‹ La conjuration antichrétienneChapitre 51 sur 92 · CHAPITRE XLI LIDÉE DE RÉPUBLIQUE UNIVERSELLE EN FRANGE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLI LIDÉE DE RÉPUBLIQUE UNIVERSELLE EN FRANGE

Elle a pris naissance dans les Loges, il y a près de deux siècles.

Dans un discours prononcé en 1740 à une tenue, le duc d'Antin dit : « L'amour de la patrie, mal entendu et poussé à l'excès, détruisait souvent dans ces républicfues (antiques) guerrières l'amour de Thumanité en général... Le monde entier n'est qu'une grande république, dont chaque nation est une famille, et chaque particulier un enfant... »

En 1792, fut publié à Paris un livre ayant pour titre La République universelle. L'auteur Anacharsis Kloost était le baron J.-B. Hermann, Marie de Kloost, né à Guardenthal, au duché de Clèves. Les sociétés secrètes n'eurent pas de membre plus zélé. Il témoigna de bonne heure une grande sympathie aux Juifs. Il dit dans son livre : « Nous trouverons de puissants auxiliaires, de fervents apôtres dans les tribus judaïques qui regardent la France comme une seconde Palestine. Nos concitoyens circoncis nous bénissent dans toutes les synagogues de la captivité. Le Juif avili dans le reste du monde est devenu citoyen français, citoyen du monde par nos décrets philosophiques » (pages 186-187).

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'Fixé à Paris avant 1779, Anacharsis Kloots fut de ceux qui préparèrent le plus activement la Révolution. On le vit paraître le 19 juin 1790, à l'Assemblée nationale avec une troupe de 36 étrangers qualifiés : V Ambassade du genre humain. Son livre sur la République universelle lui valut de l'Assemblée législative le titre de citoyen français 1792. Sa doctrine peut se résumer en une phrase : « Le genre humain vivra en paix lorsqu'il ne formera qu'un seul corps, la nation unique. »

On peut constater aujourd'hui l'existence de la même pensée. Le même esprit persévère, maintenu et au besoin ravivé par la même secte.

Ce qui se passe en France depuis vingt-cinq ans, et tout particulièrement la désorganisation, en ces 'derniers temps, de l'armée et de la marine, par ceux-là mêmes qui président aux destinées du pays, montre les progrès de cette idée. Pour tous ceux qui n'ont point connaissance des pensées dernières de la synagogue, la construction du Temple qui doit abriter tous les peuples, en d'autres termes, l'établissement d'une République humanitaire sur les ruines de toutes les patries est une douloureuse énigme. Il est donc nécessaire de montrer que la maçonnerie française au moins dans les hauts sommets comiaît ce dessein de la maçonnerie cosmopolite, et^ pour sa part, travaille à sa réalisation.

M, Prache, dans le rapport que nous avons déjà cité, dit (page 191) : « Ouvrons le compte rendu de la Conférence maçonnique internationale tenue à Anvers en 1894; nous lisons à la page 35, dans un discours de l'un des représentants du Grand- Orient de France, le F. • . Dequaire, actuellement inspecteur d'Académie à blende, cette invite adressée à toutes les autres maçonneries de l'univers : « Notre

maçonnerie croit à la nécessité d'exercer sur l'opi nion nationale, et, par cette opinion, sur la marche de notre gouvernement, son influence, qui, par l'action politique, grandit en puissance au profit du programme maçonnique universel. » « Il y a donc, conclut M. Prache, un programme maçonnique univ^ersel, » Quel est ce programme? Quelle est l'œuvre à laquelle doivent travailler les loges de France, de concert avec les loges de toutes les parties du monde? M. Prache le trouve dans ces paroles du même F.-. Dequaire : « La grande mission de la France est de présider à l'œuvre de V organisation de la démocratie, en un mot, à l'organisation de la RépuhlijUG universelle. » Et il renvoie au Coinpte rendu des travaux du Grand-Orient du 16 janvier au 28 février 1897, p. 10.

Quelques citations montreront que les loges françaises ne refusent point le concours qui leur est demandé. Nous ne remonterons pas au delà de 1848.

Garnier-Pagès, ministre de la seconde République, déclara publiquement que « les maçons voulaient achever l'œuvre glorieuse de la République; et que cette Ré]3ublique était destinée à être établie dans toute l'Europe et sur toute la surface de la terre. »

J. Weil, franc-maçon juif, écrivit : « Nous exerçons une influence pressante sur les mouvements de notre temps et sur les progrès de la cinlisation vers la républicanisation de tous les peuples. »

Un autre juif, Louis Bence, disait dans le même temps : « D'une main puissante nous avons secoué les piliers sur lesquels est basé l'ancien édifice de manière à le faire gémir (1). »

Crémieux, le fondateur de V Alliance Israélite Universelle, recevant, en qualité de membre- du gouverne-

1. Voir Mgr Meuriri, La Franc-Maçonnerie, synagogue de Satan, pp. 197-198.

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ment j)rovisoire, les délégués de la franc-maçonneiie, leur dit : « La République fera ce que fait la maçonnerie; elle deviendra le gage éclatant de l'union des peuples sur tous les points du globe, sur tous les côtés de notre triangle; et le Grand Architecte sourira à cette noble pensée de la République qui, se répandant de toutes parts, réunira, dans un même sentiment, tous les Jiabitants de la terre (1). » Il n'est pas inutile de rapprocher de ces paroles celles qu'un maçon allemand disait en ce même moment dans la loge de Gœttingue, Au Compas d'Or: « La grande époque prédite si souvent est-elle enlin arrivée, où notre association doit se transformer en alliance universelle entre les membres de l'humanité?... La liberté que réclame la génération actuelle, c'est la suppression de toutes les barrières (ou frontières), devenues superflues lorsque tous les hommes seront réunis en un seul Etat. »

Jean Macé publia, en cette même année 1848, un opuscule intitulé : Les Vertus d'un Républicain. Il y dit : « Le vent ^ui passera sur la France se chargera d'emporter, par delà les fleuves et les montagnes, les germes fécondants destinés à faire éclore les républiques. Nous ferons la conquête du monde sans quitter nos femmes et nos enfants ». Jean Macé fut Tun des plus grands propagateurs de l'idée de la République universelle, comme il fut l'organisateur de la Ligue universelle de VEnseignemeyit, agent de l'internationalisme, aussi bien que de l'Alliance Israélite Universelle ellie-même. Malgré cela, la loge La Fraternité des Peuples^ avant de s'intéresser à la Ligtie de l'Enseignement, cita à sa barre M. Jean Macé, parce qu' « il paraissait à quelques-uns être

1. Histoire du Grand-Orient de France, par Jouaust, pp. 502-505.

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Français avant d'être membre de l'humanité »; et M. Macé, par une lettre dont il fut donné lecture à la tenue du 22 juin 1867, la rassura pleinement.

Victor Hugo prêta aussi, dès 1848, sa voix sonore à l'union des peuples, à la confusion des races, à oe point qu'on l'appela « ïe barde de l'humanitarisme ». Présidant le congrès de la Paix qui eut lieu à Pajis en 1849, il signifia, au nom de l'Evangile, devant deux mille personnes, à la France, à l'Angleterre, à la Prusse, à l'Autriche, à l'Espagne, à la Russie, qu'un jour les armes leur tomberaient des mains. 11 déclara entrevoir les Etats-Unis d'Europe tendant les bras aux Etats-Unis d'Amérique par-dessus les mers (1).

Plus tard, il s'écriait dans les Châtiments: « Plus de soldats l'épée au poing! plus de frontières! » Dans sa préface au Paris-Guide, il acclamait les Allemands comme nos « concitoyens dans la cité philosophique », « nos compatriotes dans la patrieliberté ». Le l^'^ mars 1871, à l'Assemblée de Bordeaux, il souhaitait à la France de reconquérir la rive gauche du Rhin, mais pour le plaisir d'en faire présent à l'Allemagne en lui disant : « Plus de frontières! Le Rhin à tous! Soyons la même République, les Etats-Unis d'Europe, la paix universelle (2). »

Déjà en 1859, lors du départ de Napoléon III pour la guerre d'Italie,; observe M. Goyau, à qui nous avons emprunté la plupart de ces citations, tirées

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