Tusculanes, I
die, au cap ïénare, à Héraclée dans le Pont, à Cumes. Ce n'est peint seulement la. populace qui ajoutait foi à ces pratiques. Péiiandre, l'un des sept sa.ges, envoie consulter l'âme de sa femme qu'il a fait égorger (1). Pausanias évoque lui-même l'âme d'une jeune fille qu'il a tuée (2); les magistrats de Sparte font évoquer par des nécromanciens de Thessalie l'âme de ce même Pausanias (3); Libo Drusus est mis à mort par Tibère pour avoir commis un crime de lèse-majesté pendant qu'il se livrait à la nécromancie; le grammairien Apion évoque l'ombre d'Homère pour l'interroger sur sa patrie et ses parents (4).
Ces mêmes évocations furent pratiquées au moyen âge par les sorciers et les mages (5). Elles ont pris de nos jours une fréquence, des accroissements, et une importJance qui autorisent les plus inquiétantes prévisions.
Le spiritisme peut donc se définir un système de relations extra-naturelles des hommes aVec les purs esprits. Le spiritisme possède et emploie les moyens de franchir, à volonté, dit-il, la barrière qui sépare notre règne humain de celui des purs esprits, et c'est la coordination plus ou moins heureuse de ces moyens qui constitue tout système de spiritisme.
Assurément, les cas de tromperie ou d'erreur sont fréquents, mais les faits bien caractérisés comme extra-naturels sont si nombreux qu'ils ne peuvent se compter et ont é'é si parfaitement observés que Je doute à leur égard n'est point possible.