Sali., Càtil
Ce petit Sabin d'Amiterne, quoiqu'il sortît d'une famille inconnue, était arrivé à Rome avec un désir immodéré de se faire vite un nom, de devenir un homme illustre. « Tous les eflbrts des hommes, nous dit-il, doivent tendre à ne pas traverser la vie sans faire parler d'eux; autrement ils ne diff'èrent en rien des bêles, qui vivent courbées vers la terre et asservies à leurs appétits grossiers *. » On remarque que ces grands mots de gloria, de fama^ de claritudo^ d'immorlalitas reviennent souvent dans ses prologues. Cette célébrité qu'il paraissait souhaiter avec tant d'ardeur, il l'avait demandée d'abord à la politique, et elle la lui avait refusée; mais il pouvait s'adresser ailleurs pour l'atteindre. Comme il aimait les lettres, il n'ignorait pas « que les arts qui sont du domaine de l'esprit offrent beaucoup de moyens d'arriver à la renommée^ ». Pendant sa jeunesse, il avait eu un moment la pensée d'écrire l'histoire; il y revint dans son âge mûr. 11 était d'autant plus certain d'y être vite remarqué que Rome n'avait pas eu encore de grand historien, et que, comme il le dit lui-même, « la postérité ne garde pas seulement le souvenir de ceux qui font des actions d'éclat, mais de ceux aussi qui les racontent ^ ».
A l'époque suivante, dans les premières années du principat d'Auguste, on vit avec surprise quelques