LA CONJURATION. 13S
donc pas trompé lorsque, avant Gésar, il avait pris Sittius pour un de ses lieutenants, mais il fut moins heureux avec les autres. G'étaient des gens sans expérience, tourmentés du besoin d'agir plutôt que d'agir à propos, et qui échouèrent partout. « Ils s'agitaient sans réflexion, dit Salluste, et comme pris de vertige; ils voulaient tout faire à la fois, tenant des conciliabules nocturnes, faisant transporter des armes au hasard, se hûtant sans motif, semant le trouble partout; en un mot, plus alarmants que dangereux*. » Là, comme ailleurs, Gatilina fut mal servi par les agents qu'il employait. Ge n'est pas une raison de méconnaître qu'il eut en général plus de succès dans ce qu'il fit directement par lui-même. Au temps des Philippiques, Gicéron le comparait à son nouvel ennemi, Antoine, et il disait que, s'ils étaient aussi scélérats l'un que l'autre, il y avait chez Gatilina plus d'intelligence et d'activité, et il vantait la rapidité avec laquelle il avait su faire de rien une armée ^\ Il faut remarquer que cette armée était surtout composée de vétérans. G'est leur première apparition dans l'histoire de cette époque ; ils vont y tenir une plus grande place encore avec Antoine et Octave. Il n'en est pas moins vrai que c'est Gatilina qui a compris le premier le genre de services qu'on pouvait leur demander.
Quant aux conjurés de Rome, comme il n'est guère question que des plus importants, et qu'ils appar-