‹ La conjuration antichrétienneChapitre 65 sur 92 · XXV, p · texte numérisé non relu

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Césars, c'est, nous l'avons vu dans les chapities précédents, la république universelle. La Jérusalem de nouvel ordre qui doit se substituer à la, cité des Papes, c'est le messianisme des nouveaux jours que nous avons maintenant à étudier. Telles sont les deux nefs du Temple que le Pouvoir occulte construit par l'action combinée des Juifs et des maçpns avec lo concours des protestants qui ne voient point que leur haine de Rome les pousse à leur propre ruine. Internationalistes, démocrales et modernistes travaillent plus ou moins consciemment à la même œuvïe.

Dans la construction de la nef religieuse du Temple, le rôle des Juifs devient plus apparent que dans la construction de la nef politique.

Les paroles ci-dessus rapportées fui-ent prononcées dans l'une des premières assemblées de V Alliance israélite universelle par son fondateur, M. Crémieux : « Sous ce nom grotesque, dit M. Edouard Drumont, il y eut un Nazi juif, un prince de la JuiVeriej qui exerça l'influence la plus profonde sur l'évolution du peuple prédestiné, et mena de fi^nt, comme un premier ministre, la politique intérieure et la politique extérieure. » Souv^erain grand-maître du rita écossais, Président de V Alliance israélite universelle, Chef important de la démocratie française, Crémieux incarna la révolution maçonnique en ce qu'elle eut de plus complet. Il prépara et annonça hautement, dans les dernières années de sa vie, le règne messianique, l'époque attendue depuis si longtemps où toutes les nations seront soumises à Israël. Avant de mourir, Crémieux indiqua l'inscription qu'il voulait voir figurer sur son tombeau :

A ISAAC-ADOLPHE CRÉMIEUX PRÉSIDENT DE l'aLLIANCE-ISRAÉLITÉ-UNIVERSELLE

Ce fut son œuvre, en effet, la grande œuvre qu'il glorifiait en ces termes : « L'institution la plus belle et la plus féconde qxii ait été fondée dans les temps modernes. »

Telle qn'elle est constituée actuellement, car elle a dû être précédée d'essais et d'expériences (1) — V Alliance Israélite universelle ne date que du mois de juillet 1860. Elle est ou^^rte au genre humain tout entier, sous la haute direction d'Israël, son programme est « l'anéantissement de l'erreur et du fanatisme et l'union de la société humaine dans une fraternité solide et fidèle. » Sa première assemblée générale eut lieu le 30 mai 1861. Elle est gouvernée par un comité central qui réside à Paris. Il se composait d'abord de 40 membres, il en compte maintenant 60, afin de donner une plus nombreuse représentation aux Juifs des contrées éloignées. A V Alliance se rattachent d'innombrables sociétés juives répandues dans le monde entier. De plus, elle agit plus ou moins directement sur cette multitude de chrétiens et même de catholiques qui, nous l'avons vu, propagent les idées qu'elle a intérêt de répandre et travaillent à la construction du Temple par l'empire que ces idées exercent sur eux et sur ceux qui les écoutent. C'est elle qui dispose, par l'argent, de toute la grande presse européenne, sauf de rares exceptions. Elle eut, avant la guerre, le 3 février 1870, une assemblée, dont Edouard Drumont e cru pouvoir dire : « Cette réunion eut l'importance historique du fameux couvent de Willemsbad où furent résolues la mort de Louis XVI et celle du roi de

1. Dès l'année 1831, il s'est formé, en Allemagne, une association de Juifs et de chrétiens, dont le but, comme celui de V Alliance est de fonder la civilisation religieuse, morale et sociale des Israélites.

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Suède. C'est là qu'on décida l'écrasemerit de la France. »

« Les romans publiés sur la Compagnie de Jésus, donnent r.n peu l'idée de ce qu'est en réalité V Alliance Israélite universelle. — C'est encore Drumont qui parle. — Ce qui n'est pas vrai pour les Jésuites, l'est pour elle. » Les Juifs eux-mêmes ont fait ce rapprochement. L'un des orateurs de l'Assemblée générale du 3 février 1870 y a dit : « En assistant hier à votre séance, j'ai pensé au Juif errant d'Eugène Sue, à cette scène où Rodin dépouillant sa correspondance trouve des lettres ées quatre coins du monde. La comparaison entre ces deux sociétés est juste, quant à l'extension et à l'étendue de ses rapports avec le m'onde, mais elle s'arrête là. Ah! quelle différence entre ces deux œuvres : l'une a des ressorts pour opprimer, l'autre pour affranchir; l'une s'étend pour étouffer la liberté, l'autre pour la donner; l'une veut éteindre les lumières, l'autre les rallumer; l'une répand le froid et la mort, l'autre la chaleur et la vie. » (Bravos). L'Alliance se donne le beau rôle comme le fait toujours la Franc-Maçonnerie et dans les mêmes tenues. L'histoire du temps présent et du temps passé est là pour dire que ce n'est point à elle qu'il appartient.

L'Alliance israélite traite d'égal à égal avec les Puissances. Elle leur envoie des notes, des protestations, des ultimatum que les souverains reçoivent avec humble docilité (1) : la France juive en four-

1. « Tout à l'heure, Israël dispersé depuis dix-huit siècles sur la surface du globe, n'avait plus de centre, plus de représentants, plus de défenseurs des intérêts communs; maintenant tout est changé. Uns société florissante (l'Alliance l. U.) et qui trouve accès auprès des trônes LES PLUS PUISSANTS, est là toujours prête à revendiquer ses droits, à combattre ces hommes qui sont tout à la fois les ennemis de notre race et ceux de la lumière et de la liberté » {Archives israélites, XIV, p. 655, 1867.)

nit les preuves et Crémitetix s'-en est vanté dans les assemblées qu'il présidait.

Que veut-elle? que poursuit-elb? Le « Mesianisins des nouveaux jours, la Jérusalem de nouvel ordre, dont l'empire doit s'étendre au monde entier, de l'Orient à l'Occident, sur les ruines de la cité des Césars et de la cité des Papes, c'est-à-dire, de tout l'ordre politique et de tout l'ordre religieux.

Que faut-il entendre par ce Messianisme des nouveaux jours?

Les Archives Israélites et VUnivcrs Israélite ïious l'expliquent : c'est une transformation du judaïsme qui en fera la religion de tous les peuples gouvernés par une seule et même Convention.

Pour qui observe, l'heure où nous sommes présente le plus soudain et le plus inattendu des spectacles : celui de la marche du juif.

Depuis la dispersion, depuis dix-neuf siècles, le Juif au point de vue religieux était immobile, et voici que tout s'ébranle, tout s'éloigne de la source talmudique où le Juif puisait sa foi devenue immuable. « Aujourd'hui, dit le juif Bernard Lazare, les Juifs d'Europe « ont oublié le sens des antiques cérémonies; ils ont transformé le judaïsme rabbinique en un rationalisme religieux : ils ont délaissé les observances familières, et l'exercice de la religion se réduit pour eux à passer quelques heures par an, dans une synagogue, en écoutant des hymnes qu'ils n'entendent plus. Ils ne peuvent pas se rattacher à un dogme, à un symbole : ils n'en ont pas, en abandonnant les pratiques talmtidiques, ils ont abandonné ce qui faisait leur unité, ce qui contribuait à former leur esprit. Cette marche, il est vrai, est à peine sonsible dans les régions de l'Orient; elle est d'une rapidité prodigieuse en

certaines contrées occidentales. » Il faut voir en cela, dit M. Gougenot des Motisseaux, « le signe éclatant d'une époque nouvelle et le présage d'événements grandioses. »

« Voici, nous- disent les hommes du progrès judaïque, que les effluves de la liberté chassent devant eux les nuages de l'immobile orthodoxie et le Talmud qui, depuis son apparition avait joui d'une autorité inco7itestée, se voit dédaigné et repoussé. Non seulement « l'antique code de Moïse et le Talmud ne sont plus du goût de la majorité, mais les simulacres mêmes de l'orthodoxie offusquent des myriades d'Israélites. » C'est un journal allemand et protestant La Croix, qui fait cette constatation.

Un fait entre plusieurs rapportés par M. Gougenot des Mousseaux, montre jusqu'où va chez les juifs libéraux, le mépris de l'orthodoxie. Un journaliste belge, juif et librcrpenseur, Bérard, fut surpris au théâtre par le choléra qui l'expédia hor^ de ce monde. Ses coreligionnaires de la libre-pensée le portèrent au cimetière Israélite, et là, le grand rabbin de Belgique, Aristide Astruc, déposa sur sa tombe « un juste tribu dé regrets et dC estime pour cet amant passionné de la liberté religieuse. » Le Moniteur des solidaires traita de méprise ou d'inconséquence cette intervention du grand rabbin à l'enterrement d'un libr^^penseur. M. le rabbin lui répliqua : « Bérard était maître de la libre-pensée, nous le savions. Le judaïsme n'exclut personne de ses temples pendant la vie, ni de ses cimetières après la mort... Bérard a pu devenir libre-penseur en restant Israélite. »

« On nous juge toujours au dehors, disent les Archives israélites (1), avec les habitudes d'Eglise éta-

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