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viri.
De l'armée de la Moselle el de celle du Rhin, le Comité de Salut public, au moiii de mni 1795, s'était décidé à n'en former qu'une seule dite de Rhin-et-Moselle. 11 en avait donné lo commandement ù Pichegru, et tandis (ju'il mettait Moreau à lu tête de celle du Nord, il plaçait celle de S.'imbre-et-Mcusé sous les ordres de Jourflan, le vainqueur de FJeurus. Le même décret stipulait que si la réunion dcces troisarmées devenait nécessaire au cours de la campagne, c'est Pichegru qui en serait le général en chef.
Il avait alors trente-cinq ans(l). a D'une vertu élevée, ilîl de lui Hyde de Neuville, un peu farouche, étrangère même aux compromis, il était, comme citoyen, contraire il) Voiraui pièce* hiiloriijue», C,
e général, il ii'ajamaît , avec les règles du devoir.
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ù son gouvenicment. Mais transigé, même en pensée,
de l'hunneur militaire et du patriotisme qui n'admettent aucune faiblesse ni concession à l'égard de rétrange|M alors même que celui-ci peut seconder vos desseins. | De son coté, Barbé>Marbois, dont la loyauté ne mérite pas plus le soupçon que celle d'Hyde de Neuville, a écrit : n 11 est peu communicatiF. Maisjo l'ai déjàassez vu pour reconnaître en lui de hautes qualités. <>
Pichegru arrivait de Hollande charyé de laurierv) objet de l'admiration universelle, et d'autant plus honoré qu'il venait de refuser la magniBquc pension que les Étals généraux du pays qu'il avait uni à la République étaient disposés à lui voter. Chargé à son court passjige î\ Paris, lors des émeutes de Germinal, de la défense de la Convention, et l'ayant préservée des fureurs populaires, il avait reçu d'elle le titre de Sauveur de la patrie. C'est donc à l'apogée de la gloire et comrnecouronné d'une auréole qu'il prenait possession de son commandement.
L'armée de Sambre-et-Meuse opéraitsurle bas Rhin, ayant en face d'elle, sur la rive droite du fleuve, le général autrichien Clairfayt, dont les troupes s'échelonnaient de Dusseldorf à Manhcim, leur centre à Mayencc qu'assiégeaient les Français sur la rive gauche. L'armée de Rhin-et-Moselle avait pour théâtre le haut Rhin, de Manheim à Huning'ue; elle était opposée à Wurmser, dont les effectifs se grossissaient du petit corps du prince de Condé.
PICIIHGml A L'ARMÉE 1)11 !l Fî I >' 27
■rivant aa poste important qu'il tenait de la confiance^ du Comité de Snlut public, Picliegru se flallait de l'espoir d'y trouver les mêmes succès qu'en Hollande. Sa mission, comme celle de Jourdnn, consistait à passer promptement le Rhin et ù chasser des pays rbénans les troupes impériales. Mais de terribles déceptions l'attendaient. Il allait voir se dresser devant lui des difficultés imprévues et innombrables, et ses patriotiques efforts paralysés par la misère noire qui régnait dans son armée, par l'indiscipline qui en était la conséquence et par une désorganisiilion générale de lous les services.
Cette misère résultait du discrédit dans lequel étaient tombés les assignats. Ils n'étaient acceptés par les fournisseurs qu'au taux de :i pfiur 100 de leur valeur nominiile, et comme le Trésor public tie payait qu'en papier les officiers et les suldats, sauf une pelite somme en numéraire, huit francs par mois pour les uns et moins encore pour les autres, ils ne parvenaient plus à se procurer les objets nécessaires à la vie. Force était pour eux de se les procurer par la maraude et le pillage, â la grande fureur des populations dont ils occupaient le territoire.
Le Comité de Salut public réduit aux expéilienls s'efforçait de remédier à ce mal. Mais lorsqu'à un envoi de cent trente millions en assignats il ajoutnit deux cent mille francs en numéraire, — telle était la proportion, — il ne faisait que verser une goutte d'eau pour apaiser la soif de quatre-vingt mille lionimcs. Ses ressources
LA CONjrRATIOS DE PICHEGHC
effort, t
reliaient pour loogtecups épat^ées de son el que l'armée, quoique regorgeant d'aftsignaU, s'en trouvât ni plus riche, ni plus efficacement soulagée.
Le 1 1 juillet, Pichegru, r^mercual Moreau qui venall (le lui envoyer cinquante louie pour acquitter une aaciennc dette, lui disait : - Je suis ici comme un mendiant uvec un portefeuille garni- Les. troupes y sont bien à plaindre, car on ne trouve rien en Al^ce avec de* aKsignute. Celu augmente leur désir d'atteindre l'autre rive, et je crois que si elle est bien défendue, elle tta vigoureusement attaquée, car le soldai ajoutera àsoa énergie et à son courage ordinaire la fureur du besoin. Il est cependant bien malheureux d'avoir i chercher sur des terres ennemies des moyens d'existence ou des secours que l'on aurait le droit d'exiger dans sa patrie et qu'on ne peut plus s'y procurer avec le seul moyen d'échange que le soldat ait ù )<a disposition... J'invoque le génie de lu liberté de pouvoir suppléer encore une fois à ce qui nous manque. Puisse-t-il m'êlre favorable!'
Ce n'est pas seulement ù Moreau el sous celte forme confidentielle qu'il exprime ses doléances. Elles reviennent iV tout instant dans sa correspondance avec le Comité de Salut public el le Directoire. Ses soldaU n'ont ni chemise, ni bas, ni souliers. A la date du n aoiit, il manque cinquante-deux mille capotes pour les habiller. Souvent le pain fait défaut poiir les hommes, et de même le fourrage pour les chevaux, "qui mcurenl E des mouches « . Les transports les plus urgents, l'artillerie même souffrent de cette morlalitè qui bien-
l'ICHEGRi: A L'ARMEE DC RHIN
^édn
1 la
3 cavalerie de 1 armée et entravera les opérations militaires les mieux combinées, u La plupart des officiers de cavalerie et d'état-major sont démontés, et les dépôts pleins de cavaliers à pied qui ne rendent aucun service. >• Le directeur des postes du Rhin mande de Strasbourg que faute de fonds, de chevaux, de crédit, il ne peut plus assurer le service de l'armée. •. Je n'ai que des dettes, et il m'est du pur l'État plus de six ceni mille francs. «
Le 31 août, Pichegru fait entendre an Comité un avertissement plus grave encore : - Je ne dois pas vous laisser ignorer l'inquiétude que j'éprouve de ce qu'aucune de nos places sur le Rhin n'est approvisionnée, malgré les instances que j'ai faites à ce sujet depuis plus de trois mois. L'ennemi en est sans doute informé. car je ne puis me persuader qu'il se déterminât à un passage du Bbin s'il n'avait l'espoir de faire tomber bienlût une de nos places, faute de vivres, s'il parvenait ù en éloigner l'armée. Vos collègues s'occupent des moyens d'y pourvoir; muis je redoute le temps «{O'exigenl ces approvisionnements. " Plusieurs mois ■préai ces mcmes places, pour la plupart, manquaient eaoore de tout.
Le 14 novembre, après les horreurs de la retraite de Mftjence, qui a infeste le jinys de vingt mille fuyards, et durant laquelle •> les meurtres, les viols, les pillages, Ulut fut commis ( I ) " , le général en chef écrira :
;i' Voir.i
30 I.A CONJDRATION DE PICHEGRU
" Je presse rapprovisionnement de Landan. Lorscp je me plains au\ commissaires des guerres de la lenteur qu'on y met, ils mopposent le défaut de moyens de transport, qui fait souvent manquqr de pain et de fourrage. Le général qui commande à Kaisersloulern m'a mandé qu'il n'en avait pas depuis trois jours. Je vous le répète, citoyens représentants, il est temps que vous vous occupiez de cette armée. Ce qu'on en a fait partir pour l'armée des Alpes (1), les maladies, la désertion, les batailles l'ont diminuée à un point incroyable. La cavalerie dépérit tous les jours, ot l'artillerie n'a presque plus de chevaux. Je n'ai pu encore obtenir une capote. Les troupes sont toujours dans le même dénuement. Je ne puis que me louer de leur contenance. Elles sont totalement revenues de la première terreur que leur avait causée la retraite de Mayence. » Deux mois avant, à ce même camp de Mayence, s'étaient (léj<\ produites des scènes de désertion et de désordre. En les dénonçant, Pichegru les attribuait à la mauvaise qualité du pain, à la négligence des commissaires des guerres, sur lesquels il n'avait aucune autorité. Elles étaient dues aussi au méconicnteraent des troupes lasses de souffrir et qui depuis longtempt^ demandaient en vain à èiro payées en numéraire,
(1) Au mori d'août, dix mille hommca avnienl rtn drtaclié. de l-Mrmée de Khin^e (-Ma telle, malgré Ici éntr|^ique« proie ■câlin m des reprijcntmu du peuple, en million û celte arinéE, pour ttte eipédicd li celta det Alpe*. I.ei repréieiitnnli pougièrenl la réiiilanre juai[u'à annuler l'ordre du Comité de Salut public. Mal* celui-ci exigea, el force fut de lui obéir.
PICHKGltO A L'ARMEE DC RHIN 31
ivîiDt se rien procurer avec des ii^signats " , Ce qui favorisait l'indiscipline, c'est que les officiers, le général en chef lui-même, n'avaient en leur pouvoir que d'insuffisants moyens de répression, et que, d'autre [>arl, les tribunaux militaires, qui disposaient seul.'' des grands movens de justice et de police, étaient déplorabl«ment composés.
■ Le {général en chef n'a te droit ni de suspendre ni de destituer. Toutes les l'oies de répression ^e bornent pour lui comme pour les autres à la simple prison. Aucune autre peine ne peut être infligée que par les tribunaux militaires, qui ont plus concouru Jusqu'ici à détruire ta discipline qu'à la maintenir. Leur réorganisation même ne produira pas l'effet qu'on doit en attendre, si l'on ne fait pas en même temps le triage des officiers de police, dont la plupart n'ont ni moralité ni inutruction. •
On ne saurait s'étonner qu'en de telles conditions, l'armée ait perdu le respect, qu'elle ait pris des babitndes frondeuses, que les soldats désertent et écoutent avec complaî.'iance les émigrés qui, de Suisse ou du camp de Condé, se glissent jusqu'à eux pour leur prêcher la mutinerie. Les uns partent et se jettent dans l'intérieur où leur lùmillc les rappelle; les autres se portent malades, se font évacuer d'hôpitaii.^ en liôpilaux «t ne rentrent pas à leur corps; les administrations ne les font pas rejoindre. Ceux qui restent ouvrent uoe oreille complaisante aux propos dc$ émissaires royalistes et des espions autrichiens.
32 LA CONJURATION DE IMCIiEGIti: ^H
Bâcher, l'agent diplomalique français à Bàlc, bie^^* (Ju'il se plaigne lui aussi dctre sans argent et de ne pouvoir plus payer des espions pour surveillerl'ennemi, parvient cependant à surprendre ces tentatives de corruption et les dénonce :
" Les émigrés se servent de l'argent de l'Angleterre pour recruter de tous les cotés. Leurs commissaires se répandent et s'insinuent partout, et, si l'on n'y prend garde, ils parviendront par des embaucheurs et des embaucheuses à nous enlever bien du monde. Le meilleur moyen de déjouer ces manœuvres et de rompre ces intelligences estde changer souvent les corps placés sur l'exLréme frontière, sans quoi il faudra s'attendre à une désertion qui pourra devenir d'autant plus inquiétante que nos volontaires ont de la peine à subsister avec leur prêt, vu le discrédit total des assignats, tandis qu'on leur fait croire qu'on roule sur l'or au camp de Condé, On accorde trop de permissions pour Bâle. Le désordre est tel dans cette ville qu'on voit nos militaires se promener et même boire quelquefois avec les émigrés. Ainsi lu misère d'un coté, l'indiscipline de l'autrâpH voilà les deux plaies de l'armée, la cause de sa désopganisation. Les plaintes de Pichegru ne sont que trop fondées; il en poursuit le Comité de Salut public, les représentants du peuple qui l'assistent, le surveillent et soHt les témoins de ce lamentable spectacle : Merlin de Tbionville, Rewbell, Garrau, Rivaud; il en entretient :ades : Jourdan, Moreau, Abbatucci, Liébert
subis
I lent
nendrail que le gouklosellc. Je lui en ai reçu de lui qu'une ■ant, quoique je lui
PICUEGBU A L'ARMEE D(î RHIN 33
r général; il tâche de réparer les tristes effets de l'abandon et de l'incurie dont les armées du Rliin o'ont été que trop visiblement l'objet.
Dans une lettre qu'il adresse à Jourdan le 19 no> vembre, on sent percer le découragement qui déjà s'est emparé de lui, à !a suite des revers qu'elles ont subis à celte date et qu'on ne peut attribuer qu'à leur désorganisation :
J'ai senti comme toi qu'il con ement recréât l'armée de la l écrit plusieurs fois, mais je n ui seule réponse depuis le 8 du coui nie, depuis cette époque, envoyé des courriers tous les jours ou au moins tous les d«ux jours. J'attends avec bien de l'impatience qu'il lui plaise me fournir des renforts en troupes et des moyens matériels ou d'accéder à la demande que je lui ai faite de charj^er quelque autre de venir chercher des lauriers au champ de la disette et de la pénurie la plus absolue.
• J'ai donné depuis longtemps des ordres pour faire approvisionner les places du Rhin et de la Moselle. Mais je ne puis me flatter qu'ils aient été exécutés. Les départements et les districts qui doivent concourir à cette opération sont d'une lenteur et d'une négligence Toyables, malgré tous les stimulants qu'on peut leur
avaler. »
'eut-étre, en constatant l'énergie des plaintes réitêde Pichegru et l'impuissance de ses efforts, seratente de les attribuer à un calcul. S'il est résolu ^
LA CO^jritATION DE PICHEGBIT trahir, à ne pa» combattre, à se laisser vaincre, dût sa gloire passée en rester a Jamais tcmie, il a tout intén't à jnsti&er par arance sa conduite, à démonlrer qu'elle lui a été imposée par l'étal même de son armée. Mais pour réduire â rien lobjection, il sufSt d'y opposer le langage que tiennent ao même moment ceux qui entourent Pichegru et qui rectifieraient bien vite se» exagérations el ses mensonges s il esagérail ou s il meih tait.
Que dit Merlin de Thionville, ce jeune exalté que Barras repré^nte comme • capable de brûler la cervelle à Pichegru ■ s'il I avait soupçonné d'un mauquemcal au devoir? Que disent ses collègues? Que dîseut les généraux? Les mêmes choses que Pichegru el avec plus de force que lui.
K Nos caisses sont à sec, écrit Merlin le 7 septembre, Il n'arrive rien. Nous devons deux cents millions. Vous avez beau avoir envoyé... il est un fait aussi conslant, c'est l'insufËsance de ce qui est arrivé el du numéraire pour la solde des troupes, s Et le 12 octobre, après avoir esquissé le seul plan de campagne qui puisse, selon lui, conjurer un échec devant Mavence, lequel Il diminuerait l'importance et ta grandeur de noire situation vis-â-vis rAllemagiie n, il déclare que pour que ce plan réussisse, il faut deu.\ choses : du monde et de l'argent. - Du monde, puisque Sambre-et-Meuse n'est que ce qu'il faut pour faire tète à l'ennemi sur le Mein, et qu'il faudrait que la colonne qui filerait vers Wurtzbourg fût au moins de vingt-cinq mille hommes.
PICHEGRD A L'ARMEE DU HHIN 35
Kchegru ne peut rien faire que depuis Manheim jusqu'à Bàle, et quelle étendue de terrain! Il a environ quinze mille hommes qui couvrent Manheim; il prépare quelque chose sur Kehl; il harcèlera l'ennemi entre Hunin^e et Colmar; il ne peut donner à Sumbre-et- Meuse que ce qu'il lui a donné : une division qui cerne MavEnce du côté de Cassel et qui rend à Jourdan toute «on armée. Mais en supposant que Jourdan piit Faire marcher vingt-cinq mille hommes sur Hachafenbourg, il faudrait faire marcher une caisse assez considérable jvec l'armée pour qu'on put acheter de quoi la nourrir iQclelà de la ligne de neutralité (t). Maudite ligne! " Cette démonstration si précise, qui prend sous la plume de Merlin de ïhionville une autorité décisive, ne révèle pas seulement l'insuffisance des moyens dont disposaient les deux commandants des armées du Rhin ; elle prouve encore combien est injuste et mal fondée l'accusation formulée si souvent contre Pichegru d'avoir refusé de secourir Jourdan. Il l'a si bien secouru qu'il lui a donné spontanément une division de son armée, ainsi que le constate Merlin le 12 octobre et ainsi qu'en
[1] La ligne de oeutralilé l'éloadait enlre lit cbainp lur lequel op^ riicDl Im belligémnta el l« lerviloiro de la Hruix: qui venait de con- (Idk 1> pRi> avec la Républi(|ue. La franlière luiite en foriiisit uno «1 Le Comité dn Salul public eut un momenl In peueée de furuer ir (icililer les opéi'nlioDi. Il y renonça lur \p.t Insiances de ininittre auprci de la Confédération helvÂlîque. Lea Il Furent inaina acrupulcux, et il lenible qu'iU [uaient aituréa ■ «Mnpliiiancedu cabinet de Berlin. Le 1" oclubre, Merlin de Thion- *ille dnBiindail ku Comité d'oblif[er Hardenberg à l'eipliijuer et d'eiî- Etcdc lui l'eagagemeni furinel de pe paa tolérer que Ctayrfait franchit Il lifpu dt déinarciUon.
trahir, à ne pas combattre, à se laisser vaincre, dùta gloire passée en rester à jamais ternie, il a tout intérél à justifier par avance sa conduite, à démontrer quelle lui a été imposée par l'élal même de son armée. Mais pour réduire à rien l'objection, il suffit d'y opposer le langage que tiennent au même moment ceui qui entourent Picliegru et qui rectifieraient bien vite set exagérations et ses mensonges s'il exagérait ou s'il mentait.
Que dit Merlin de Tbionville, ce jeune exalté que Barras représente comme ■• capable de brûler la cervelle à Pichegru ■• s'il l'avait soupçonné d'un manquement au devoir? Que disent ses collègues? Que disent Ici généraux? Les mêmes choses que Pîcbegruetavecplu» de force que lui.
u Nos caisses sont à sec, écrit Merlin le 7 septembre. Il n'arrive rien. Nous devons deux cents mîllioQS. TotU>, avez beau avoir envoyé... il est un fait aussi contU c est l'insuffisance de ce qui est arrivé et du nutn pour la solde des troupes. -< Et le 12 octobre, ; avoir esquisse le seul plan de campagne ^jj selon lui, conjurer un échec devant I u diminuerait l'importance et la grw situation vis-à-vis I Allemagne > que ce plan réussisse, il faut d et de l'argent. ■■ Du monde, jlf-^
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PICHEGir X L-^C Eiëgru ne peut nm 6âv f à Bàle, et quelle it^^m i nze mille homaes ^■«■a ;lque chose sor KcU: 2 ■ nÎDgtie et Colmar^ 2ar^ use que ce qu'il bâ a J^hb yence du côté 4e Cw rf « a I armée. Mais es s^^fs^ ircher vingt-daq ode fai^ audrait faire inux^er nac i ec l'armée pour qu'as pC m delà de la ligne 6e ■■ "'^ Celle démonstraiMB a |hb urne (le Merlin <le nâaHoA I révèle pas seuleiacal Haarf iposaieot les deux ctima^A le prouve encore Kcusation Formulée bak de secourir JvuidBS. 1 I^^j
il donné apoDlm— n."" ^ i kque le coo»-!..
LA CONJUKâTIOS DE PICHECHD
fait foi cette autre lettre signée Pirhegru, remise 1 Jourdan le 6 du même mois : >■ Toutes réflexions faites, mou cher camarade, je porterai la gauche des troupes restant sous mon commandement jusqu'à Oppcnheim exclusivement, et tu pourras leur donner les ordres que tu voudras. Si je peux t'étre de quelque secours en artillerie, munitions, elc, etc., lu peux compter que je m'empresserai de faire tout ce que mes moyens me permettront. ■■ Est-ce lA les sentiments et le langage d'une àme portée à la jalousie et disposée à la trahison?
Quant à l'insuffisance des moyens, il n'est pas que Merlin pour la signaler. Itewbell, qu'on ne soupçonnera pas plus que lui d'être de connivence avec Pichegru, s'en explique avec une fougueuse sincérité après s'être plaint qu'on ait affaibli de dix mille hommes l'armée de Ithin-et-Mo selle pour renforcer l'armée d'Italie.
I' Il est inconcevable que ce soit dans ce moment-ci (23 août) qu'on fasse e.\éculer un décret de messidor qui permet deux congés pour un mois par cent hommes. Ceux qui les obtiennent sont jalousés par les autres qui sont tentés de partir sans congé et qui succombent journellement à la tentation, au moyen de quoi l'armée active se désorganise et se réduit à rien.
a ... Il faut que vous sachiez tout. Nos armées et nos places sont sans vivres. Huningue, Brisach, Bclfort, Schlestadt sont sans provisions quelconques. Le général Pichegru presse en vain depuis plusieurs mois le commissaire ordonnateur en chef Martellière d'appro-