ACTE CINQUIÈME. Ii
, GON.NEI.IN , avec effort.
Pardon !
Il lève le cornet et lai»»e retomber sa main, en sanglotant.
Je n’y vois plus!... mon âme tout entière...
CO N DE , l'interrompant.
Vrai Dieu! mons Gonnelin, vous gâtez le métier!
Parce que deux cent vingt belltrcs à mortier Ont requis le bourreau de me couper la tète,
Faut-il, en attendant, pleurer comme une bète ,
Et perdre une minute il regretter si fort
La vio? — un passe-dix dont la rafle est la mort?
D'honneur! j'y tiens très-peu depuis mon aventure,
Et je trouve à propos do rendre à la nature,
— Pour qu'elle puisse en faire autre chose à son gré, —
La carcasse d'un sot qu'une femme a leurre!...
Arec émotion et désespoir.
Dire que jp l'aimais bien plus que tout au monde!...
«ONNELIN.
Hélas!...
CO N DÉ
Un tel échec veut une nuit profonde,
Et je ne connais rien d'aussi piètre, au grand jour,
Qu’un coffret sans doublons — et qu’un cœur sans amour!
Montrant le cornet à Gonnelin.
A toi, mon brave, à toi!
Gonnelin reste anéanti.
Si tu n'es pas plus drôle.
J'ignore dans quel but tu t’es fait mettre en geôle!
Le vieux Brisson suffit à mon amusement.
Ce digne scélérat n’a pas tout l'agrément
1*6 LA CONJURATION D’AMBOISE
Qu'il attendait d'abord de son petit négoce :
J’aplatis son orgueil sous ma gaité féroce,
Si bien qu’il ne sait pas, dans ce duel hasardeux,
Lequel est aujourd'hui le plus blessé des deux ,
■Et parfois se demande, étonné que jo rie.
/ Jusqu’à quel point sa femme a sauvé la patrie.
C’est ma vengeance, à moi. — Tu comprends bien cela?
Montrant de nouveau le cornet.
Sandis!.. si lu ne peux vider ce cornet-là,
Prenant un flacon et emplissant un verre.
Sèche l'autre à l'instant... C’est un fort bon remède. L’humide radical a chez toi besoin d’aide.
Bri«»on entre.
A ta santé, pleurard...
Il élève son verre.