‹ La conjuration de Pichegru: et les complots royalistes du midi et de l'est, 1795-1797, d'apre?sChapitre 46 sur 55 · KH · texte numérisé non relu

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l'ILCKS niSTOIlIQDES

resle lie moii armée, les plaees nous seront ouvertes, et rien ne nous empètliera d'arriver à Paris : je suis pei-suadc i^ue les mitres armées sui\-ront l'iinpuUîon de In mienne. Assurer Son Altesse de mon entier dêvuuemenl. "

Datts lea premiers jours de septemin'e, Ba|iliste me dît : " Puisqu'on ne croit pas devoir accepter le passage du Rbiu, U sera plus lun^; et difficile de faire ce que Son Altesse désire; mais il faut me laisser faire, je ne veux rien de partiel, je veux happer un t;rand coup, un i-tiup décisif; mon plan réussira, s'il n'est pas compromis sur l'autre rive. J'ai rela là et là (en portant la maiu sur son cœur et à sa tète}. Je ne veux point faire le second tome de Dumouriez. Dites au prince, m'ajoulat-il en pressant vivement ma main, que je suis aussi Ijod Français que lui, et que si je croyais mieux servir la cause du roi ailleurs, je ne serais pas ici uù les circonstances m'ont placé. "

Dans un autre entretien, il me dît : u Le roi, les princes et les emi{;rés ne pourront jamais me faire un reproche Fondé, j'ai défendu le lerritoire Fran^-ais, je le rendrai intact à Sa Majesté ; je ne désire ni j;rAees, ni récompences. Je fais cela parce que ceci est mon devoir; j'ai cru présenter plus l'occasion h l'armée de Condé de se réunir £i moi, on n'a paafl m'enteiidre. J'espère que LaFavetle et Dumouriex uesont p dans tout ce que vou« êtes chargé de me dire. »

Sur la demande que je lui lis dans un entretien, de se f noncer sur la personne qu'il ferait pioclamer, il me rêponq que tout bon Français ne devait sonjjer qu'au légitime * rain, Monsieur; ({ue si les Français avaient le malheur d'd nommer un autre que lui, le sang qui avait coulé juMju'alol ne serait qu'un foible échantillon de celui qui coulerait encort Il nous faut notre roi légitime, lui seul peut mettre fi {;uerre9 interminables qui suivraient l'élection d'un autre.

Il m'a demandé souvent quelles raisons le roi avait de à pas être à l'armée du prince, (|ue si on le lui savait cela M pourrait qu'électriser le soldat...

Dans un autre entretien il me dit : n Au nom de Dieu, qu'a ne fasse rien de décousu, de partiel, ou on jwrdra la choi qu'on entreprenne l'esprit public autant que possible jusqi^

PIÈCES HISTOBKIUES

cjue j'aie ti'uuvè le nioineat lavoralile il'eclnter. Les liillets si{piés Lagare trouvés dans les cafés ont iàilli Iwit |>ei'ilre; j'ai mon plau, i) compreii)) tout; je IVsùcutcr.-ii, qu'un me laiKse Faire, et qu'où soit sans iuquiiitude sur les moyen» que je croirai d'aprùs les ciicoustamcs devoir preiidic, iiialgié qu'ils paraiti'ont ne pas vomciiler avee les vues qu'où a île l'autre ci>lé ; tout ce que je ferai sera pour le mieux. ••

Il ine (lit plusieurs fois sur les iiiquii-luiles que je lui manifestais sur sa personne de la part de Sou Âltcsse relalivemt'iit aus 1-e présentants qui ëtaientà son armée, et pourrait s'apercevoir de ses iotentions : " Ne vous inquiétée poîiiL sur ma personne, j'ai les moyens d'empéclier les représentant et teU autres de nuire au succès de mon plan. » — Lorsque je fus arrêté et que ma détention lui Fut i-unnue, il vint de son quartier général, qui était à 15 lieuts du n" l, pour me faire délivrer dans le cas ou j'aurais été condamné.

AMaiiIieim, lecéuéralme dit : "Qu'on ne si^ presse pas, cela viendra, mais de (jràce qu'on ménage l'opinion, qu'un ne paile que d'oubli, ifu'un rassure l'opinion, qu'où ne parle de punir personne; une fois le roi en France, il sera le inaitre de faire tout ce qu'il voudra, mais qu'on me laisse l^ire jusqu'il que le roi ait mis le pied in France ; 4^ uand il y sera, je ne me mêlerai plus de rien. J'aimerais qu'il fut à l'armée du prince. » Il me permit de travailler son armée en me recommandant toute la prudence possible et surtout beaucoup de discernement dans le choix des officiers auxquels je croirais devoîr laire part du projet; il m'obser\'a de ne le communiquer qu'à ceux auxquels je reconnaîtrais des moyens et de l'inlelligence.

il m'a constamment rassuré sur les craintes que je lui manifestais de la part de Son AlU'sse au sujet du Directoire, qui pouvait le faire surveiller; il m'a fait apercevoir qu'il était efficacement épaulé à Paris, et qu'il avait des intelli|;cuci'!i avec le Directoire même.

Dix-huit jours après ma mise en lilierté, je crus que la prudence exigeait que je quitte le n' 1 et je fuissai le llliiu le 17 janvier, après avoir pris congé de Baptiste, qui me cbaigca de venir tranquilliser le Bourgeois sur les longueurs, en I a*-

suranl de nouveau de tout son dévouement à la chose ; il me recommanda d'obtenir d'être envoyé par le Bourgeois à César afin de savoir positivement si on pourrait compter sur les Y et que je dus lui rendre tout ce que César m'aurait dit sur le projet de Baptiste, que j'avais ordre de lui communiquer. Il a été content des conversations que je lui ai rendues et que j 'ai eues avec César et Pompée, et il compte beaucoup sur la promesse qu'ils ont donnée d'aider de tous leurs moyens le plan, et ils ont de suite donné des preuves de bonnes dispositions en laissant Tarmée de Son Altesse à Bulh, puisque Baptiste paraissait désirer qu'elle ne quittât pas ce cantonnement.

Baptiste m'a donné plusieurs écrits de sa main (jui assurent de son dévouement au roi et à Son Altesse.

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