CHAPITRE XLIX
Au-dessus des maçons et au-dessus des maîtres de l'œuvre, y a-t-il uu ordonnateur suprême des démolitions religieuses et sociales et un architecte de ledifice auquel elles doivent faire place, l'artisteingénieur du Temple qui doit s'élever sur les raines de l'Eglise?
M. le comte d'Anthémarre a établi dans la Bévue catholique des Institutions et du Droit que « l'Etre suprême en présence et sous les auspices duquel la Révolution a proclamé les « Droits de l'homme » et voulu établir « le culte de la nature » n'était point, dians la pensée des principaux auteurs de la Déclaration et de la religion nouvelle, le Dieu qu'adore le ciel et la terre, mais Satan (1) désigné sous ce nom
1. « Le génie du mal, dit M. Joseph Lemaiin, porte différeoits noms dans l'Ecriture. L2 principal est Satan. Satan
d'Etre suprême ou de « Grand architecte » dans le langage plein de mensonge et d'obscurités calculées que les loges se sont fait pour cacher aux profanes leurs pensées et le but qnie la secte poursnit. C'est à ce dieu qne les vrais initiés veulent élever le Temple symbolique où ils espèrent pouvoir réunir tous les humains sous un même sceptre et dans un même culte.
Pour ce culte, ils ont déjà jeté leur dévolu, sur nos sanctuaires, comme l'avaient fait les théophilanthropes iaprès l'inauguration qui en fut faite par Robespierre. « Si les vieilles architectures élevées par la foi des siècles restent debout, ,a dit un des chefs de lu secte, le triangle y logera la solennité de ses rituels; les curés de Notre-Da,m6 céderont leurs presbytères aux pasteurs du Grand-Orient. » Et le F. • . Blatin à la seconde séance du convent de 1883. « Dans
en hébreu signifie adversaire, l'adversaire! Le diable, qxii est aussi son nom, signifie calomniateur, accusateur mensonger. Il est appelé également le Démon, qui veut dire mauvais génie, tentateur.
» Il est le Démon, le Diable, par rapport aux hommes, les tentant, les calomniant, les accusant mensongèrement. Mais il est Satan par rapport à Dieu; l'adversaire contre Dieul Son rêve est d'être usurpateur. Il a été l'usurpateur dissimulé à l'époque de la déclaration des droits de l'homme. Il est maintenant l'usurpateur avoué par l'apostasie officielle. »
Calomniateur, accusateur mensonger. Oui; et pax là le diable se montre bien le père et le docteur de la Franc- Maçonnerie et de ses suggestions.
Mauvais génie tentateur. Oui, encore, et chacun de nous ne le sait que trop.
Adversaire de Dieu, contre Dieu. Non. Satan est une intelligence trop haute pour vouloir se mesurer contre l'Infini. Mais adversaire de Jésus-Christ, l'Homme-Dieu, le principe de l'ordre surnaturel dans lequel l'orgueil de Lucifer et de ses suivants ne leur a point permis d'entrer let qui maintenant soustrait les chrétiens, les disciples et les membres du Christ à leur domination. Ce que nous verrons plus loin. I ' 1 l "*
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ces édifices élevés de toutes parts, depuis des siècles aux superstitions religieuses et aux .suj)rématies sacerdotales, nous serons peut-être appelés à notre tour à prêcher nos doctrines; et au lieu des psalmodies cléricales, qfui résonnent encore, ce seront les maillets, les batteries ot les acclamations de notre ordre qui en feront retentir les larges voûtes et les vastes piliers » (1).
L'année suivante, le 24 février 1884, le F. : . Masson, délégué de la, loge Les amis de V indépendance reproduisit le vœu du F. • . Blatin, en invoq'uant son autorité.
Ces paroles sont autre chose qu'une vaine jactance.
Déjà, nous sommes témoins des premiers efforts de la secte pour arriver à son but. Nos églises ne nous 'appartiennent plus. Notre présence n'y est plus que tolérée. Quand cessera le bon plaisir de la secte, nous devrons les éviacuer.
En 'attendant le jour où elle jugera bon d'en prendre possession, elle dispose les esprits à accueillir cette transformation, en faisant disparaître peu à peu le nom de Dieu et en glorifiant Satan.
La première partie du programme est visible : toutes les lois, et particulièrement la loi scolaire, sont faites pour la réaliser. La 'mise en pratique du second article doit être plus discrète. On y tend. On sait l'affreux salut adressé à Satan par Proudhon et ce'ui non moins odieux proféré par Renan. Michelet a prophétisé son triomphe et Quinet voulait « étouffer le
1. Dans la discussion du projet de loi sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat, M. Groussau rapporta ces paroles. M. Limousin, directeur de V Acacia, dans une lettre au Figaro, parut mettre en doute l'exactitude de cette citation. M. Groussau écrivit aussitôt au Figaro : « J'en ai le texte sous les yeux dans le « Bulletin du Grand-Orient de France ». pp. 526, 631, 645. »
christianisme dans la boue », afin que la religion de Stitan pût prendre sa place.
Son culte commence à se dessiner. Le nom de temple donné par les francs-maçons à leurs lieux de réunion, l'autel qui s'y trouve, les ornements que portent les dignitaires, les cérémonies qu'ils accomplissent, tout cela indique un culte, un culte qui s'adresse à tout autre qu'à Dieu, à ses anges et ses saints (1).
Lia religion satanique a ses hymnes, même hors des temples mjiçonniques : l'infâme chanson qui met sur les lèvres du peuple chrétien le vœa de voir le Christ relégué à l'écurie et la Vierge à la voirie. Elle a ses sacrements. Il y a le baptême maçonniquo qui fait les « louveteaux »; il y a l'enterrement maçonnique dit « civil », et il y ^ le mariage maçonnique (2). « La chaîne d'union, journal de la franc-
1. En 1893, le palais Borghèse cà Rome, fut donné en location au Grand-Orient d'Italie. Deux ans plus tard, en vertu d'une clause inscrite dans le bail, la franc-maçonnerie reçut l'intimation de délotçer de la partie du palais qu'elle occupait. Le Corriere Nazionale publia alors ce qui suit. Le chargé d'affaires de la famille Borghèse s'étant présenté pour visiter ces appartements et les mettre en état d'être occupés par D. Scipion Borghèse et la duchesse de Ferrari, une salle restait fermée et ne put être ouverte que sur menace d'invoquer la force publique pour enfoncer la port?. Elle se trouvait transformée en « temple satanique ». Le journal en donna cette description : « Les murs étaient tendus de damas rouge et noir; sur le fond il y avait une grande tapisserie sur laquelle se détachait la figure de Lucifer. Tout près était une espèce d'autel ou de bûcher; çà et là des triangles et autres insignes maçonniques. Tout autour étaient rangés de magnifiques sièges dorés ayant chacun au-dessus du dossier une espèce d'œil transtarent et éclairé à la lumière électrique. Au milieu de ce temple, il y avait quelque chose ressemblant à un trône. »
2. Au couvent de 1890, à la quatrième séance, celle du 11 septembre, vint la question des rites funèbres négligés depuis certain nombre d'années. Il sembla d'abord aux
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maçonnerie universelle », dans son n° de janvierfévrier 1881, nous a initiés aux rites de ce sacrement des famiJles vouées à Satan.
Cette religion a aussi ses docteurs. La Tribune pédagogique, journal fait par des instituteurs pour les instituteurs, leur a parlé de Satan en ces termes :
« Pour l'Eglise catholique, Satan, c'est l'ennemi. A ce titre, il est sympathique à beaucoup de gens.
» Satan, c'est non seulement la négation de toute foi religieuse, mais encore la diffusion de toute science. Dans le cerveau des penseurs, il est l'esprit d'examen, de critique et de recherche philosophique, représentant la science et la philosophie liguées contre l'obscurantisme.
» Mais Satan, à titre de protestation contre la doctrine ecclésiastique, représente encore la nature. Il met iau ,cœur du jeune ,homme ce qu'il y a de meilleur au monde et de plus doux: les amoureux désirs. Il allume en nous toutes les généreuses passions : si nous valons quelque chose, c'est à lui que nous le devons. »
Ne l'oublions pas, c'est un journal pédagogique
membres du Convent que la maçonnerie doit s'efforcer d'atteindre au plus vite son but par l'agitation politique et que l'argent dont elle dispose a un meilleur emploi dans cette direction que dans les manifestations symboliques. Mais ce point de vue ne satisfit pas le petit nombre des hauts initiés. Ils sentirent d'instinct un péril dans l'abandon des rites, et ils s'y opposèrent. « C'est que, comme l'observe M. Georges Bois, si la maçonnerie est en dernière analyse, sous son dernier secret, une manifestation du satanisme, elle ne saurait, sous peine de n'être plus elle-même, se passer d'un culte, ni éviter d'insulter en le contrefaisant le culte rendu à Dieu. Les cérémonies maçonniques du baptême, du mariage, du rite funèbre imitent avec effort les cérémonies du culte catholique, en attendant le jour où . la maçonnerie triomphante pourrait prendre possession des églises et des cathédrales des catholiques. » '
qui dicte ces leçons aux instituteurs pour qu'ils les répètent aux enfants.
Les ma^çons italiens, plus hardis que ne le sont, aujourd'hui du moins, les maçons de France, ont fondé à Ancône un journal Intitulé II Lucifer o, à Livourne, un autre journal VAteo. « Satan est notre chef », ont dit les rédacteurs de ces journaux dans leur profession de foi. Ils ont même osé, le mardi du carnaval de 1882, amener Satan sur le théâtre à Alfieri, et à Turin, pour lui chanter des hymnes, lui offrir « leur encens et leurs vœux », et annoncer au peuple son arrivée « sur un char de feu » et son règne prochain sur toute la terre.
L'hymne de Giosue Carducci exprime le vœu que désormais l'encens et les hommages des hymnes s'adressent à Satan, « l'insurgé contre Dieu » (1).
1. Parmi les choses troublantes de ce temps ci, en voici une qu'il faut signaler à une particulière attention :
Un abonné de l'Avvenire d'italia ayant émis la proposition de faire, le premier jour de l'an 1905, un pieux pèlerinage à la maison de ce poêle de Satan, vice-grandmaître de la franc-maçonnerie italienne, la feuille démocrate chrétienne de Bologne s'est empressée de manifester sa pleine approbation.
« L'illustre poète, a-t-elle dit, n'ignore pas que notre admiration pour lui est d'autant plus sincère que nous l'avons combattu quand nous l'avons cru de notre devoir. Notre hommage, en ce moment, et notre initiative, n'en feront que mieux voir le légitime orgueil que nous mettons à porter en toute matière cette sérénité et cette objectivité qui ennoblissent la mission du journalisme. »
Giosue Carducci jouit depuis longtemps de la faveur des démocrates chrétiens : ses Œuvres figuraient au nombre des livres en vente à Rome dans les bureaux de la Société de culture de l'abbé Romolo Murri, alors qu'il était encore considéré par les démocrates chrétiens comme leur chef.
Voici plus étonnant encore. Les Italiens ont fêté, en 1909, le centenaire de la naissance de Carducci. A cette occasion, l'Université de France l'a glorifié en Sorbonne. Mais ce qui passe tout, c'est que l'un des plus qualifiés parmi nos journaux catholiques a consacré son Premier-Paris du 22 juin 1909 à l'éloge du chantre de Satan. « Ce pnôte n'est
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Le 22 juin, à rinauguration du monument de Mazzini à Gênes, fut portée dans le cortège une bannière noire, dont Ija hampe était surmontée d'une statue de Lucifer. Après cette démonstration, le cercle anticlérical de Gênes adressa à VUnita cattolica de Turin, une lettre iannonçant que l'on se proposait de poser, quand le moment serait venu, la bannière de Satan sur toutes les églises d'Italie, notamment sur le Vatican.
De nouveau, le 20 septembre 1883, dans deux faubourgs de cette même ville de Gênes, à Gaprona et à San Fruttuoso, des bannières noires, sur lesquelles avait été biodée l'image de Satan triomphateur, furent portées en grande pompe. Le journal VEpoca dit le lendemain : « Croassez tant que vous voudrez, ô noirs corbeaux agonisants! désormais vos malédictions, vos sermons, vos légendes ne sont plus qu'un écho de cavernes désertes. Satan ne tardera pas à triompher sur toute la ligne. »
Dans le consistoire du 30 juin 1889, Léon XIII s'est vu obligé de protester contre l'exhibition publique du drapeau de Satan dans la ville sainte (1). C'était
pas seulement le plus grand nom de la littérature italienne récente, il s'apparie aux plus illustres du passé ». Ôti a ici un exemple bien remarquable des « influences soiîçneiisoment couvertes » qui parviennent à glisser ce qu'ils veulent dans les milieux les plus catholiques.
1. Quand Léon XIII eut parlé, la « Rivista délia Massoneira Italiana », tome XVI, pp. 356-357), dit : « Vexilla » régis prodeunt Inferni », a dit le Pape. Eh bien! oui, » oui, les drapeaux du Roi des Enfers s avancent... » La même « Rivista délia Massonneira Italiana », avait dit précédemment : X, p. 265, col. 1, lignes 37 et suiv., col. 2, lignes 1 à 25 :
...« Le génie de l'Avenir, notre Dieu à nous, porte » en nous le germe de la nouvelle Loi du Bien... Son âme » nie que le bien être social se trouve à fuir l'animalité » humaine (sic) car le bien-être social est réellenient la » conséquence de l'animalité humaine (sic). L'édifice so-
à l'inauguration de la statue de Gioidano Bruno, moine apostat et perdu de mœurs.
C'est partout que le culte de Satan cherche à s'introduire.
En octobre 1905, un riche Allemand des Etats-Cni^; M. Herman Menz a élevé une statue à Satan sur un monticule qxii se dresse au milieu de sa propriété de campagne, à*peu de distance de New-York. La statue est haute de cinq mètres, sans compter le piédestal. Elle représente Lucifer « accroupi comme un faune sur un rocher et prêt à bondir sur le monde; soiu front est orné des deux cornes traditionnelles et l'une des mains se cramponne au manche d'une fourche. » M. Herman Menz distribue gratuitement des brochures où il proclame sa foi en un diable unique.
En janvier 1906, un club de New-York le Thirteen inscrivit solennellement le diable au nombre de ses membres à vie.
Chez nous (aussi, Satan est glorifié publiquement.
L'ex-abbé Charbonnel, adonné au spiritisme, alors qu'il portait encore la soutane, est venu à Lille faire une conférence, présidée par le F. • . Debierre, et là, dans la chapelle des Rédemptoristes, il a proféré les pires blasphèmes contre Dieu et glorifié Satan.
Un Canadien, M. J. Chicoyne, a raconté dans la Vérité de Québec, lors de la mort de Louise Michel, ce qu'il avait vu et entendu chez nous en 1880.
» cial qui s'écroule a besoin d'une pierre angulaire (trian- » gulaire). C'est lui Notre Dieu qui la posera. Et cette » pierre angulaire sera sur la terre et non pas dans les » Cieux.
» Saluez le génie rénovateur, vous tous qui souffrez, le- » voz haut les fronts, mes FF.-, car il arrive, lui, Satan- » le-Grand. »
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La vierge rouge revenait de l'exil. Une grande démonstration en son honneur fut organisée le 18 septembre. M. J. Chicoyne s'y rendit, en compagnie de deux journalistes piarisiens et un Ltixembourgeois. La salle, présidée par M. Rochefort, pouvait contenir cinq mille assistants. Le mot de Blanqui : « Ni Dieu ni maître » y servât de thème aux tirades les plus hideuses.
« L'un des plus éclatants succès oratoires de la réunion fut remporté par un espèce d'énergumène qui se fit l'apologiste de Lucifer.
« Si la légende des anges rebelles pouvait être » acceptée, dit-il, leur chef devrait être un objet de » vénération. Il fut le premier être qui sut résister » à l'autorité. Il peut être le patron de tous ceux » qui luttent pour la liberté et l'émancipation. »
« Vive Satan! » cria quelqu'un dans la foule.
« Vive S'atan! » répétèrent cinq mille voix avec une chaleur et un entrain tenant du délire.
» C'était un spectacle peu banal que de voir une pareille multitude prise d'un tel vertige pour acclamer l'ange déchu. »
Avant que la populace n'ait poussé ces cris, le monde, le monde des académies avait entendu son journal, le Journal des Débats (n° du 25 avril 1855) réclamer la réhabilitation du démon.
« De tous les êtres autrefois maudits, que la tolérance de notre siècle a relevés de leur anathème, Satan est, sans contredit, celui qui a le plus gagné au progrès des lumières et de l'universelle civilisation. Le moyen-âge qui n'entendait rien à la toléi^ance, le fit à plaisir méchant, laid, torturé... Un siècle iaussi fécond que le nôtre en réhabilitations de toutes sortes ne pouvait manquer de raisons pour excuser un révolutionnaire malheureux que le be-
soin d'action jeta dans les entreprises hasardeuses... Si nous sommes devenus indulgents pour Satan, c'est que Satan a dépouillé une partie de sa méchanceté et n'est plus ce génie funeste, objet de tant de haines et de terreur. Le mal est évidemment de nos jours moins fort qu'il n'était autrefois. Permis au moyenâge, qui \'ivtat continuellement en présence du mal fort, armié, créuelé, de lui porter cette haine implacable... Nous qnii respectons l'étincelle divine par tout où elle reluit, nous hésitons à prononcer des arrêts exclusifs, de peur d'envelopper dans notre condamnation quelqu'atome de beauté. »
Ce que nous dirons plus loin sur la religion de Satan, celle où la civilisation moderne voudrait ramener les chrétiens, c'est-à-dire, le culte de la nature, fera comprendre les raisons de ce plaidoyer du journal des mondains et des intoUectuels en faveur de Lucifer. »
Cette inclination pour Satan vient des juifs.
Dès lavant Notre-Seigneur Jésus-Christ, mais Surtout depuis la dispersion, certains juifs ont pratiqué les doctrines et les rites de la Kabbale noire on magique, qui n'est autre chose que la cfuintessence de l'idolâtrie, la religion et le culte direct des esprits déchus, des démons, enseignant les moyens de se mettre en ilapports immédiats avec eux. « Il est certain, dit le F. • . Eliphaz Lévy, que les juifs, dépositaires les plus fidèles des secrets de la Kabbale, ont été presque toujours, en ma.gie, les plus grands maîtres du moyen âge ». Ce n'est point sans raison que deux fois, dans l'Apocalypse, le pharisien et sa descendfcmce ont été nommés par le divin Sauveur « la synagogue de Satan », c'est-à-dire l'Eglise du diable.
C'est donc des juifs que les Francs-Maçons ont
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reçu le culte qui dans leur pensée doit un jour remplacer le culte du Christ. « Leurs chefs réels, dit M. Gougenot des Mousseaux, vivent dans une étroite et intime alliance avec les membres militants du judaïsme, princes et initiateurs de la Haute-Kabbale ». « Ce sont les juifs, dit aussi le professeur de magie Eliphaz Lévy, qui après en avoir reçu le dépôt des Chaldéens sabéistes, issus de Cham, et qui, d'après une opinion fort accréditée dans la science (magique) étaient les héritiers de la doctrine des fils de Caïn, nous enseignèrent cette science ». « La Kabbale juive, dit de son côté Mgr Meurin, dans son livre La Franc-Maçonne7'ie, synagogue de Satan (1) — et tout son ouvna,ge est pour prouver cette assertion — la Kabbale juive est la base philosophique et la clef de la Franc-Maçonnerie. » Le prêtre apostat, Eliphaz Lévy, que nous venons de citer, ajoute aux paroles reproduites que « les rites religieux de tous les illuminés, Jacob Bœhme, Swedenborg, Saint-Martin, sont empruntés à la Kabbale, et que toutes les associations maçonniques lui doivent leur-s secrets et leurs symboles. »
L'Osservatore Bomano ne pense pas autrement. Le 1er octobre 1893, il publia un article sur la Franc- Maçonnerie où il dit : « La Franc-Maçonnerie est satauiqiie en tout : dans son origine, dans son organisation, dans son action, dans son but, dans ses moyens, dans son code et son gouvernement, parce qu'elle est devenue une seule et même chose avec le judlaïsme. Et même elle est la plus grande force et la principale armée du judaïsme, cherchant à ban-
1. Introduction, p. 7. Voir aussi les trente dernières pages du livre de M. Gougenot des Mousseaux : Le Juif, le Judaïsme et la Judaïsation des peuples chrétiens.
nir de la terre le règne de Jésus-Christ pour lui substituer le règne de Satan » (1).
En 1888, M. Bossane, ancien receveur des postes a Saint-Fjélicien, dans l'Ardèche, donna sa démission de membre de la Loge des amis des hommes à Annonay. Avec un rare courage, il tint à ce que sa démission fût publique; et pour- la. faire connaître, il écrivit une lettre au Cour,rier de Tournon, où il dit : « Fiatigué d'avoir assisté à des réunions tenues à Annoriay, Lyon, Valence, Vienne, Genève et Lausanne, sans avoir rien appris, et ne voulant pas entrer djans les grades suprêmes pour n'avoir pas de serments à garder, j'ai pu me mettre en relations avec de hauts dignitaires de nationalités différentes. Ce que j'ai appris et ce que l'on m'a laissé deviner est épouvantable... Le culte maçonnique est le CULTE DE Satan » (2).
Dans certaines arrière-loges, Satan reçoit un culte c-alqué sur le culte que les catholiques rendent à Dieu (3). Ragou, l'un des écrivains maçonniques qui
1. Jusqu'aux temps marqués, les Juifs sont et seront la nation et l'instrument de prédilection de Satan. Depuis leur déicide, ils sont sa propriété, à peu près au môme titre que l'humanité depuis le péché d'Adam jusqu'à la Rédemption. Le crime des Juifs a été comme un second péché originel sur cette race. Sanguis ejus super nos et super filios nostros !
2. 11 ajoute : « De plus, la Franc-Maçonnerie poursuit l'anéantissement de la France. » ^,
Ceux qui désirent s'instruire sur le culte que la Maçonnerie rend au démon, peuvent lire les cent dernières pages du second volume de La Cité antichrétienne au XIX^ silcle, par Dom Benoît. V. Palmé.
3. Il est une section des chevaliers Kadosch qui rend un culte à Eblis. Eblis est en Orient le nom du démon. Ce nom est particulièrement attribué au serpent qui séduisit Eve. Leur œuvre est de faire disparaître l'hérésie du Nazaréen et de faire régner Eblis sur tout le genre humain. Ils se révèlent par là Juifs Kabbalistes, om disciples des
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ont déployé le plus d'intelligence et de zèle, a publié, en 1844, à Paris, sous le pseudonyme Jean- Marie de V., un livre intitulé : La Messe et ses mystères comparés aux mystères anciens, ou Complément de la science ifiitiatique. Par un renversement du vrai, toutes les parties de la messe y sont présentées comme des adaptations chrétiennes des cérémonies antiques reprises dans les arrière-loges; toutes les fêtes chrétiennes sont rapprochées des fêtes du paganisme; les litanies du Saint Nom de Jésus, les litanies de la T. S. Vierge sont comparées aux invocations qui accompagnaient les processions païennes. "SI. l'abbé Ribet, dans sa Mystique divine, dit aussi : « Il n'y a guère, entre le sabbat des francsmiaçons et celui des sorciers, que des différences accidentelles, le fond est le même, savoir : le culte de Satan, la profanation des choses saintes, les débordements de l'impudicité. »
M. Serge Basset, rédacteur au Figaro, avait exprimé des doutes sur la pratique diabolique des messes noires dans les arrière-loges. Il reçut le lendemain une lettre signée Bl. Ocagn, l'invitant à se trouver le jeudi suivant, à neuf heures du soir, sur la place Saint-Sulpice, un numéro du Matin à la main. IJ s'y rendit, une femme vint le prendre et le conduisit en voiture de l'autre côté de la Seine. Où? Il ne put
Juifs Kabbalistes. Le signe des chevaliers Kadosch consiste à montrer du doigt le ciel et à l'abaisser vers la terre pour montrer que ce qui est en haut doit être précipité en bas. Le vulgaire de l'Ordre comprend par là que l'ordre social, fondé sur l'autorité et sur Dieu sera jeté à terre pour être remplacé par celui de la pure matière. Les Kabbalistes veulent dire que le Nazaréen sera plongé dans les enfers et qu'Ebhs régnera dans les cieux. En attendant ils exercent leur haine sur des hosties qui leur sont livrées pour les trente deniers et apportées des messes matinales entre les feuillets d'un livre ou dans un mouchoir.
SATAN, SA RENTRÉE DANS LE MONDE l'^l
le dire. Le 27 mai 1899, il donna dans le Matin le compte-rendu de la soèr\e à laquelle il avait assisté. Sur un iautel se trouvait lun bouc vivant devant lequel l'assemblée, hommes et femmes, chantait « Gloria in profwidis Satanil... » Un officiant se revêtit d'un costume sacerdotal et commença une parodie de la messe. Il s'interrompit comme fait le prêtre, pour prononcer un discours, et il dit : « Nous sommes ici pour refaire la royauté de Satan, le Grand, le Be^u, le Suave. A force d'outrager le Christ, nous abolirons sa gloire et nous replacerons le proscrit dans sa suréminente dignité. Un jour, le Prince de ce monde, Satan, notre maître, triomphera du Christ et sera adoré comme vrai Dieu. » Après le discours vint le sacrifice, où l'obscène le disputa à l'horrible, et une immonde priàpée suivit le sacrilège et se consomma dans le sang (1).
1. Mgr Méric reçut, à l'occasioa de ce rjcit, uae lettre lui demandant ce gu'il fallait en croire.^ En réponse, il le reproduisit dans sa Revue du Monde i:icisible, et il ajO'uta : « Notre excellent ami M. Lidos nous a affirmé souvent la réalité de ces messes noires; il nous a indiqua sur la paroisse de Saint-Sulpice et ailleurs, les lieux où l'on pouvait s'assurer de ces parodies sacrilèges et de ces pratiques infâmes qui expUquent le vol trop souvent constaté des hosties. Elles prouvent aussi la réalité substantielle de Satan contestée par des esprits légers et orgueilleux. Cependant, nous ne réproduisons cpi'à titre de document et sans nous prononcer sur la question de fond, l'article du journal de Charleroi (qui avait reproduit le Matin)... Nous cro^-ons à l'adoration de Satan dans la messe noire, devant la croix renversée, nous croyons aux profanations des Saintes Espèces et aux scènes abominables d'immoralité satanique dont il est parlé dans ce récit. » Bévue du Monde invisible. Juillet 1899.
Mgr Méric ne donna dans ce numéro que la première partie du compte-rendu du Matin. II lui répugna de donner la suite au numéro suivant. 11 reçut de France, de Belgique, des Antilles danoises, des lettres lui en demandant la continuation. Un habitant de Tours lui écrivit : « Je crois à ces messes avec Gorres, Ribat et tous les mystiques et théolo-
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Satan Veut toujours obtenir de la part des hommes l'adoration qu'il a briguée dès le commencement : « Je monterai au ciel, j'établirai mon trône au-dessus des astres de Dieu; je m'assiérai sur la montagne de l'Alliance aux côtés de l'Aquilon, je me placerai au-dessus des nuées les plus élevées, et je serai semblable au Très-Haut (1). »
Il a obtenu du paganisme ce qu'il désirait. Mais Jésus-Christ est venu et a mis dehors le prince de ce monde.
Depuis, il n'a cessé de faire effort pour y rentrer. A cette iin, il s'est principalement servi des juifs. Car, comme le dit fort bien le P. Bonniot, le démon n'entre d'ans le monde matériel que sous le bon plaisir du tenancier ou du Seigneur; le Seigneur : Dieu; le tenancier : l'homme à qui Dieu l'a donnée terram dédit flliis Jiominum. Adam, par son péché, lui en a ouvert la porte. Jésus-Christ l'en a chassé, egredietur foras. Mais il reste toujours loisible à l'homme de l'y r'appeler, soit simplement, dans son âme par le péché, soit pour des rapports extérieurs par l'emploi de certaines observances.
Ce n'est point Dieu qui alors déchaîne Satan, mais notre impiété et notre infidélité. Les démons n'ont jamais eu et n'auront jamais d'entrée dans notre monde — nous le démontrerons plus loin — qu'autant que l'homme a voulu ou voudra leur en donner.
Aussi bien qu'autour des fidèles, ils rôdent comme des lions rtigissants autour des peuples qu*ils n'ont
gieas. Il n'est pas inutile d'en parler, ne serait-ce que pour provoquer des amendes honorables et des réparations. » Un autre correspondant de Paris : « Nous avons fait une enquête : les informations de l'informateur du Matin sont puisées à bonne source. Les faits racontés dans cet article sont réels. » Bévue du Monde invisible. Février 1900.