicole le Loquetier, Guillaume Piz d'Oe et Philippe de Cormeilles, les trois bourgeois de Paris appelés les premiers par l'élection à Phonneur des fonctions de maistres, provéeurs, administrateurs et gouverneurs^ de l'hôpital et de la confrérie, que de pourvoir aux difficultés de l'entreprise et de trouver de Fargent comptant pour payer les premiers travaux. L'argent de Croissant, le juif de Corbeil, fut bien utile alors mais fort difficile à arracher de ses mains, si l'on en juge par le nombre de voyages qu'il fallut faire auprès de lui. Il fallut aussi envoyer souvent loin de Paris aux personnages dont Tappui était nécessaire, voire même au roi, à la reine et aux membres de la famille royale; il fallut capter les bonnes grâces des chambellans, écuyers, clercs et serviteurs par des cadeaux, ou faire des présents à leurs maîtres eux-mêmes. Quelques fragments d'un des comptes dont j'ai parlé tout à l'heure, et qui relatent les recettes et dépenses de la confrérie depuis le 1 5 décembre 1 3 1 8 jusqu'au 4 août i324, donnent quelque idée de ces laborieux commencements.

« A Regnaudin de Laon pour porter lettres à Montargis et raporter

lettres du roy et de la royne et demeura vij jours, xiij sous Pour

porter lettres à Courbueil à Croissant le juif, ij s.; pour unez lettres porter a Chasteau Neuf à mons. Jehan d'Argillières pour l'amortissement, xij s.; pour aler à Corbueil une autre fois à Croissant, ij s.; pour neuf fois à Croissant le juif à Courbueil, ij s. la voie, xviij s.; pour porter lettres à l'evesque de Paris â Gentilli par plusieurs fois, iij s.; baillié a Chapelain, escuier messire Erart de Vaucoulour, qui fu

corretier de l'amortissement, iiij 1.^ — A Renaudin de Laon pour

porter lettres devers le roy au couronnement à Rains^, xxiiij s.; à Robert du Temple pour napes qui furent données à M. Andri de Longueil, Ix s.; à Estienne de Maante pour la lettre de l'amortissement de Therouenne, xx s.;... pour le scel d'une lettre contre le frère Croissant de Corbueil, vj s.; pour le scel d'une lettre seellée de cire viert pour la cause de l'amortissement, Ix s.; pour enregistrer ladite lettre et pour le vin au clerc, xiij s. iiij d.; a Laude Belon pour cendal qui

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