PICHEGIID A L'ARMEE DD RHIN
▼nionner ces places et larmée. Gomme, par la dernière loi, les commissaires des guerres sont pour ninsi dire indépendants des généraux, ils ne prennent les ordres que comme des considéra tionsauxquelles ils nedoForent que lorsqu'ils ne peuvent pas trouver de défaite. Mar- (ellière en a trouvé une. Il meurt de faim au milieu de l'abondance, et cela Faute de fonds, et j'ai bien peur qu'il ne dise vrai. ■•
« L'armée manque tout à fait de moyens pour soutenir ta campagne, écrit un autre représentant, Itivaud. Vous nous laissez sans moyens pécuniaires. Je vous signale In mollesse du commissaire des guerres et l'indépendance des employés qui ne veulent pas recevoir d'ordre des généraux. Malgré les demandes réitérées du général en chef, l'armée est privée de tout. »
Le tableau que décrivent ses collègues Garrau et Pfleiger n'est pas moins sombre. « Lu discipline est nulle, dit le premier. Les officiers sont dans la misère; ils désertent comme les soldats. C'est la faute du gouvernement Aubry qui a tout désorganisé, qui, ne voulant pas le passage du Rhin, a laissé manquer ces deux armées des moyens d'attaque et de défense. Où tout cela nous conduira-t-il? Il faut que sans délai le Directoire exécutif prenne les mesures les plus efficaces pour reméiiier à de si gran<ls malheurs, sans quoi l'Alsace est envahie et la Lorraine menacée. Il me tarde infiniment de savoir quels sont les membres du Directoire esécutif. S'il est bien composé, ça pourra aller; sinon, il faut s'alleudre à une nouvelle révolution. « — « En
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résumé, ajoute de son côté Pfleiger, l'armée du Rhin est dans le plus affreux état, n
Mêmes constatations de la part du représentant Joubert. En arrivant au quartier général de Jourdan, il mande au Directoire que -i la division de Bernadotte et celle de Championnet manquent de pain depuis trois jours, et que celle de Marceau n'avait pas eu de distribution au moment de combattre. Les transports manquent absolument. Il n'y a plus ni voitures, ni chevaux, ni même des bœufs dans le pays. "
Ceci est écrit en novembre et décembre, après les revers de Jourdan et de Picbegru. Mais la détresse signalée en ces lettres révélatrices de l'imprévoyance et de l'incapacité du Comité de Salut public n'est pas le résultat de nos défaites . C'en est la cause initiale. Ou a été vaincu parce que tout était désorganisé. Dès le 26 août, le commissaire en chef Martellière, après avoir déclaré « qu'il est à court de cent vingt et un millions pour faire face aux dépenses ordonnées « , et que, par suite, tout manque, s'écriait amèrement ; " Après une campagne aussi dure que la dernière, il était permis d'espérer un sort plus heureux, surtout lorsqu'une abondante moisson en fournit les moyens. Je vois qu'il faut s'atlendrcaux mêmes peines etaux mêmes inquiétudes."
Les généraux ne parlent pas autrement que les représentants du peuple. Une lettre d'Ahbatucci écrite àson ami Casiabanca, au lendemain de la retraite de Mayence, éclaire d'une lumière éclatante et sinistre la détresse des armées de la République sur le Rhin.
PlCIlEGIin A 1,'AIIMKE Dt) ItrUN 3*
■ Le yéaérnl Pichegru tâche de rendre le courage aux troupes qui viennent de Mayencc. Mais elles sont harassées, manquant de tout depuis longtemps et contre un ennemi bien plus nombreux et contre des soldats chaussés, habillés et nourris. Les oflîciers, nu-pieds comme les soldats, dans la misère et obligés de manger avec eux, n'ont plus d'autorité, et si le gouvernement ne change de marche, je ne sais ce que deviendront les armées qui ont fait trembler l'Eurupe. On ne peut compter sur aucun mouvement ; des entraves à chaque pas. Croirais-tu que le général en chef n'a pas le droit de faire donner une paire de souliers? Il faut que cet ordre vienne de la commission qui ne répond jamais. Les soldats, en se retirant, ont vu des magasins pleins d'effets militaires, tandis qu'ils étaient nus, et qu'ils ont du laisser en arriére. Les commissaires des guerres lont absolument indépendants des généraux; les gardesmagasins sont indépendants des commissaires des guerres, et le service des approvisionnements, des subsistances et de rbabillemenl est dans un état épouvantable. -
Voici, d'autre part, un jeune officier, Gochetfils, qui mande à son père, député à la Convention, que sous Mayence et au moment d'en entreprendre le siège, on s'est aperçu qu'en dépit des ordres depuis longtemps donnés, les moyens manquaient.
" Le général Bollemont, qui a eu liicr une conférence
Sïcc le général Jourdan{l), me cliarge de vous mander
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'tO LA CONJURATION DK PICHEGRn
qu'il croit que le Comité de Salut public est trompé tvà l'effectif de l'armée de Rhin-et-Moselle, que celte a depuis que les divisions qui étaient sous Mayetice s réunies à celle de Sambre-et-Meuse, est réduite presqi à rien, puisqu'il n'y a que trente-cinq mille hommel^ sous les ordres de Pichegru, qui s'étendent jusqu'à Strasbourg; qu'il lui semble que l'armée des Alpes, qui ne doit pas tarder à prendre ses quartiers d'hiver, pourrait se porter sur le haut Rhin, et par ce moyen l'augmenter; que sans cela il est impossible de rien entreprendre. Il parait que l'échec qu'elle a reçu <J nièrement ne provient que du trop peu de monde qu'îl4
C'est ensuite Jourdan lui-même qui tient un langaM analogue. Le 7 septembre, il a passélelthinàOrding^ et il est parvenu à prendre position sur la rive droite. fl Mais une fois là, il est empêché de se mettre en marcfaM par suite des souffrances de son armée, du progrès é la désertion, du travail des familles sur les volontain " J'ai A peine Ircnte-cinq mille hommes. Il me manqué" trente mille chevaux pour les besoins de l'artillerie et de l'administration. " Le 18 octobre, vaincu par les difficultés qui l'assaillent , " et pour ne pas compromettf l'armée qu'il commande " , il se décide à repasser s la rive gauche.
Observons en passant qu'à ce moment, ce ne
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PICHECnU A LAnMKR DC II H I N 41
sur Pichegru, qu'on accusera un jour de ne l'avoir pas soutenu, qu'il fait peser la responsabilité de sa reculade. 11 l'aUribue uniquement " nu défaut de subsistances et de chevaux ■ ; c'est à Pichegru qu'il le déclare. S'il a perdu confiance, ■ c'est que le déplorable élal de l'armée, arouera-t-il le Si décembre au ministre de la {[uerre, ne permet pas d'attendre de grands succès « . Il est bien vrai qu'à ce moment la misère fait rage. Noue en avons pour garant le pur, l'héroïque Marceau, qu'à quelques semaines de là une mort glorieuse va faochcr dans sa fleur. Il commande l'aile droite de Sambre-et-Meuee. Le 19 décembre, il mande à son général en chef: « Les vivres nous manquent, el, en vérité, nous sommes bien malheureux. Le pillage est ù soD comble, et les officiers, plus malheureux encore que les soldats, n'ont ni force ni pouvoir. « Huit jours après, il y revient : ■> Un ennemi plus cruel que les Autrichiens nous assiège. La famine avec tous ses horribles enlours a pris la place de la mendicité. "
Du reste, le mal est trop profond pour être promptement guéri. Dix-huit mois plus tard, en juillet 1797, Moreau, qui a pris, à la place de Pichegru, le commandement de Ithin-et-Moselle, ne pourra que répéter ce que disaient ses prédécesseurs : » L'armée est dans une détresse affreuse; il lui est dû deux mois de solde. Je ne vous dissimule pas nos inquiétudes sur les suites d'une telle détresse. Je ne puis me lasser d'admirer lu pitience de cette armée qui souffre tout sans se plaindre. Hais, si on ne vient promptement à son
LA COJURATION DE PICHEGUa il est à crnindrc qu'elle ne cède à l'instigation (le beaucoup d'ennemis du gouvernement qui ne cessent de l'exciter à la sédilion. <>
Aux incessantes plaintes des conventionnels et des généraux, aux légitimes réclumations qui remplissent leurs lettres, que répond le Comité de Salut public, auteur responsable des misères qu'ils dépeignent en des couleurs si vives? Que répondra le Directoire lorsqu'il aura recueilli le triste héritage de la Convention et devra résoudre les innombrables difficultés qui lui ont été léguées ï
Le Comité de Salut public, lui, s'en lire par de belles phrases, par des proclamations pompeuses adressées ù l'armée pour l'exhorler à son devoir (1). Il trace des plans sans se préoccuper de savoir si le défaut de moyens ne les rend pas impraticables; il donne des ordres, les révoque, irrite par ses prétentions à tout ordonner les représentants en mission; il énerve le
(11 En ï blic counai
chaatillon : • BravMgjerrien, le Comité de Saint pu- I lervices que voua avci rendu) à valrc patrie. Voiii
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• Soyez tcanquillei sur le aorl de vot par^nla. Lei pcrei dea (aidait U liberté Bonl ctieri à U p.ttHe. Elle leur doit tei dérenieuri. Voila grands tilrca à toa toiiii. Aua>i cat-ïl pourvu à leur >ilretG,etuneeii>leD honnéle leur eal aiauri^e,
■ Pour voua, ciloyeui. le jour n'eal paa éloigné uù voua pourrez, c( Terta dea lauriera de la vicloire, aller jouir dan> voa foyera dei doucei de la paix, dea crubratsemeuta de voi familles et ilc la reconnaiaiar natiODale. • — LeCamilé de Snlut publie aux vnlontairea de la Mayeni i Spire, B leplembre 17B5.