‹ La conjuration de Catilina [microform]Chapitre 45 sur 85 · LA CONJURATION. J · texte numérisé non relu

LA CONJURATION. J

tique, non pas en conseillère discrète, et comme derrière un voile, ce qui était souvent arrivé, mais ouvertement, au grand jour. Prendre part î^ une œuvre de violence qui allait révolter les honnêtes gens, n'était-ce pas une façon éclatante de rompre avec l'ancienne société et d'affirmer son indépendance?

On voit bien les raisons que pouvaient avoir Sempronia et les autres pour écouter les propositions de Gatihna; mais Galilina, quels motifs avail-il de les leur faire? Il est difficile de croire Appien, qui nous dit qu'elles devaient lui apporter l'argent dont il avait si grand besoin, quand on sait que la plupart d'entre elles n'élaient pas plus riches que lui. L'opinion de Salluste est plus vraisemblable ^ Il prétend que, comme elles avaient conservé, malgré leur détresse, un grand train de maison, il voulait profiter de cette multitude d'esclaves, qui remplissaient leurs demeures, pour mettre le feu à Rome, quand le moment serait venu. Salluste ajoute que Gatilina comptait aussi sur elles pour gagner leurs maris à sa cause, ou, s'ils refusaient, pour les assassiner. Ce ton de parfaite indifTérence avec lequel, à la fin d'une phrase, sans ajouter un mot, il nous donne ce détail atroce, montre bien qu'il n'en éprouvait aucune surprise. La femme romaine, en général, n'est pas tendre et douce de sa nature. Dans celle que le paysan du Latium ou de la Sabine choisit « pour lui donner des enfants ^ »,

Page 1