‹ La conjuration de Pichegru et les complots royalistes du midi et de l'est, 1795-1797Chapitre 2 sur 29 · II INTRODUCTION · texte numérisé non relu

II INTRODUCTION

Ce n'est pas la République que les menées des mécontents exposaient à périr, mais le Directoire seul, le Directoire tel qu'il était composé et dont la majorité du conseil des Cinq-Cents voulait remplacer trois membres sur cinq par des hommes de son choix. Sous prétexte de la défendre, c'est en réalité pour se défendre eux-mêmes, pour consolider entre leurs mains le pouvoir qu on prétendait leur arracher, que Barras, Rewbell et La Révellière-Lépeaux, à Tinsu de leurs collègues Carnot et Barthélémy, se forgeaient des armes, se créaient des raisons plausibles d'agir, ayant à cœur de justifier aux yeux du pays les desseins violents dont ils apprêtaient en silence l'exécution avec le consentement et le concours de Bonaparte, d Augereau et de Hoche.

A l'improviste, le général Bonaparte leur fournit Targument décisif qu ils cherchaient, eu leur envoyant de son quartier général un document aussi extraordinaire qu'inattendu. C était le résumé des confidences faites l'année précédente par un aventurier politique. Roques de Montgaillard, au comte d'Antraigues, gentilhomme émigré et agent royaliste, qui venait d'être arrêté dans les Etats vénitiens au moment où les Français y pénétraient victorieux, et dont les papiers avaient été saisis.

Quoiqu il fut visible que, pour une mince part de vérité, cette pièce contenait une plus large part de

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