Pro Sulla
torales, une autre infériorité, dont Quintus est préoccupé. Le jeune noble n'a pas besoin de se faire une clientèle. Le jour où il plaide sa première cause, celui où il paraît pour la première fois au Champ de Mars pour demander une fonction publique, il est sûr que des clients viendront en foule le prendre dans son atrium, qu'ils l'accompagneront dans les rues de Rome et le ramèneront jusqu'à sa porte. Ils ne le connaissent pas, ils ne savent de lui que son nom; mais ce nom, ils le respectent, ils le vénèrent : c'est celui sous le patronage duquel, de père en fils, ils sont habitués à se ranger. Or, à Rome, c'est une des premières conditions de succès pour un candidat de ne se montrer jamais en public qu'entouré d'un cortège imposant ; on n'a de considération pour lui que s'il traîne la foule à sa suite; il lui faut, dit Quintus, vivre toujours avec la multitude, esse cum multiludine^. Ces amis qui doivent venir le saluer le matin à son réveil, ces clients qui le suivent et l'écoutent au Forum, Cicéron, malheureusement pour lui, ne les a pas trouvés, comme les patriciens, dans l'héritage de sa famille et il a été forcé de se les procurer à luimôme. Il y a pris grand'peine. D'abord, il s'est fait le champion de l'ordre des chevaliers, auquel il appartenait par la naissance, et qu'il a toujours soutenu de son autorité et de sa parole. Ils ne sont pas nombreux, mais ils sont très riches el leur inlluence est considérable. H a aussi pour lui les amis qu'il s'est