‹ La conjuration antichrétienneChapitre 85 sur 92 · Revue du Monde invisible, janvier · texte numérisé non relu

Revue du Monde invisible, janvier

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à des lucifériens? » (1) Il opine poar la secle des lucifériens ou des Palladistes; « cfui englobe, dit-il, le vieux et le nouveau monde, cpii possède un antipape avec sa curie et qui poursuit ce but d'abattre le catholicisme partout et de préparer le règne de l'antéchrist. »

Il est à noter que les principaux dans les différentes sectes dont nous par'.erons ci dessous sont généi^alement francs-maçons et d'autant plus élevés en gi^ade dans la maçonnerie qu'ils sont initiés davantage aux mystères de leur secte respective. Depuis que la maçonnerie du Grand Orient de France se voit découverte, que l'on connaît son organisation et ses agissements, depuis surtout qu'elle est ouvertement engagée dans la lutte politique et sociale, il s'est formé derrière elle, et pour ainsi dire en seconde ligne, une franc-maçonnerie plus mystérieuse qui remet en honneur tous les anciens rites des Templiers, des Albigeois, des Cathares, des Gnostiques, etc. Ces rites ne sont pas vides de sens et le culte qu'ils constituent n'est pias sans objet. C'est la religion du diable. Elle constitue pour la société actuelle le plus terrible danger.

Cette secte se divise en plusieurs branches, Kabbalistes, Théosophes, Martinistes, Occultistes, Lucifériens proprement dits. Celle qui a le plus d'étendue et embrasse le plus grand nombre d'individus, est celle des spirites. M. Jules Bois affirme que les adhérents de ces diverses sociétés sont plus nombreux que

1. Le satanisme est le culte du démon. Le Luciférisme est la dernière poussée de la Gnose et de l'Albigéisme. Pour lui, le Diaii de l'Ancien et du Nouveau Testament est le dieu mauvais, hostile au progrès, irrité contre le progrès s^cientifique. Lucifer est le dieu bon, le pivot de l'évolution universelle, l'aiguillon des é'ans passionnels. Les révolutionnaires sont ses saints.

les juifs et les protestants réunis. « Dans chaque ville, dit-il, de Belgique, de France, d'Italie, de Hollande, d'Angleterre, (je parle des pays qu'en Europe j'ai particulièrement visités) il existe des groupes spirites. En dehors et à côté se forme une petite élite qui est occultiste, martiniste ou théosophe. »

L'occultisme échappe aux définitions précises. On peut dire que c'est une philosophie tenue secrète, généralement exprimée par des symboles. La magie est la fille de l'occultisme. Mages et occultistes usent de procédés qu'ils prétendent scientifiques pour se mettre en rapports avec les « puissances occultes ». Les jeunes gens sont attirés dans ces associationsi par la curiosité d'expériences qui, penseri-ils, vont leur faire découvrir les « forces ignorées de la nature ». On leur dit qu'il existe un « entraînement » qui permet chez les hommes arrivés à un certain degré d'évolution de développer l'échelle actuelle de réception des sens et pour eux d'agrandir indéfiniment le monde. Quand les pouvoirs intérieurs de l'homme seiont ainsi développés, la nature révélera ses énergies cachées : les humains ne seront plus des « mortels », ils auront placé le pied sur le chemin de la divinité.

Téosophie, occultisme, maitinisme, etc., sont des formes diverses de l'antique gnose des deux ou trois premiers siècles du christianisme, fondée par les juifs pour étouffer la doctrine chrétienne dans son berceau. Elle fut réorganisée en France en 1890 par Jules Doinel, revenu après ses égarements au catholicisme avec des marques non équivoques d'une vraie conversion.

Le Gnosticisme a aujourd'hui une organisation hiérarchique, comme nous le verrons. Il a aussi une doctrine renouvelée de l'ancienne Gnose. Il public

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deux revues. La Gnose, revue mensuelle des sciences ésotériques. C'est l'organe d'un groupe gnosticfue dirigé par le D^* Fabre des Essarts qui se dit successeur de feu Doinel et se fait appeler Synesius, archevêque de Paris et évêque de Montségur. Le Réveil gnosiique^ autre revue paraissant tous les deux mois, est l'organe du Di" J.-B. Bricaud se disant : S. B. Jean II, souverain Patriarche. Le siège de cet organe est à Lyon. La plupart des initiateurs de ce mouvement gnostique sont lyonnais.

Les gnostiques ont fondé plusieurs librairies pour répandre leurs publications et toutes celles qui s'y rattachent, c'est-à-dire, la réédition ou traduction des œuvres des anciens hérétiques.

Pour être admis dans la Gnose; il faut confesser les deux dogmes fondamentaux de la Gnose restaurée : la foi à l'émanation et le saint par la science (Gnose). Le dogme de l'émanation est opposé à celui d'un Dieu créateur. Le salut par la science) est opposé au salut par la foi.

On entre dans l'Egase gnostique par l'imposition des mains de l'évêque gnostique. Ceux qui l'ont reçue sont appelés les Pneumatiques. Il y a un second degré, celui du diaconat; et un troisième, l'épiscopat. L'évêque est élu par l'assemblée des fidèles et des diacres. Son élection est soumise à l'approbation du Très-haut synode composé de tous les évêques et de toutes les Sophies (Les femmes élevées en grade dans la Gnose); et il a pour président à vie, !e patriarche gnostique, chef temporel de l'Eglise gnostique dont Sophie céleste, lisez Luciter, est le chef spirituel et invisible. L'évêque élu reçoit ses pouvoirs de juridiction par «n sacre. Chaque évêque gouverne son diocèse composé de plusieurs groupes auxquels sont préposés un diacre et une diaconesse.

Le Patriarche correspond aTe3 les Paissances maçonniques qui le reconnaissent. Ils ont un culte qu'il est inutile de décrire. Qu'il suffise de dire que le rituel gnostique est imprégné de liturgie catholique. Les formules catholiques masquent l'œuvre liuciférienne. Lucifer s'y entend attri'buer les textes sacrés et la prière qu'on ne doit dire qu'à Dieu. Les cérémonies catholiques sont adaptées au dogme Valentinien (1). Les ornements épiscopaux dont se servent les prélats gnostiques offrent plus d'un point de ressemblance avec ceux des prélats légitimes.

La théosophie se dit l'essence même des religions passées, présentes et futures. Son bureau central est à Londres. Elle s'est répandue peu à peu sur le globe, aux Jndes, en Australie, en Nouvelle-Zélande, aJix Etats-Unis, aux Antilles, en Suède, en Allemagne, en Italie, en Hollande, en Angleterre et en France (2).

La section française a son siège, 59, rue de La Bourdonnais; elle comprend 25 branches et un certain nombre de centres en activité; elle publie le Bulletin de la Section française de la Société théosophique (3).

En mai 1907, M. Chacornac a organisé un congrès occultiste dans l'amphithéâtre du Grand-Hôtel des sociétés savantes, à Paris. Ce congrès a émis le vœu : 1° que les pouvoirs publics favorisent officiellement l'application de la Psychothérapie à la régénératKon

1. Valentin, hérésiarque du Ile siècle, est l'un des auteurs de la Gnose et du dogme de rémanation.

2. Jules Bois. Le monde invisible. Mme Blavalski est considérée comme la fondatrice de la secte des Théosophes, dirigée actuellement par une Américaine, Mme Besant.

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