‹ La conjuration de Catilina [microform]Chapitre 80 sur 85 · Voyez le début de la quatrième Catilinaire · texte numérisé non relu

Voyez le début de la quatrième Catilinaire

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la vivacité démonstrative de ces natures méridionales. La situation était vraiment étrange : le Sénat se trouvait entre deux dangers, celui qui le menaçait de la part des conjurés, s'il était trop indulgent, et celui que César lui faisait entrevoir, s'il était trop sévère; il avait Talternative d'être victime de Lenlulus et de ses complices, ou des vengeurs de Lentulus et il ne savait quel parti prendre. Dans cette incertitude, tous les yeux se tournaient vers le consul. On s'était habitué à le voir, depuis quelques mois et surtout dans ces dernières semaines, conduire les événements; c'était lui, et lui seul, qui venait de tirer la république de tous ses embarras. On comptait sur sa parole souveraine pour faire la lumière et rendre le calme; tout le monde souhaitait qu'il parhU. C'est dans ces conditions que fut prononcée la quatrième Catitinaire.

Par malheur Gicéron n'était pas exempt de ces inquiétudes qu'on lui demandait de calmer. 11 était naturel qu'il les éprouvât plus que les autres, puisqu'il comprenait bien que sa situation rendait sa responsabilité plus lourde. Avec son bon sens perspicace, il était convaincu d'avance qu'il paierait pour tout le monde. Sans doute il était décidé à faire son devoir jusqu'au bout, mais au moment même où il en prenait la ferme résolution, sa vive et mobile imagination le mettait en présence de l'avenir, et il ne pouvait s'empêcher d'en être effrayé. De là ces rapides successions de courage et de faiblesse qui se rencontrent déjà dans les premières Caùlinaires, mais

r|ui sont plus fréquentes dans la quatrième. Il est sous l'impression des menaces de César quand il j)rend la parole, et ne parvient pas tout à fait à cacher l'émotion qu'elles lui ont causée. Cependant son début est énergique; il supplie ceux qui l'entourent et qui viennent de lui témoigner leur sympathie d'une façon si bruyante de ne pas s'occuper de lui, et de ne songer qu'à la république : « Quoi qu'il m'arrive, je le supporterai sans me plaindre, et même avec plaisir, si mes malheurs servent à la gloire et au salut du |)euple romain ». Sa vie môme, tant de fois menacée par Catilina, il est prêt, s'il le faut, à en faire le sacrifice. C'est à celte occasion qu'il prononça cette phrase (ju'on a si souvent citée dans les rhétoriques, comme un modèle de période bien faite : « La mort ne peut être ni honteuse pour un homme de cœur, ni prématurée pour un consulaire, ni misérable pour un sage, neque euim turpis mors forti vira potest accidere^ neque immalura consulari^ nec misera sapienti ». Après tout, ce n'étaient pas seulement de belles paroles; ce ([uil a dit, il le pensait. N'oublions pas qu'il est mort pour la république; sachons-lui gré de l'avoir prévu et de s'y être résigné d'avance. Mais aussitôt après ces résolutions viriles, les inquiétudes le reprennent, et il ne nous les cache pas. Elles se manifestent par un tableau de sa famille éplorée, dont les larmes paralysent ses forces. « Je ne suis pas de fer », nous dit-il, et il nous dépeint d'une façon touchante, mais assez peu opportune, la douleur de son frère et de son gendre, Pison, qu'il a sous les yeux,

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celle de sa femme et de sa fille, « désolées, éperdues », dans sa maison, où il nous Iranspoiie. Ces alternatives se reproduisent dans tout le discours. Nous avons vu que c'est par elles qu'il Ta commencé; c'est par elles aussi qu'il l'achève. Après avoir, dans ses dernières paroles, fièrement annoncé que son parli continuera d'être triomphant, « et que la ligue sacrée des honnêtes gens aura toujours raison de la violence des factieux », il se ravise tout d'un coup pour laisser entendre qu'il est bien possible qu'il se trompe, et pour recommander, si les méchants l'emportent, son fils, qui vient de naître, à la reconnaissance du Sénat. Nous sommes surpris et choqués de ces passages subits de la confiance à la frayeur; il est très vraisemblable que ceux (jui l'entendaient ce jour-là en furent moins étonnés que nous. Ces sentiments contraires se combattaient dans leur ûme comme dans la sienne; mais il faut bien reconnaître que ce n'est pas un bon moyen, pour dissiper les alarmes des autres, de leur montrer qu'on les partage.

Ce qui est encore moins fait |)our amener des gens irrésolus à prendre nettement un parti et à s'y tenir, c'est de leur laisser voir qu'on n'est pas décidé soimême. Or Cicéron, pendant tout son discours, n'a pas dit une seule fois d'une manière claire, définitive, ce qu'il conseille de faire. Deux opinions sont en présence, qui sont au fond très dilîerentes; toutes les deux paraissent le satisfaire également, parce qu elles ont l'une et l'autre la prétention d'appliquer aux prévenus la peine la plus grave. Il est vrai que cette

peine est pour Silanus la mort, pour César la prison. Mais qu'importe? « Tous les deux ont tenu le langage (|ui convenait à leur rang et fait voir une sévérité proportionnée à la grandeur de la faute. » Le raisonnement de César est pris tout à fait au sérieux. Il le complimente de la rigueur avec laquelle il traite les conjurés. Il y voit « le gage éternel de son attachement à la patrie » ; elle suffit pour lui faire comprendre « quelle distance sépare les orateurs de réunions publiques (contianatores) des véritables amis du peuple ». Plutarque a raison de dire que Cicéron ne s'est pas prononcé entre César et Silanus, et même d'insinuer qu il semblait pencher plutôt du côté de César. Il dit très nettement « que c'est le parli qui lui lait courir le moins de risques et que son intérêt se trouve de ce côté ». En somme, il pense, ou au moins il dit que, quoi qu'on fasse, la situation est bonne pour lui. « S'ils sont condamnés à la prison, il n'aura rien à craindre du peuple, puisque c'est l'avis de César; et s'ils sont punis de mort, il lui restera la ressource de rappeler que César a soutenu que la mort était un supplice plus doux que la prison. » La conclusion de son discours paraît donc être que chacun peut voter comme il lui plaira; ou si, par moments, la violence de ses invectives contre les accusés semble faire entendre qu'il incline vers l'opinion de Silanus, il ne lui arrive jamais de le dire d'une manière assez franche et assez forte pour entraîner des irrésolus.

On nous dit, il est vrai, pour justifier cette altitude

hésitante, qu'il a voulu se tenir dans son rôle de pn sident, et qu'il ne lui était pas permis, en faisnnl connaître son sentiment, de peser sur les <;ens qu il allait consulter. Mais alors pourquoi prendre la parole si c'était pour ne rien dire? Ses amis altendaieiil évidemment autre chose, quand ils le sollicitaient de parler. Ce n'était pas assez, dans une situation aussi grave, de leur donner quelques vagues conseils do fermeté et de courage. Aussi la (|uatrième CntiUnairc malgré l'éclat de la l'orme et quelques beaux élans d'éloquence, paraît-elle avoir produit peu d'imprt'ssion quand elle fut prononcée. Non seulement Salluste n'en dit rien, mais Cicéron lui-môme, quand il rappelle à son ami Atlicus les services qu'il a rendus pendant le grand consulat et qu'on semble oublier, l'a passée sous silence *.

Les sénateurs étaient donc, après le discours de Cicéron, plus inquiets et plus incertains que jamais Quand le consul se remit à prendre l'avis des anciens préteurs, on vit bien que le désarroi s'était mis dans la majorité. Ce n'était plus cet accord des consulaires, qui avaient tous suivi fidèlement Silanus; chacun allait de son côté. La confusion augmenta encore après que Tiberius Nero, l'aïeul de l'empereur Tibènv eut donné son opinion. Elle était à peu près la même que celle de César. Il voulait, comme lui, (ju'on gardj'il les prévenus en prison; seulement, il rendait la prison plus rigoureuse, et il renvoyait le jugement

i. Cic, AU Altic^U, 2\.

définitif après la défaite de Catilina. Cette modification, qui était au fond assez insignifiante, sembla mcltre toutes les consciences à l'aise. Elle fut adoptée par Quintus Cicéron, et Silanus lui-môme, demandant à expli(|uer son vote, déclara que, par ces mots (( le dernier supplice », il avait entendu la détention jusqu'à la mort. Dès lors il était certain que l'opinion de Tib. Nero allait l'emporter et que la plupart des sénateurs (|ui restaient voteraient comme lui, quand vint le tour de Caton, qui était tribun du peuple désigné.

Le discours véritable de Caton existait du temps de IMutarque, qui nous dit <jue, de tous ceux qu'il avait prononcés, on ne possédait que celui-là. Ce n'était pas lui qui l'avait conservé : il ne prenait pas la peine, comme la plupart de ses collègues, de les faire transcrire après qu'il avait parlé, de les corriger et de les donner au public. Ce sont évidemment les sténographes de Cicéron qui avaient recueilli celui-là, comme tout ce qui s'était dit dans ces séances mémorables. Salluste certainement n'a pas négligé de le lire, et il a dû en conserver quelque chose; mais il ne s'est pas astreint à le reproduire fidèlement. Nous en sommes encore plus sûrs que pour celui de César, car nous n'y retrouvons pas tout ce que nous savons avoir existé dans l'original : rien de Silanus, auquel il reprochait sa palinodie; rien de Cicéron, qu'il comblait d'éloges; un mot à peine de César, qu'il traitait en ennemi public. Salluste a supprimé ces personnalités, il a gardé ce qui peignait l'homme, ce ton de

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moraliste grondeur, ces violences contre les défauts des gens de son temps, et il y a môme peut-ôtro ajouté pour que la figure ressortît davantage. Il en a fait Tantithèse vivante de César; il a voulu qu'avant de lire le beau parallèle qu'il a composé de ces deux grands personnages, on trouvât dans leur parole les mêmes contrastes que dans leur portrait.

Il a bien eu raison de s'attacher à mettre avant tout en relief le caractère de l'orateur dans le discours qu'il lui fait tenir. Caton, en cette circonslance, a dû son succès à son caractère encore plus qu'à son talent. Il parlait bien sans doute, mais Cicéron parlait mieux que lui; ce n'est donc pas uniquement par son éloquence qu'il est parvenu à entraîner ceux que la parole de Cicéron avait laissés indiiTérents. 11 ne leur a pas donné de raisons nouvelles; presque toutes celles dont il s'est servi se trouvent dans la quatrième Caiilinaire; mais elles produisent chez lui un autre elTet. D'abord il avait tellement à cœur, quand il parlait, le salut de la république, qu'il ne songeait pas à lui-même. Cicéron lui en fait de grands éloges*. 11 aurait bien voulu qu'on en dît autant de lui, car il savait que, pour convaincre des auditeurs, il n'y a rien de tel que de les persuader (ju'on ne pense qu'à eux, et qu'on n'a de souci que de leurs intérêts. Il se donne quelquefois l'illusion de paraître croire luimôme qu'il ressemble à Caton par cette qualité, et il voudrait bien le faire croire aux autres. Assurément

1. Pro Sexlio, 28 : nihil sibi nist de pafriae pericuUs cogilandum putabal.

il est sincère quand il dit aux sénateurs : u Vous avez un chef qui ne songe qu'à vous et s'oublie lui-même» ». Mais le moyen qu'ils puissent en être convaincus, lorsque aussitôt il les entretient de tous les siens, de son frère, de sa femme, de son fils, de sa gloire, de ses dangers? Caton, dans tout son discours, ne parle de lui qu'une fois, pour rappeler qu'il est un grondeur insupportable et que sa mauvaise humeur lui fait beaucoup d'ennemis. Quant aux dangers auxquels il s'expose en parlant librement, il n'en dit pas un mot. Pourquoi s'en préoccuperait-il? En quelque situation que sa franchise puisse un jour le mettre, il sait le moven d'en sortir.

Il va donc parler résolument, sans habiles préparations, sans réticences calculées. Pour tout exorde il se contente de dire brusquement, presque brutalement, qu'il pense tout le contraire de ceux qui ont opiné avant lui : Longe mihi alin mens est. Patres conscriptL Comme le temps n'est pas aux belles paroles, il ne s'attarde pas à discuter leurs opinions. Pour répondre à César, un mot lui suffit : César veut qu'on emprisonne les condamnés dans les villes italiennes, de peur qu'à Rome on ne paie quelques malhonnêtes gens pour les déhvrer, « comme s'il n'y avait de coquins qu'à Home et non dans toute l'Italie, et que l'audace dès malfaiteurs ne fût pas plus à craindre quand il y a moins de ressources pour la réprimer ». Quant au fameux argument sur les enfers et sur l'autre vie, il le mentionne à peine en passant;

1. Catil.y IV, U : habelis ducetn memorem vestii, ublitum sui.

et il lui paraît si singulier qu'il se demande s'il l'a bien compris. En deux mots, et sans phrases, la question qui se débat est nettement exposée : « Des citoyens de la plus haute naissance ont comploté do mettre le feu à Rome; ils appellent aux armes In nation gauloise, notre plus terrible ennemie; le chd des révoltés avec ses soldats est prêt à tomber sur nous; et vous hésitez encore, vous demandant ce qu'il faut faire de ces traîtres qui se sont laissé prendre dans vos murs! » En vérité, il semble qu'on ignore quelle est la situation véritable. On parle comme si la bataille était définitivement gagnée el la lutte terminée. On oublie qu'elle dure encore : cl qu'elle peut mal finir : « Nous sommes entourés do tous les côtés; Catilina nous tient à la gorge avec une armée. Ici môme, au cœur de Rome, d'autres ennemis surveillent tous nos mouvements. Nous ne pouvons rien faire (ju ils n'en soient aussitôt avertis. » Pour peu (lu'on hésite, tout sera perdu. 11 ne s'agit pas d'attendre que le crime qui se prépare ait été commis pour le punir. Si on ne le prévient pas, Rome, avec tout ce qu'elle renferme, est menacée de périr. '' Au nom des dieux immortels, c'est à vous que je m'adresse, à vous qui tenez plus à vos maisons, à vos villas, à vos statues, à vos tableaux qu'à votre patrie. Si ces biens, quels (lu'ils soient, auxquels vous êtes si attachés, vous tenez à les conserver, si vous voulez continuer à jouir de ce repos favorable à vos plaisirs, réveillez-vous à la fin, et prenez en main l'intérêt public. Tout peut être sauvé par un acte de vigueur.

Plus on montrera d'énergie, plus ils perdront de courage. Pour peu qu'on faiblisse, on les verra se lever de tous les côtés et Ton ne [)ourra plus leur tenir tête. Ou'on songe bien que ce n'est pas seulement du sort de Lentulus et de ses compagnons, c'est de Catilina et de tous les siens que le Sénat va décider. » — « Voici donc, dit-il en finissant, quelle est mon opinion : Puisque ces misérables ont fait courir à la république les plus grands dangers, qu'ils sont convaincus par le témoignage de T. Volturcius et des députés Allobroges, ainsi que par leurs propres aveux, d'avoir préparé le meurtre, l'incendie et d'autres attentats abominables contre leur patrie et leurs concitoyens, j'opine qu'ils ont mérité la peine qu'on inflige aux gens saisis en flagrant délit d'un crime capital et qu'il faut les punir, selon l'usage (les ancêtres, du dernier supplice. »

« Il s'assit, dit Salluste; aussitôt tous les consulaires ainsi qu'une grande partie des simples sénateurs approuvent son vote, élèvent jusqu'au ciel son courage; s'accusant l'un Tautre et se reprochant leur faiblesse, ils proclament sa gloire et sa grandeur d'ûme. » C'est qu'aussi il venait de leur rendre le plus grand de tous les services. Ils flottaient entre leur colère contre les conjurés et la frayeur que leur avait inspirée le discours de César. Mécontents d'eux-mêmes mais incapables de prendre un parti, ils étaient dans cet état d'esprit où l'on aspire à recevoir de quelqu'un une résolution qu'on ne trouve pas en soi-même, r.aton leur rendit la force de se décider.

Les cinq prévenus furent donc condamnés à mourir, et Tarrét disait expressément que c'était sur l'avis de Caton, in senientiam Catoms\

La sentence était juste; tous les partis reconnaissaient que les condamnés méritaient leur sort. Mais était-elle conforme à la loi? Sur ce point, les opinions ont différé dès le premier jour, et Ton n'est pas plus d'accord aujourd'hui que du temps de Cicéron.

Ceux qui blAment le supplice qui leur fut infligé affirment qu'en principe le droit de prononcer la peine de mort n'appartenait qu'aux comices cenluriates, c'est-à-dire à l'assemblée du peuple entier. Dès les premières années de la république, un consul populaire avait établi ce qu'on appelait la provocatio, c'est-à-dire l'appel au peuple réuni dans ses comices de la sentence capitale rendue par un magistral. Cette loi protectrice fut dans la suite confirmée par plusieurs autres, et elle resta en vigueur pendant des siècles, sauf les cas exceptionnels où le dictateur, dans l'intérêt du salut public, qui était à Rome la loi

i. Le débat continua pourtant quelque temps encore. César, qui se voyait battu, prit la parole pour demander (lu'au moins on fit grâce aux condamnés de la confiscation de leurs biens. H ne lui semblait pas juste qu'on retint celle partie de la proi^osiUon qu'il avait faite puisqu'on rejetait le reste. Sur cette question, la lutte fut acharnée. Mais la nuit tombait, la foule au dehors donnait des Signes d'impatience; le consul demandait qu'on en finit. On accorda donc à César ce qu'il réclamait, et la séance fut levée.

lES NONES DE DÉCEMBRE. 245

suprême, croyait devoir supprimer la provocatio et prononcer lui-môme le jugement. Plus tard, quand la peine de mort se trouva à peu près abolie et remplacée par Texil, on eut moins l'occasion d'user des vieilles lois, et elles tombèrent en désuétude. Cependant elles existaient toujours; on ne les appliquait pas, mais on en parlait avec vénération, on les appelait « la sauvegarde de la république, le palladium de la liberté ' ». Cicéron les invoquait en termes émus dans ses invectives contre Verres, et môme, pendant qu'il était consul, il traitait fort mal un tribun du peuple qu'il accusait de vouloir les enfreindre \ On comprend que des historiens et des légistes éminents lui aient sévèrement reproché de n'en avoir lui-môme tenu aucun compte aux nones de décembre. Laboulaye déclare que, quelque grand que fût le crime des complices de Catilina, Cicéron était coupable d'employer contre eux d'autre peine que celles qui étaient prévues par la constitution. « Il eut le tort, (lit-il , pour détourner de la république les dangers qui la menaçaient, d'entrer dans la voie la plus périlleuse, celle qui fraye le chemin à toutes les tyrannies. La violation des lois dans un but d'intérôl public prépare trop souvent la violation des lois dans un intérêt privée » On pense bien que Mommsen, qui déteste (Cicéron, est beaucoup plus dur. Le jugement des

1. Cicéron, De oral., 11, 48, provocationem, palronam illam civitatis ac vindicein liberlatis.

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