SL
Au reste, Picbegru est si loin des inlentious qu'o lui prête qu'il veut quitter son comniamjemenl.etqti ù l'approclie des électioas qui vont suivre l'avènement du Directoire, il songe à solliciter les suffra^jes des électeurs, soiL dans le Doubs, soit dans le Jura, son pays, où queli|ues-unâ de ses compatriotes vont prendre l'initiative de s^a candidature. 11 a envoyé sa démission au Directoire sans en parler à " ses complices « . Ils croient simplement à une course à Paris. A Condé qui s'en émeut, ils disent i que c'est pour le bien de la chose " .
Mais Gondé ne se paye pas de mots. Tant de lenteurs après tant de promesses l'impatientent. » Le seul moyen qu il ail de me prouver sa bonne volonté, dit-il, le 2G janvier, c est de me livrer Strasbourg, ou de me bxer au moins à quelle époque. Je ne doute pas quil ne soit dans les mêmes dispositions. Mais cela est vraiment trop long. H a dit ù t'aucbe que la poire était mûre. Cueiilons-Ia donc. "
Le 27 février, devant l'inaction de Pichegru, il insiste : « Je suis persuadé qu'il f^it tout ce qu'il peut fiiire. Maisje lui prédis que, pour peu qu'il tarde trop, ses projets se trouveront déjoués par les événements. Qu'il se souvienne de ma prédiction. 1! parait qu il veut convertir toute son armée. 11 n'y parviendra pus, et cela ne me parait pas nécessaire. Pourvu que nous en ayons plus des deux tiers, nous mettrons bien le restf à la raison. ■> Pichegru continue à ne pas répondre, bien que Condé déclare s que quelques lîjjnes de
DEMISSION [lE PICHEGRL'
nain scraicnl
X plut
cisives que
tout le reste »
Le 21 mars, il quitte l'armée, et son départ aclièv« de déconcerter Condé, qui le serait bien plus encore s il savait qu'à celte date la démission de Picliegru a été acceptée. Confirmant les dires de Barras daas ftc.s Mémoires, La Révelliére-Lépeaux écrit dans les siens au sujet de cette démission : i> J'atteste que ce général n'avait jamais éprouvé ni du Directoire ni d'aucun de ses membres rien qui put motiver son méconteutemeal. I! avait, au contraire, obtenu constamment du gouvernement toutes les marques de bienveillance et de confiance que pouvait lui attirer la réputation dont il jouissait alors. Ce ne fut qu'après des demandes très réitérées et très pressantes de sa part, et à la suite de plusieurs réponses du gouvernement très obligeantes et très propres à l'encourager, que sa démission fui acceptée , n
Le Directoire I avait reçue dès le commencement de mars et y avait répondu le 15, par cette lettre qui ne laisse aucun doute sur le caractère et lu spontanéité de la résolution de Picbegru :
u C'est à regret, citoyen général, que le Directoire exécutif se rend enfin aux demandes réitérées que vous lui avez faites de quitter l'armée de Bliin-^t-Moselle. Il sait combien il lui sera difficile de vous remplacer. Hais il sait aussi que vous avez besoin de repos, et il l'accorde, quoique avec peine, à vos instantes sollicitalions.
• Hais le repos d un guerrier célèbre n est point