‹ La conjuration de CatilinaChapitre 27 sur 89 · Suétone, Aug., 4G · texte numérisé non relu

Suétone, Aug., 4G

Quelques années plus lard, la question fut résolue, mais d'une manière différente et plus radicale. Tibère supprima les comices populaires et personne ne vota plus que le Sénat, où les provinciaux comptaient des représentants très distingués. C'est ainsi que tous les citoyens furent mis sur le même pied, ceux de la ville et ceux du dehors, que Rome cessa d'être l'État tout entier, ce qu'elle était autrefois, pour n'en être plus que la capitale, et que l'impérialisme, comme nous disons aujourd'hui, put définitivement s'établir.

Quintus n'ignorait pas que les villes italiennes songeaient, dès cette époque, à profiter de leur droit de vote; aussi annonce-t-il à son frère, comme une chose assurée, qu'elles vont envoyer « une multitude de citoyens qui voteront pour lui ». Et non seulement ils arriveront en grand nombre, mais il faut croire qu'il en viendra de très loin. Dans une lettre à son ami Atticus, Cicéron lui apprend qu'il va faire une tournée électorale sur les bords du Pô, « car, lui ditil, les suffrages de la Gaule sont fort à ménager* ». La Gaule se prépare donc aussi, malgré la distance, à envoyer à Rome des électeurs, et ces électeurs seront favorables à Cicéron, qui est sorti, comme eux, d'un municipe. Il n'est donc guère douteux qu'aux élections du mois de juillet 690, les gens des municipes italiens étaient nombreux au Champ de Mars. Nous le savons de ceux d'Arpinum et de Réate; nous pouvons le soupçonner de beaucoup d'autres -.

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