‹ La conjuration d'Amboise drame en cinq actes, six tableaux en versChapitre 99 sur 116 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Les Mêmes, BUISSON.

CONDK.

A la vôtre, Brisson...

Il boit.

Vous vous porterez bien...

Faisant claquer sa langue.

C’est du vrai jurançon..

Se frappant la tête.

Diantre I Nous eussions dû débuter par les dames.

C'est à recommencer...

A C.onnelin.

Lève ta eou|>e... aux femmes!...

A ce sexe adoré, fidèle et ravissant...

U lu* il avec componction.

ACTB CINQUIÈME. 1*7

BRISSON, à Gonnelin.

Il faut sortir, monsieur !

GONNELIN.

Moi?

BBISSON.

Vous... ordre pressant.

CO N DÉ, posant virement son terre.

Ordre pressant, de qui?... La forme est un peu dure...

♦ A Brisson.

Heureusement, bonhomme, on sait sa procédure :

L’arrêt du Parlement, consigné sur velin,

M'ampute do la tête... et non de Gonnelin.

Vous plaisantez...

Il lai tourne le dos.

BUISSON, froidement.

Non pas!

CONDÉ, 4 Gonnelin, montrant Brisson, arec hauteur.

Il répond, ce me semble 1

BRISSON, so redressant.

Mieux encore, — il agit...

Appelant des gardes.

A moi, tous quatre ensemble...

Montrant Gonnelin.

Qu’on l’emporte...

Les gardes s'approchent GONNELIN, avec an cri déchirant.

Mon maître !...

LA CONJURATION D’A.M BOISE

CONDÈ, .‘interposant cotre Gonnelin et tes génies.

Ils ne te feront rien...

Aux gardes.

Je m'appelle Comté, drôles, songe /.-y bien!

Je suis cousin du roi, prince du sang.

Les gardes hésitent.

B RI SS ON, froidement.

Vous êtes

Un simple condamné, dont les chaînes sont prêtes!

CO N H K, cherchant instinctivement son épée absente.

Misérable! *

üonnelin se précipite sur Cm» lé pour le retenir. BUISSON.

A quoi bon ces airs malencontreux?

Vous pesez moins, ici, que le dernier d’entro-eux.

Car l’inflexible loi qui de vos jours dispose D'homme que vous étiez fait de vous une chose!

COX D É , snisissnnt une bouteille.

Attends!...

Tous les gardes restent en place, devant l'air déterminé du prince. GONNELIN, le tenant toujours, aux gardes.

Mon pauvre maître! Ah ! messieurs, laissez-moi !... Je peux baiser sa main sans offenser le roi !...

Dans la fatalité sinistre qui l’enlace,

Ma place est à ses pieds... une petite place 1...

Comme elle était aux jours de la prospérité !

Baissant la voix.

Lui ne sait pas encor toute la vérité.

Moi. je comprends !... voilà, messieurs, pourquoi je pleure! Laisse/.-moi là, messieurs !

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