RÉFLEXE DYNAMOGÉNIQUE
| C’est à Stapfer que revient le mérite d’avoir découvert le réflexe dynamogénique. Cette découverte fut
la fille d'expériences presque erronées de l’empirismé.
Voici les faits:
Stapfer connaissait les résultats surprenants du massage abdomino-gynécologique de Thure-Brandt; il connaissait aussi les explications que le génial empirique suédois donnait du mode d’action de ses manœuvres où magnétisme et pouvoir personnel s’enchevêtraient dans un fouilli inextricable et .puéril.
Egalement les expériences de Goltz sur les effets du ne. abdominal avaient retenu son attention.
FLN iste, ‘après de nombreuses recherches était arrivé à cette conclusion:
« L’irritation mécanique des intestins par le tapotement, détermine par la voie des nerfs sensibles intestinaux, un processus de la moelle allongée qui effectue par l'intermédiaire des pneumogastriques l'arrêt du CŒUr }.
Il faisait ensuite les deux remarques suivantes:
(CA. — Dès que le tapotement cesse, le cœur qui reste encore un court instant immobile, se remet à battre tout d’abord lentement puis de plus en plus fort. Quelque temps après l’expérience, il fournit même cinq bqie tements de plus par minute ».
Ce fut cette remarque qui fut le point de départ des expériences de Stapfer.
« B. — Je ne connais pas d'expériences réussissant sûrement au moyen de laquelle on puisse obtenir par voie réflexe une accélération immédiate de l’activité du cœur, alors que la vie courante montre par les phénomènes du pouls, la possibilité d’une pareille accéléralion ».
Er 7 EI
Bizarrerie des découvertes scientifiques, Goltz en avait eu l’intuition mais n’avait pas vu le réflexe dynamogénique cardio-vaseulaire accélérateur du cœur. Ces deux réflexions furent le trait de lumière pour Stapfer. Comparant les résultats du massage de Thure-Brandt et les expériences de Goltz il conçut l’idée qu'un rapport devait exister entre ces deux ordres de phénomènes. Il refit alors au laboratoire de Marey sous la direction de Comte en collaboration avec son élève Romano toute la série des expériences de Goltz. Mais avec ses collaborateurs il institua une méthode nouvelle. Au lieu de pratiquer des tapotements brutaux sur l’abdomen des animaux d’expérience, 1l employa des effleurements très légers et des vibrations extrêmement douces. Dès lors, les résultats se montrèrent tout différents.
L'ensemble de ces résultats ainsi que les protocoles d'expérience sont consignés x extenso dans la thèse inaugurale de Romano. Ce travail constitue le roc s0lide de l’édifice kinésithérapique. Voilà les conclusions de ce travail: | |
(A, — Lorsqu'on masse les viscères d’un animal par frictions circulaires légères, brèves, entrecoupées de pauses, on excite le cœur et les vaisseaux; on constate une contraction de tout l’appareil circulatoire pendant le massage, la dilatation pendant les pauses, avec accélération fougueuse du courant sanguin; à chaque excitation correspond une élévation de pression.
» B. — Lorsqu'au massage léger, bref, entrecoupé de pauses on substitue un massage continu, fort, on déter-: mine la parésie, par conséquent, la vaso-dilatation des
vaisseaux mesentériques. Le cœur se contracte avec wneé énergie excessive, d'abord réelle, puis apparente. À une cardio-constriction ou même à une cardio-tétanisation succède une cardio-rétraction permanente. Les vaisseaux de la périphérie en font autant. La cardiorétraction est proportionnée au degré de paralysie de la circulation abdominale. Dès qu'elle se manifeste, la pression décroit.
» Bien que dans les deux cas, À et B, le cœur se resserre, les phénomènes sont différents
» Le premier est réflexe. C’est une stimulation de tous les vaisseaux, y compris le cœur qui se comporte comme eux. Le second, réflexe d’abord, ensuite mécanique est la conséquence d’abord de l'excitation, ensuite d’une vacuité relative, puis absolue du cœur, auquel les vaisseaux parésiés n’envoient plus une quantité suffisante de sang. Ils retiennent, ils drainent le liquide nourricier,, le reste de l’arbre en est privé,
» Le premier phénomène (cardio-vaso-constriction) est la manifestation d’une suractivité. Il est dynamogénique. Le second (cardio-vaso-constriction, cardio-vaso-tétanisation, cardio-vaso-rétraction) est d’abord un spasme, puis la manifestation d’une. simple propriété du tissu. C’est alors presque un affaissement, presque de l’adynamie, mais le cœur s'arrête faute d'aliments et non faute d'énergie, et si on l’abreuve, sa tonicité se réveille même in extremis aux dernières limites de l’épuisement ».
Si l’on interprète les résultats précédents, on voit que Je massage léger abdominal produit une augmentation de circulation générale et en particulier abdomino-
LCR A É
… , ton rie NÉE és
na AD den
pelvienne. Donnée pleinement confirmée par l’obser-
. vation attentive des malades.
Des massages très doux, très légers, voilà l'idéal. Le laboratoire de physiologie nous le dit, la clinique nous le confirme,
Donc le massage combat la congestion gynécologique, mais aussi il la guérit en vertu de la théorie suivante de François Frank (1).
« La répétition d'une irritation laisse, en quelque sorte sa trace dans les centres nerveux qui continuent, malgré la suppression des excitations provocatrices, à déterminer la reproduction des effets que ces excitations
avaient causées; à se crée là une sorte d'habitude des
centres qui ont subi une série de sollicitations, et en conservent l'impression: c’est, en réduction, le phénomène de l’éducation et de l’habitude ».
CONTRINDICATIONS ET INDICATIONS
Les contrindications du massage peuvent se scinder en deux classes :
a) Contrindications absolues:
Kyste de l’ovaire, suppurations aiguës, néoplasmes, fibromes, douglassite.
En plaçant le fibrome et la douglassite dans les contrindications absolues, nous allons à l’encontre de nombreux médecins. En effet, le massage par son action
(1) Bull, de l'Acad, de Médecine, 21 juillet 1806, page 63.
PA à
décongestionnante pourrait faire disparaître la congestion et les hémorragies dues au fibrome, mais il ne peut guérir. Tôt ou tard, la malade doit subir une intervention chirurgicale ou un traitement par les agents physiques. Mieux vaut ne pas différer cette terminaison inévitable et continuer à considérer les fibromes comme contrindications absolues.
Pour ce qui est de la douglassite, certains médecins font en pareil cas, du massage; c’est une hérésie. En effet, qu'est-ce que la douglassite ?
Pour nous, comme pour la majorité des chirurgiens, la douglassite est essentiellement la réaction péritonéale du cul de sac du Douglas, une péritonite pelvienne localisée. Pour employer une comparaison frappante, la douglassite c’est la pleurite du Douglas. C'est-à-dire que pour une cause quelconque, on trouve à l’ouverture du ventre des adhérences péritonéales plus ou moins abondantes, plus ou moins lâches, plus ou moins tendues et parfois même dans des cas très rares, une véritable ‘ occlusion par laccolement des deux feuillets de la séreuse.
Le corollaire de cette définition est que la douglassite est d’ordre essentiellement chirurgical et que la kinésithérapie n’a aucune action sur elle,
b) Contrindications discutables :
Annexites anciennes, sequelles de vieilles annexites, anciennes annexites suffisamment refroidies bilatérales à gonocoques le plus souvent, unilatérales plus fréquemment dues au streptocoque,