‹ La conjuration de Pichegru: et les complots royalistes du midi et de l'est, 1795-1797, d'apre?sChapitre 15 sur 55 · LA FRANCE ES 1795 Î · texte numérisé non relu

LA FRANCE ES 1795 Î

par les élraiigers ou les émigrés. Tous lanl que nous sommes d'émigrés, nos amis nous reilouleiil autant que nos euncmis nous haïssent. Du reste, nous sommes partout environnés d'espions. Nous en avons même au milieu de nous. Nos imprudences, nos violences, nos menaces, nos projets de venj^eaiice, tout cela est reporté à Paris. Chaque courrier attise la haine. Les chouatiâ sont jugés comme une poignée de voleurs de vils brigands (1). "

'Bien que la sagesse dictai ce langage, il n'était pas écouté. Les hommes que le nom, le talent, la naissance ou seulement l'art de l'intrigue avaient rendus maîtres du parti de l'émigration s'évertuaient, soit par leurs actes> soit par leurs paroles, à en détruire les effets. A l'intérieur, ils sclivaienL la résistance, en promettant aux émigrés du Midi des subsides et des chefs ou en préparante Paris les émeutes de Vendémiaire(5 octobre] , espérant détruire la Convention, sauvée ii grand'peinc lors des insurrections de Germinal et de Prairial, et qui allait, à l'heure de son agonie, trouver dans Uonaparto un défenseur victorieux. A l'extérieur, au camp de Condé surtout, ils multipliaient leurs intrigues, ils redoublaient d'activité, ils s'inféodaient à l'Autriche qui n'avait pas désarmé et se mettaient aux gages de l'Angleterre qui entretenait leurs illusions et leurs e«|>oirs en défrayant à prix d'or leurs folles cnlrepiitee.

Tel était l'état de la France, lorsqu'en juin 1795 le général Picheçru venait prendre le commandement de Tune des deux armées de la République, qui opéraient sur le Rhin.

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