Cité par Pachtler, Der Cœtze der Humanitœl, p
un regard du soleil mourant a passé sur mon âme; je saurai garder ce feu sacré; je saurai vaincre ou mourir pour la cause des peuples. »
Aujourd'hui, par suite des événemonts que cette idée a produits, l'Europe entière tient tous ses hommes valides sous les drapeaux, armés d'engins d'une puissance telle que le monde jusqu'ici n'avait pu en avoir l'idée. Elle est prête pour le conflit qui donnera à l'un de ses peuples, avec la suprématie sur les autres, le pouvoir de subjuguer toutes les races.
Des lettres bien intéressantes furent publiées en 1888 par VOsservatore cattolico de Milan. L'auteur de ces lettres, revenant de Rio-de-Janeiro, en 1858, se trouvait sur le même vapeur avec un dij)lomate européen et le ministre des Affaires Etrangères du Brésil, lequel était Giand-Maître des loges de son pays. Un jour, en conversant a\^c îe diplomate européen, le ministre brésilien lui dit : « Le temps viendra et vous !e AeiTez de vos propres yeux, Monsieur le baron, où il n'y aura en Europe que trois monarchies : une romaine, sous la maison de Savoie, une allemande, sous la maison de Hohenzollern; une slave, sotis la maison de Romanof-Gottorp. Mais ne croyez pas que nous, maçons, nous ayons aucfun intérêt au maintien de ces dynasties. Quand le nègre aura fini sa hesog7ie, il pourra s'en aller. Ces trois monarchies ne peuvent être que le pont q;:i nous coîidtiira aux gandes républiques eiur'opéennes, desquelles naîtra enfin la grande république DE l'humanité, qui reste l'objectif des initiés. »
Un franc-maçon des plus hauts g:ades, Grand-Maître du Grand-Orient de Beyrouth et professeur à l'Université de Hcidelberg, un des hommes qui, par leur enseignement et par leurs écrits, ont le plus
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coQitribué à jiefber ia classa cultivée dâtiS Je Guturkampf et dant les ouvi^ages sont traduits^ à peu près dans Joutes les langues, M, BluntschJi, e:i,seigne aussi que I'Etat moderne futur doit ejnbr'asser rhumanité tout entière. Comme ses livres uXa Théorie générale de VEtat, La Folitique, Le Droit d:s Gens, s'adressent à tousj aiux initiés comme à ceux qui ne le sont pas, il n'y dit point, comment ce résultat pourra ètrj o-:tenu. Mais il lut plus explicite dans un discours qu'il prononça en 1873,. à Zurich, devant la loge Modestia. Là il dit ouvertement que c'est des efforts réunis des loges maçonniques . du monde entiei, que l'on doit attendre la formation de cet Etat qui embrassera rhumanité entière.
Aux discours, la secte joint l'action. En 1869, il ce /orm^ à N|ew-York vç^3 association appelée L/Allian:e républicaine universelle,. da^RS^ le but de réunir tous les Etats du monde en une soûle république.
«Le but.de l'association est d'affirmer le droit de tout pays à se gouvierner en Républiqut, et par conséquent le droit c!e tous les républicains de s'unir entre eux pour former une solidar-té ré;:ublicaine.
» Pour appliquer les vérités sus-énoncées, on proposa de former une seule association fraternelle de tous les hommes à principes libres, qui désirent promouvoir, dans la mesure de leurs forces, la reconnaissance et le développement du véritalle républicanisme dans tous hs pays et chez tous les peuples, Cette association fraternelle doit être composée de sections. distinctes, dont chacune comprendra les membres d'une même nationalité, Américains et Européens.
» Ces sections, en conservant leur indi.idr.alité respective, seront autant de représentations des fu-
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iures répulîiques, tandis que leurs futurs délégués, réunis dans un conseil central, représenteront Ja solidarité des républiques, dont la réalisation est le but suprême proposé aux travaux de l'Alliance (1). »
M. Prache, dans son rapport sur les pé'itions contre la franc-maçonnerie, a un chapitre pour montrer « comment s'établissent et se resserrent les liens entre la maçonnerie française et les maçonneries étrangères, pour travailler avec ordre au but que toutes poursuivent ». Il y a : 1° des- « garants d'amitié » entre elles toutes; 2° des relations spéciales, que l'on pourrait dire personnelles^ enlre certaines loges françaises et les puissances maçonni:;ues étrangères; 3° le fonctionnement, au Grand-Orient de France, d'une commission des relations extérieures. Les rapports de cette commission ne sont pas iiirprimés, à cause — dit le F.; . Dequaire, exposant au Couvent du 10 septembre 1894 les travaux du Conseil de l'Ordre — « des aperçus déliats qu'ils renferment sur les relations du Grand-Orient avec diverses fédérations de l'univers » ; mais le Bulletin du Grand- Orient de cette même année nous montre le Grand- Orient de France en relations « avec les Suprêmes Conseils en général, avec les Suprêmes Conseils de Charlestown, et de Lausanne en particulier; avec la Grande-Loge d'Angleterre sur tous 'les points du globe; avec le Grand-Orient d'Italie; avec le très fraternel Grand-Orient espagnol et la Grande-Loge suisse Alpina; avec les cfiverses maçonneries du bassin de la Méditerranée; avec les ateliers et puissances maçonniques régulières qui, sur tous les points du globe, combattent parallèlement avec le Grand-
1. Gautrelet, pp. 184 et seq. Dans les pages suivantes, l'auteur suit les développements de l'Alliance en Allemagne, en Italie, en France, etc.
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Orient de France, pour le succès final de l'œuvre maçoîinique universelle (1). » Sur quoi portent ces relations? « Les innombrables lignes de point qui constellent les documents maçonniques, dit M. Prache, lorsqu'il s'agit des relations extérieures, mettent hors d'état d'étudier complètement la question. » Il relève néanmoins plusieurs choses intéressantes, que l'on peut voir dans son livre, page 195 à 204.
M. Bluntschli, dans sa Théorie générale de VEtat, nous révèle sans aucun doute, le but de cette entente entre toutes les loges du monde. Il y enseigne que le progrès consiste à « supprimer tous les petiis Etats, et qu'au-dessus des grandes puissances, comme l'Autriche et la France, il y a les puissances mondiales qui ont conscience de leurs droits et de leurs devoirs vis-à-vis de l'humanité entière. » « Pour que l'humanité accomplisse ses destinées, dit-il encore, il faut que les peuples qui la composent puissent accomplir les leurs. » Ces destinées, c'est, « pour les peuples qui ont conscience d'eux-mêmes et qui se sentent Une vocation politique et des qualités viriles, » de se développer au détriment des autres, de ceux qui n'ont que des qualités féminines. « C'est là leur droit saint entre tous les autres. » Il ajoute : « L'humanité progressive ne trouve pas sa pleine satisfaction dans les Etats particuliers, elle les consume. Si VEtat universel se fonde un jour sur les bases de l'humanité entière, on peut espérer qu'il durera aussi longtemps que l'humanité elle-même » (p. 86-87).
Voilà donc à quoi travaillent les Grands-Orients du monde entier dans leurs relations, voilà à quoi le Pouvoir occulte les pousse et les dirige : à consumer les Etats particuliers pour arriver à la constitu-