Gic, Pro Caelio
des CalUinaires ou celui du Pro Cœiio, était le véritable, lorsque parut le livre de Salluste. Il contenait un portrait du personnage qui dut sembler aussitôt le définitif. Il y était traité d'une façon plus impitoyable encore que Cicéron ne l'avait fait dans ses discours les plus violents; et, comme l'auteur promettait d'être impartial, et qu'il n'avait aucune raison de ne pas l'ôtre, que la lutte était finie depuis plus de vingt ans et les passions éteintes, Salluste entraîna Topinion vers la sévérité. Catilina devint alors pour tout le monde le type accompli du conspirateur. Virgile le précipite sans hésiter dans les enfers, place auprès de lui les Furies, et l'attache à un roc, comme Prométhée :
et te, Catilina, minaci Pendenlem scopulo, Furiarumque ora trementem i !
Je n'ai aucune intention d'en appeler de ce jugement; personne, dans l'antiquité, ne l'a jamais contesté. Ce qu'on peut faire, c'est d'étudier d'aussi près que possible les renseignements qui nous sont donnés, de les rapprocher, de les expliquer, et d'essayer d'en tirer, s'il se peut, une tigure vivante.
Salluste a bien raison de commencer son portrait de Catilina en disant qu'il était d'une noble maison, car sa naissance peut servir à nous faire comprendre son caractère. La gens Sergia^ à laquelle il appartenait, était, comme on disait alors, une famille troyenne,c'est-à-dire qu'elle prétendait descendre d'un des