INTRODUCTION
Dès le mois de juillet de l'année 1797, le Directoire, menacé dans son existence par l'opposition qui s'était formée contre lui au conseil des Cinq-Cents, sous l'influence du président de cette assemblée le général Piche^jru, était résolu au coup d'Etat qu'il accomplit le 4 septembre suivant, 1 8 fructidor de l'an V. Il le préparait et s'y préparait en s'efforçant de réunir les éléments propres à démontrer, l'opération une fois faite, qu'il y avait été contraint par la nécessité de sauver la République.
Mais ni les excès de la réaction thermidorienne dont il sera parlé plus loin, ni les intrigues royalistes brusquement révélées au mois de janvier avec les essais de conspiration de la Villeheurnois n'auraient pu suffire à cette démonstration. Ces épisodes isolés, suivis de répressions impitoyables, avaient mis en lumière plus encore que l'audace des rebelles et des conspirateurs leur faiblesse et leur crédulité, leurs illusions et leur impuissance.