‹ La conjuration de CatilinaChapitre 11 sur 89 · Sali., CatiL · texte numérisé non relu

Sali., CatiL

2. Tite-Live, XXXIV, 4 : Jam in Graeciam Asiamque Iranscendimus, omnibus Ubidinum illecebris repletas.

qu'on prit Fhabitude de soigner les repas, que le cuisinier gagna en importance « et de son métier, le dernier de tous auparavant, fit un art * ». Salluste remonte un peu moins haut; c'est Sylla qu'il rend responsable de l'effroyable corruption des mœurs de son temps-, et je crois qu'il a raison. C'est bien en effet après que Sylla fut revenu de l'Asie, qu'il eut ramené son armée « de ces lieux enchanteurs, où elle s'était accoutumée à faire l'amour, à boire, à piller les particuliers et les temples pour y prendre les statues, les tableaux, les vases ciselés », que le mal est à son comble. Il a perdu surtout l'aristocratie. Chez elle, la fortune, venue brusquement, a enflammé le goût de la dépense, et la dépense a vite dévoré la fortune. Il y eut sans doute de grands seigneurs, comme Crassus, qui ne cessèrent d'accroître leurs richesses par des spéculations fructueuses. Quelques autres, comme Pompée, prenaient des parts, ou, comme on dirait de nos jours, des actions, dans les banques des fermiers de l'impôt et s'associaient à leurs bénéfices; d'autres, encore plus avisés, comme Brutus, l'austère Brutus, se cachant sous des intermédiaires complaisants, prêtaient leur argent à 48 p. 100 aux rois et aux villes endettées de l'Asie; mais c'étaient des exceptions, le plus grand nombre avait tout perdu. « A Rome, disait le tribun Philippus, il n'y a pas deux mille citoyens qui aient un patri-

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