‹ La conjuration de Catilina [microform]Chapitre 81 sur 85 · Verr., V, 63. /Vo Mb · texte numérisé non relu

Verr., V, 63. /Vo Mb

3. Laboulaye, Essai sur les lois criminelles des RomainSj p. 125.

246 l'A CONJURATION DE CATILINA.

nones de décembre lui paraît « le plus brutal et le plus tyrannique des forfaits, et il trouve plaisant qu'il soit l'ouvrage du plus inconséquent, du plus timoiv des hommes, de celui qui se glorifiait d'ôtre un « consul populaire ! »

Ceux qui, au contraire, approuvent la mort des conjurés rappellent que, le 21 octobre, un sénatusconsullo avait chargé officiellement les consuls « d'empêcher que la république ne reçût aucun dommage' ». Cicéron pouvait penser que, puisqu'on lui en imposait le devoir, on lui en fournissait les moyens. Il iw doutait pas que cette petite phrase de quelques mots, comme il l'appelle-, ne lui conférAt tous les pouvoirs qu'avait possédés l'ancienne dictature, et, parmi eux, le plus important de tous, celui de juger sans appel. A la vérité, la démocratie n'en convenait pas, et César n'a poursuivi Rabirius avec tant d'acharnement que pour qu'il fût bien établi que « le sénatusconsullo des derniers moments », comme il l'appelle, ne peut pas suspendre l'efYet des lois qui protègent la liberli' des citoyens. Mais, môme dans son parti, tout le monde n'est pas de son opinion. Salluste n'hésite pas à reconnaître que le magistrat, qui est armé par le Sénat de la formule souveraine, jouit de la plénitude du pouvoir judiciaire (suminum judiciujn^)^ et il est

1. Leurs raisons ont été réunies dans une thèse soutenue en Sorbonne par M. l'abbé Berlrin sous ce titre : Sum leQitime prudenterqueM. Tullius Cicero se gesserit in punicndis covjurationis CatUinariœ consciis. Paris, 1900.

2. Pro Milone, 26 : quo uno versiculo satis armati scmper consuies fuerunt.

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