‹ La confusion mentale primitiveChapitre 6 sur 36 · AUTEURS RUSSES. H · texte numérisé non relu

AUTEURS RUSSES. H

donc qu'en Allemagne, à côté de la- démence aiguë, s'est séparée peu à peu du grand groupe des folies aiguës, la confusion mentale, de telle sorte que nous retrouvons sous ces deux noms différents (démence aiguë, confusion aiguë) les deux variétés principales de Delasiauve. J'ajoute que la symptomatologie générale ayant été cultivée avec soin, les symptômes stupeur, confusion primitive ou secondaire ont été distingués et étudiés, au contraire de ce qui s'est passé en France, oii ces distinctions entrevues ont été vite oubliées.

Les auteurs russes : J. Botkin, B. Gradenberg, S. Ouspenki (1) se sont aussi occupés de la question. M. Rosenbacli a publié en français dans les Annales médico-psychologiques un excellent travail qui porte surtout d'après ses observations sur la paranoïa aiguë (2), mais oii il englobe par sa description la confusion mentale.

(.) Cilés par Serbsky.

(2) Rosenbach, Gontribulion à l'étude de quelques formes aiguës, etc. Ann. médico-psychologiques, 1'' s., (,. XIII, 1891, p. 11 et p. 193.

Pendant ce temps, sous l'influence de M. KorsakoflF, une forme' particulière était décrite, à laquelle il assigne une origine nettement toxique en rapport avec les névrites périphériques. Ces psychoses polynévrétiques doivent-elles rentrer simplement dans la confusion mentale? Je renvoie au diagnostic pour discuter cette question. M. KorsakofF a exposé sa manière de voir au congrès des aliénistes français de 1889 et dans la Revue j^liilosophique (1).

D'autres auteurs ont aussi donné des cas de psychose polynévrétique (2). KorsakofF admet d'ailleurs dans son récent traité (en russe) l'existence de la confusion mentale, en s'appuyant surtout sur la manière de voir de Meynert.

(I) KorsakoU', Sur une forme de maladie mentale combinée avec la Jieurile mulliple dégénérative, etc. Congrès international de médecine mentale de 1889. Comptes rendus, Paris, 1891, p. 75. (On y trouvera deux indications russes où l'auteur a décrit le trouble mental pour la première fois.)

KorsakoU', Revue philosophique, 1889.

(3) Korsakoff u. Serbski, Ein Fait von polyneui'itic Psychose, Arch. f. Psych., t. XXII, 1891, p. 112.

Korsakofl', Eri7inerungstauschungen (Pseudoreminiscenzen) bei polyiieuriiischer Psychose, Allg. Z. f. Psych., t. IV, 1891, p. 390.

H. Hœvel, Uebcr post-typhose Dementia acula combinirt mit Polyneuritis, Jahrb. f. Psych., t. XI, II. 3, anal, in \eur. Cent, bl., 1892, n» 21, p. 692.

Th. ïilling, Ueber die amneslischeGeisteisstôrimg, Allg. Z. f.

Les auteurs de langue anglaise qui ont étudié la confusion ne l'ont pas très ajDprofondie, et l'ensemble de leurs travaux ne forme pas comme en Allemagne un tout coordonné. Ils ont étudié séparément la folie consécutive aux fièvres, la stupeur, la démence aiguë, la confusion mentale, ou comme Korsakoff, certains troubles paraissant liés à la névrite périphérique. Je citerai les noms de Bucknill et Tuke (d'après Foville) (1), Weber (2), Ilayes Ne-

Psychialrie, t. XLVIII, 1892, p. 549 (n'admet pas l'existence à part de la psycliose de Korsakoll).

Strauss, De la psychose pohjnévvilique. Th. de Lyon, 1892-

Pour les auteurs anglais, voir plus loin.

On trouvera tous les renseignements et d'autres indications Mbliographiques sur le sujet dans une monographie en cours ^ de publication : R. Colella, La psicosi polineuritica, Annali di ncvrologia, isg-i, fasc. I,1L

(1) Psijckolorjical Medicine.

(2) Weber, On delirium of acute Insanily durinc/ the décline of ttcule diseasps, especiallij the delirium of collapse, Medicocliirurgical Transactions, London, 1865, vol. 48, p. 135 ; excellent et ancien travail qui fut communiqué à la Société royale de chir. et de méd. de Londres et qui fut suivi d'une discussion intéressante. On trouvera une analyse en français du mémoire et de la discussion, faite par Bourneville dans le Journal de Delasiauve, t. V, p. 134.

'* HISTORIQUE, wington (1), Crichton Browne (2), Fox (3), Savage (4), H. ,C. Wood (S), William Osier (6) James Ross (7), J. H. Lloyd (8). Spilzka (9) dans son traité, un des meilleurs e'crits en langue anglaise, donne une bonne description de la confusion sur laquelle Conolly Norman (10) insista tout re'cemment dans une communication à l'Académie de médecine d'Irlande,

(1) Hayes Newington, Some observations on différent forms of siuor, and on- ils occurrence after acide mania in female, J. of. mental science, oct. 1874, p. 372.

(2) Crichton Browne, Acute demenlia, West Riding luu. Asyluiu Reports, 1874, t. IV, p. 265.

(3) Fox, Case of acute demenlia, etc. J. of mental science, 1881, p. 212.

(4) Savage, Insanity and allied neuroses, 2"= éd., London, 188C ; Puerpéral hisanity of septic origin, Lancet, 1888, t. II, p. 1129.

(5) H. C. Wood, Insanity afler acule surgical or^inedical affections, University med. Magazine, déc. 1889, an. in Am. J. of psychology, déc. 1891, p. 323.

(6) W. Osier, Cases of posl- fébrile Insanity, John Hopkin's hospital Reports, 1890, t. II, p. 46, anal. ds. le même journal.

(7) J. Ross, 0?i the psychical disorders of multiple neuritis, J. of m. science, avril 1890.

(8) J. II. Llojd, Philadclphia neurological Society, noyemhre

(d) Spitzks., hisanity, 1887, voyez p. 158, 161.

(10) Conolly Norman, Acute confusional Insanity, Dublin J. 'of. médical science, 1890, t. I, p. 500.

On peut lire aussi l'observation de Broadbcnt, Acide demenlia in a child; recovery, Med. Press and Circular, 1878, t. XXV, p. 105 ; de Harwood Casson, Remarkable sequela of measles, Lancet, 27 novembre 1886, p. 1020; et les travaux

AUTEURS ITALIENS. 75 car celte forme, dit-il, avait jusqu'alors passé inaperçue dans son pays. Il se'pare la confusion de la démence aiguë et de la paranoïa. Il rapporte neuf observations sous le nom de confusion aiguë hallucinatoire ou de folie aiguë avec confusion. Les mémoires les plus récents à ma connaissance sont enfin ceux de M. Hurd (1), de JohnFerguson(2), deCharlesH. IIughes(3)etde W. L. Worcester (4).

Je n'ai malheureusement pu faire beaucoup de recherches, pour cet historique, dans les ouvrages italiens qui sont très rares à la bibl iode Al. Robertson, Cas de démence aiguë, i. of mental science, janvier 1891 (indication des Ann. méd.-psych., mars-avril l89i, p. 323); WhitwcU, A study of stupor, i. of m. science 1889, t. XXXV, p. 360; J. Tarnev, A case of post- fébrile mental slupor or acule demeniia, 3. of m. science, oct. 1888, p. 412.

(1) M. Hurd, Post-fehrile Insanity, Am. J. of Insanity, juillet 1892, p. 20.

(2) J. Ferguson, Insanity follovitig exhauslion, etc. The Al. and. Neurologist, juillet 1892.

(3) Ch. H. Hughes, Primary confusional Insanity, The Al. and Neurologist, janvier 1893, p. 128.

{4) William L. Worcester, Confusional Insanity , Aniencm Journal of Insanity, juillet 1894, p. 71.

thèque de la Faculté de médecine de Paris. Mais la psychiatrie italienne suivant en grande partie la psychiatrie allemande, sauf bien entendu sur la question de la dégénérescence, les auteurs que j'ai pu consulter ne m'ont pas paru apporter des lumières très nouvelles. Bonucci et Girolami-Gambari avaient autrefois parlé de la stupidité (1). Parmi les récents auteurs, Morselli (2), dont la classification concorde dans les lignes générales avec celle de Schûle, admet une forme dans laquelle rentre la confusion. Amadei etTonnini (3) essaientde séparer la paranoïa aiguë du délire sensoriel, mais ils semblent admettre des formes de passage entre les deux. De Luzenberger (4), dans Je Manicomio moderno, en 1888, a donné une description du délire sensoriel aigu en suivant la manière de voir de Meynert, tandis que

(1) Bonucci, Fisiolocjia e patologia deW anima umana, vol. 1 p. 77 et 270. Florence, 1852.

Girolami Gambari, Appendice psycliiatria, 1863, cités in Ann. médico-psych., 1866, t. V, p. 72.

(2) Morselli, Manuale di semejoiica délie vialatlie menlali, vol. I, 1885. Voyez aussi vol. Il, 1895, pages 393, 426.

(3) Amadei e Tonnini, La paranoïa e le sue forme. JMilan (,lndication de Del Greco).

(4) De Luzenberger, Del delirio sensorialeaculo, Manicomio moderno, I, 1888 (Indicat. de Del Greco).

Grimaldi (1) étudiait uniquement la paranoïa aiguë. Del Greco (2), tout re'cemment, a publie' dans le môme recueil un long article sur le délire sensoriel ; il a pour but d'abord de le séparer de la manie et de la mélancolie et de voir quels sont ses rapports avec la paranoïa. Pour lui le délire sensoriel rentre tout entier dans la paranoïa aiguë ; sa conclusion est que, malgré l'immense variété de formes cliniques qui vont du délire sensoriel le plus aigu à la paranoïa la plus systématisée et la plus chronique, elles doivent toutes rentrer dans la paranoïa. C'est, autant que je puis m'en être assuré, le travail le plus récent publié en Italie sur la question de la confusion mentale ; comme on le voit, il ne lui est pas favorable puisqu'il l'englobe dans le délire systématisé primitif aigu (3).

Tels sont les travaux principaux (4) qui ont porté sur la confusion mentale. Pour terminer

(1) Grimaldi, Contribuzione allo studio délie psicosi degeneralive, Manicomio moderno, anno V, 3 (Indic. de Del Greco)

(3) De! Grcco, Il delirio sensorielle in rapporta aile diverse forme di paranoïa, Man. mod., 1892, anno VIII, n» 23.

(3) D'aprùs Th. Ziehen, Verga parlerait de démence primitive dans les Arcli. ital. de 1874.

(4) Malgré mes efforts pour f'tre complet, il m'en échappe sans doute quelques-uns.

cet historique je crois utile de donner la synonymie afin d'aider le lecteur, qui voudrait se reporter aux sources indiquées, à se retrouver au milieu des dénominations multiples employées.

Page 1