‹ La Connaissance générale du cheval... par les auteurs de l'Encyclopédie pratique de l'agriculteurChapitre 5 sur 29 · C. Appareil de la respiration · texte numérisé non relu

C. Appareil de la respiration

Le résultat utile de la digestion est la transformation des aliments en chyle ou fluide nutritif. Porté au cœur, mêlé au sang, poussé dans le poumon où il se trouve en contact avec l'air qui a pénétré dans cet organe, le chyle devient du sang. Les vaisseaux, qui sont les instruments de transport du chyle, appartiennent à l'appareil de la circulation, dont nous nous occuperons un peu plus bas. On appelle respiratoires les organes préposés à la fonction qui vient d'être définie et qui prend elle-même le nom de respiration.

Celle-ci, on le voit, est constituée par l'acte physiologique qui met en rapport le chyle et l'air atmosphérique, et aussi par les modifications qui alors complètent la formation de ce fluide, en appropriant tous ses éléments à la nutrition, en le

rendant apte à remplir le rôle très-essentiel qui lui est dévolu dans l'économie vivante.

.Moins étendu que l'appareil digestif, celui de la respiration ne dépasse pas les profondeurs de la cavité thoracique (fig. 5, p. 20 et 21 de Y Atlas). Il se compose d'un tube qui commence aux narines, se continue par les fosses nasales, le larynx et la trachée-artère, pour aboutir aux bronches, dont les divisions et les subdivisions, nombreuses à l'infini, se terminent par des espèces d ampoules microscopiques auxquelles on a donné le nom de vésicules pulmonaires : dans leur ensemble, celles-ci forment, de chaque côté du cœur, une masse quasi-charnue, molle et légère, remplissant la cavité de la poitrine : c'est le poumon.

L'appareil digestif a deux orifices, — la bouche et l'anus, — soit une entrée et une sortie pour les matières étrangères qui fournissent aux divers actes de la digestion. L'appareil respiratoire n'offre qu'une seule et même issue à l'introduction et à l'expulsion de l'air nécessaire a la respiration. Les fonctions digestives s'effectuent d'une manière continue, sans retour possible sur elles-mêmes des matières ingérées; la respiration s'accomplit par des actes alternatifs d'inspiration et d'expiration qui se succèdent et permettent à l'air, parvenu dans le poumon, d'en sortir en suivant en sens inverse les mêmes voies que celles qu'il a déjà parcourues pour pénétrer jusqu'aux dernières ramifications des bronches. 11 faut de bons aliments, des nourritures appropriées pour obtenir de bons résultats digestifs; il faut un air pur et salubre pour que le résultat des fonctions respiratoires soit profitable à l'entretien de la vie dans sa régularité et dans son amplitude ; les deux fonctions, cela va de soi, seraient incomplètes ou languissantes si leurs instruments étaient défectueux, frappés d'une activité moindre que celle réclamée par les besoins mêmes de l'animalité. C'est moins le volume que la parfaite intégrité des organes digestifs qui concourt aux bonnes digestions ; le grand développement des organes respiratoires n'est pas moins essentiel que leur état sain et normal à l'entier accomplissement de la tâche incessante qu'ils ont à remplir. Le ventre est souvent trop gros; souvent il tombe trop, suivant l'expression usitée:

jamais la poitrine n'est trop spacieuse. Si* le volume du premier peut nuire à la somme des services qu'on attend d'un moteur animé, les vastes dimensions du thorax en accroissent toujours, et dans toutes les circonstances, les aptitudes quelles qu'elles soient. Ceci nous conduit à dire un mot du thorax.

Cette cavité a pour base, avons-nous déjà dit, la cage osseuse formée par les côtes, appuyées en haut sur les vertèbres dorsales et en bas sur le sternum. Elle présente en avant, entre les deux premières côtes, une ouverture ovalaire qui livre passage à la trachée-artère, à l'œsophage, à un grand nombre de veines, d'artères et de nerfs. Postérieurement elle est fermée par le diaphragme, grand muscle aponévrotique, qui suit la direction oblique des côtes et la sépare de la cavité abdominale. Elle renferme les organes essentiels de la respiration et de la circulation, comme la cavité du ventre renferme les principaux organes de la digestion. En se contractant, le diaphragme refoule ceux-ci en arrière, et, par contre, agrandit le diamètre de la poitrine, c'est-à-dire l'espace occupé par les poumons, dont le volume augmente pendant l'inspiration. Après le repas, surtout s'il a été abondant, les contractions violentes, énergiques du diaphragme, gênent beaucoup l'action de l'estomac en exerçant sur lui des pressions fortes et réitérées, tandis que l'agrandissement moindre du diamètre du thorax ne laisse pas au libre jeu des poumons toute l'étendue nécessaire à l'entier accomplissement du rôle qui lui est propre. De là vient que la rapidité des mouvements, que les exigences d'un travail forcé nuisent à la digestion et sont si pénibles à l'animal que l'on monte ou qu'on attelle immédiatement après un repas copieux ou composé d'aliments peu nutritifs sous un grand volume.

Les vastes dimensions de la poitrine concordent nécessairement avec sa bonne conformation ; elles sont une garantie essentielle de santé, de force, de résistance ; elles sont l'indice certain des grandes proportions des poumons et du cœur, grandes proportions étroitement liées à la régularité et à l'ampleur des fonctions qu'ils remplissent. L'intégrité de ces dernières est une condition sine qua non d'aptitudes et de produits, de vigueur et de durée.

Une poitrine étroite ne loge que de petits poumons, des organes respiratoires complètement insuffisants ; alors l'activité vitale est moindre, le résultat de la digestion n'est plus qu'imparfaitement élaboré et transformé, aucune fonction n'atteint à son apogée, et l'animal donne moins tout en coûtant plus à entretenir. Dans sa conformation normale, la poitrine doit être spacieuse ; elle se présente telle lorsqu'elle est large, haute et profonde ; mais nous reviendrons sur cette proposition qui a une très-réelle importance et dont l'examen appartient plus spécialement à l'étude de l'extérieur.

Hors de la poitrine nous trouvons la trachée-artère, conduit aérien qui établit une communication entre les poumons et les ouvertures du nez par lesquelles l'air atmosphérique, indispensable à l'acte respiratoire, entre et sort alternativement. C'est là tout l'appareil respiratoire considéré d'une manière plus pratique que savante, mais très-suffisante néanmoins.

C'est la fonction qui maintenant doit nous occuper.

L'air entre dans la poitrine, c'est un fait. Pour l'admettre, elle soulève ses parois et agrandit sa cavité : ce premier mouvement est appelée l'inspiration ; il sort aussi de l'air de la poitrine quand, revenant sur elles-mêmes, ses parois s'abaissent et en diminuent le diamètre : ce second mouvement est l'expiration. On a comparé ce double résultat à celui du soufflet qu'on agite : l'air se précipite entre ses parois, éloignées l'une de l'autre ; il en est expulsé quand on les rapproche. Dans l'instrument inanimé, le cuir permet aux parois de s'écarter et d'opérer entre elles un vide que l'air occupe aussitôt; dans la machine vivante, c'est le diaphragme qui remplit l'office du cuir. Il y a cette différence encore que, dans le soufflet, l'air pénètre dans une poche unique, tandis que, dans la poitrine, il emplit des myriades de petites poches, toutes les vésicules pulmonaires. Dans le soufflet, l'air n'a aucune fonction particulière : il est aspiré et chassé, rien de plus ; dans la poitrine, il joue un rôle important que nous devons essayer de faire bien comprendre.

L'air respirable, tel qu'il doit être à son entrée dans le poumon, est un composé de 21 parties d'un gaz appelé oxygène et de 79 parties d'un autre gaz nommé azote. Quand il sort de la

• poitrine sa composition est tout autre ; il a perdu 4 ou 5 parties d'oxygène qui ont été remplacées par 4 ou 5 parties de gaz acide carbonique, dcmt la formation a lieu dans le poumon pendant l'acte essentiel de la respiration. Les matières qui n'ont point servi à la nutrition sont chassées du corps telles quelles et sous forme d'excréments ; le fait est vulgaire, connu et apprécié de tous. Le carbone rejeté de l'économie par la voie de l'expiration, sous fonne d'acide carbonique, n'est autre chose qu'une déjection, et, comme il ne pouvait sortir en son état normal, il faut admirer le moyen que la nature a pris pour l'enlever. Cette matière est en excès dans l'économie ; elle aurait nui à l'action vitale, à l'existence de l'animal ; celui-ci a été doué de la faculté de s'en débarrasser, à une condition pourtant : c'est que l'air fourni à la respiration serait salubre, pur, respirable en un mot.

Mais d'où vient tout ce carbone qui est en excès, qui se renouvelle sans cesse et que la respiration n'enlève que lorsqu'elle s'effectue dans toute son activité? Il vient de tous les points de l'économie où la circulation veineuse le recueille pour l'apporter au poumon, où il trouve à se combiner avec l'oxygène de l'air, et d'où il sort, comme nous l'avons dit, à l'état de gaz acide carbonique. C'est lui qui donne au sang veineux sa couleur foncée et le nom de sang noir, par opposition au sang artériel, ou sang rouge, dont la belle couleur vive tient précisément à ce qu'il est plus riche en oxygène et moins chargé de carbone. Par suite de la combinaison toute chimique qui se fait entre ces deux corps au sein des poumons, pour arriver à la formation d'acide carbonique, il y a production de chaleur, et c'était un résultat nécessaire pour que ranimai put résister par lui-même à toutes les causes de refroidissement qui l'enveloppent ; il y a, disons-nous, production de chaleur et purification ou revivification du sang.

Ce phénomène prend le nom hématose ou de sanyuification; ces mots expriment donc l'action physiologique par laquelle les divers matériaux de l'alimentation, apportés sons forme de chylé dans l'organe pulmonaire, s'y trouvent convertis en sang. Ils arrivent mêlés au sang des veines, affaibli de tous les principes de nutrition qui ont été déposés dans

chacune des molécules de l'économie et chargé, au contraire, des déjections dont il a mission de débarrasser les tissus, ce qui le rend noir et impropre a l'entretien de la vie ; mais, soumis à l'acte de la sanguification, il se dépouille de ces matériaux nuisibles, en reprend d'utiles et devient rouge, écumeux, plus léger, plus chaud, \ital enfin ; il perd alors sa qualification de sang veineux et acquiert les propriétés et le nom de sang artériel.

L'hématose est d'autant plus complète que l'air atmosphérique est plus pur et que les poumons pourront en admettre à la fois une plus grande quantité. La combustion, dont nous venons de parler, se fait exactement de la même manière que celle du charbon dans un réchaud. Dans les deux cas, elle ne s'entretient que par l'oxygène. L'air qui n'en contient pas assez n'alimente pas en suffisance l'opération ; dès lors le foyer s'éteint, la vie cesse ; dans les deux cas encore, le résidu de la combustion du carbone par l'oxygène est de l'acide carbonique qui est rejeté dans l'atmosphère et la vicie si elle est restreinte à un espace plus circonscrit, ou si elle n'est pas constamment renouvelée de manière à remplacer par de l'air pur celui qui a perdu ses proportions normales de gaz combustible. Alors la combustion use, en s' affaiblissant, tout l'oxygène contenu dans l'intérieur de cet espace plus ou moins clos, et cesse dès que les gaz non respirables la rendent impossible. C'est ainsi que les écuries trop étroites deviennent nuisibles ou même dangereuses aux animaux qu'on y entasse sans souci de fournir, par une aération bien entendue, à tous les besoins de la respiration. L'examen de cette proposition reviendra en temps opportun, ainsi que l'étude du flanc, dont les mouvements sont sous la dépendance des fonctions respiratoires, et l'étude des narines, dont le grand développement offre aussi son utilité.

D. Appareil et fonction de la circulation.

La circulation est le mouvement par lequel le sang est porté du cœur dans toutes les parties de l'économie et reporté de celles-ci au point de départ. On n'a pas.toujours su, comme on

le sait aujourd'hui, que le sang circule... En lui-même le fait est maintenant vulgaire, mais on ne va guère au delà : dans leur importance physiologique, les détails relatifs à cette fonction essentielle sont très-généralement peu connus. Il faut le dire pourtant, des grands actes de la vie, le phénomène de la circulation est un de ceux qui ont le moins de rapports directs ou prochains avec la pratique. L'éducateur n'exerce que très-indirectement et d'une manière fort peu appréciable son influence sur l'appareil circulatoire ; au travail cependant on perçoit les effets d'une direction inintelligente ou d'une application excessive des forces d'un animal; encore se trouvent-ils liés alors d'une manière si étroite à d'autres effets et à d'autres résultats plus tangibles , plus faciles à déterminer, qu'ils ne préoccupent jamais seuls, car on n'est guère habitué à les isoler.

Nous aurons donc peu à dire ici de la circulation du sang, de l'acte vital par lequel ce fluide pénètre tous les points de l'organisme pour distribuer à chacun les matériaux nécessaires à leur nutrition, et en revient chargé de ceux qui doivent être éliminés ou qui doivent servir à le réintégrer.

C'est à peu près tout ce que les praticiens ont réellement besoin d'en connaître. Insistons donc sur ce fait et répétons avec Richerand : « Le mouvement circulaire a pour usages de soumettre le fluide altéré par le mélange de la lymphe et du chyle au contact de l'air dans les poumons (respiration), de le présenter à plusieurs viscères qui lui font subir divers degrés d'épuration (sécrétions), et de le pousser vers les organes dont la partie nutritive animalisée , perfectionnée par ces actes successifs, doit opérer l'accroissement ou réparer les pertes (nutrition).

« Les organes circulatoires servent moins à l'élaboration qu'au transport des humeurs. On peut, pour s'en former une juste idée, les comparer à ces manœuvres qui, dans une vaste manufacture, d'où sortent des produits de toute espèce, sont employés à porter les matériaux aux ouvriers chargés de la fabrication ; et de même que, parmi ces derniers, il en est qui perfectionnent, épurent les matières que d'autres mettent en œuvre, ainsi les poumons et les glandes sécrétoires sont inces-

samment appliqués à séparer du sang tout ce qui est trop hétérogène à notre nature pour s'identifier avec nos organes, s'assimiler à leur propre substance, ou les nourrir. »

La figure 6 (p. 24 et 25 de Y Atlas) donne une idée suffisante de l'appareil de la circulation : il se compose du cœur, des artères, des veines et des vaisseaux lymphatiques.

Organe central de la fonction, le cœur est un gros muscle creux dont la cavité est divisée en quatre compartiments, superposés par deux l'un au-dessus de l'autre : ce sont les ventricules et les oreillettes, distingués, à cause de leur position relative, en gauches et en droits. Il y a donc un ventricule et une oreillette de chaque côté ; celle-ci occupe la partie la plus élevée du cœur, le ventricule correspondant vient immédiatement au-dessous; les deux poches à sang noir sont celles de droite, les autres sont situées sur le trajet du canal à sang rouge. Il en résulte, en quelque sorte, deux cœurs. C'est par les contractions rhythmiques de ses cavités que l'organe entretient le mouvement circulatoire du sang. Les oreillettes reçoivent les veines ; des ventricules partent les artères. Le cœur droit envoie au poumon le fluide sanguin , qui revient ensuite dans le cœur gauche. Celui-ci lance, par des contractions brusques et vigoureuses, le sang dans toutes les parties du corps, d'où il est ramené dans le cœur opposé pour reprendre encore et toujours la même voie.

Les artères sont les vaisseaux centrifuges, c'est-à-dire ceux qui, partant du cœur, portent et distribuent le sang dans toutes les parties du corps, à tous les organes, à tous les tissus.

Le système artériel comprend deux divisions : le système pulmonaire, dit à, sang noir ou veineux, qui procède du ventricule droit et appartient à la petite circulation; le système aortique, dit à sang rouge ou artériel, qui procède du ventricule gauche et appartient à la grande circulation.

Dans son ensemble, chacun affecte la forme d'un arbre : le tronc sort du cœur, et les branches plongent dans tous les viscères, pénètrent dans tous les tissus par leurs rameaux et par leurs ramuscules.

Les artères remplissent, dans l'économie, le rôle opposé à

la fonction dévolue à ces autres canaux qu'on appelle les veines. Celles-ci, vaisseaux centripètes du système circulatoire, rapportent au cœur, de toutes les parties du corps, le sang que celles-là y ont distribué en venant du sens contraire. Les artères battent de la même manière que le cœur bat ; elles traduisent fidèlement la rapidité ou la lenteur, la force ou la mollesse des mouvements de cet organe par une pulsation ou dilatation de leurs parois qui correspond à chacune de ses contractions : c'est le pouls. Les veines ne battent pas.

La marche du sang dans les vaisseaux artériels peut être considérée comme offrant la solution de ce problème d'hydrodynamique : la distribution continue et très-variée , pour la quantité et la vitesse, d'un même fluide contenu dans un système de tuyaux élastiques dont les parties sont très-inégales pour la longueur et la capacité, et au moyen d'un seul agent alternatif d'impulsion, le cœur.

Nous venons de définir les veines. Elles naissent des dernières ramifications artérielles : ce sont d'abord des radicules très-petites qui se réunissent pour former des rameaux, et plus loin des troncs qui accompagnent les artères. Les veines qui reviennent du poumon charrient du sang rouge et convergent vers l'oreillette gauche : ce sont les veines pulmonaires ou de la petite circulation. Les autres sortent du sein de tous les organes, transportent du sang noir et s'ouvrent dans l'oreillette droite : ce sont les veines de la circulation générale.

Quelques mots à présent sur le liquide delà circulation, sur le sang.

C'est un liquide d'un rouge plus ou moins foncé , suivant qu'on l'examine dans les veines ou dans les artères. D'une manière absolue pourtant, on le trouve de couleur plus vive dans les races supérieures, chez les individus les plus énergiques, les mieux doués sous le rapport de la force et de la résistance. Il est moins coloré dans les races affaiblies , chez les sujets dégénérés. Extrait des vaisseaux qui le charrient et laissé au repos, il se sépare, par le refroidissement, en deux parties : l'une, qui tombe au fond du vase, en prenant de la consistance : c'est le caillot; l'autre, qui surnage sous forme d'eau jaunie : c'est le sérum, qui contient plus ou moins d'albumine.

Lavé sous un filet d'eau, le caillot se sépare lui-même en deux parties : l'une nage dans l'eau, qu'elle colore en rouge : ce sont les globules du sang; l'autre reste dans les doigts sous forme d'un corps blanc , dur, résistant , filamenteux : c'est la fibrine.

La quantité de sérum , de fibrine et de globules , varie à l'infini, selon les races, selon la nature de l'alimentation et l'état actuel de la santé.

Ainsi étudié , le sang présente avec le chyle la plus grande analogie. L'un et l'autre ont la même composition, avec cette différence que les globules du chyle, liqueur blanche, sont blancs, et que ceux du sang, ainsi que nous l'avons dit, sont rouges , coloration due à la combinaison de l'oxygène avec une petite quantité de fer renfermée dans le sang. Si minime qu'en soit la proportion dans le sang d'un seul être , on a évalué celle qu'on pourrait extraire du sang de 28 millions de Français à plus de 67,000 kilogr. de fer.

Le sang est le résultat de toutes les absorptions soit cutanées et muqueuses, soit intérieures ou interstitielles. Il renferme à la fois et les matériaux introduits dans l'organisme, et ceux qui, altérés par le mouvement vital, ne pourraient plus en faire partie sans danger. Il est dépourvu de structure, ce qui lui a fait refuser la vie pendant longtemps; mais il la possède évidemment, lui qui la donne à tout dans l'organisme , lui dont les réactions intestines sont dans un exercice continuel, lui qui, à l'instar des organes les plus vivants, est agité d'un mouvement moléculaire comme spontané , par lequel il augmente sa substance, ou la diminue, ou la renouvelle; lui qui offre les trois grands phénomènes qui sont les effets de ce mouvement : l'absorption , l'assimilation et la sécrétion. On l'a appelé de la chair coulante , expression très-admirée, mais incomplète, sinon inexacte ; car le sang, c'est plus que de la chair coulante, c'est la trame organique tout entière à l'état liquide , et tous les solides, quels qu'ils soient , ne sont que du sang modifié.

Les propriétés vitales du sang, ses caractères physiques, sa composition intime varient, avons-nous dit. Faisant application de ce fait incontesté en physiologie à l'étude des races chevalines , on a trouvé le sang des familles nobles ou pures

plus riche, plus chaud, plus puissant qu'il ne se montre dans les races inférieures. L'élément aqueux y est en plus petite quantité que dans le sang d'aucune autre famille; par contre, et comme conséquence physiologique nécessaire , il renferme une plus forte proportion des globules qui nagent dans le sérum en nombre variable, non-seulement eu raison de la richesse ou de la pureté du sang, mais encore en raison de la condition particulière et propre à chaque individualité ; les composés salins y sont aussi plus abondants, et, sorti des vaisseaux qui le portent dans tous les organes, qui le déposent dans tous les tissus , il conserve plus longtemps sa fluidité , les caractères de la vie ; il résiste , plus qu'un sang moins généreux , aux causes de destruction physique, de dissolution de ses éléments divers. C'est pouç cela qu'il devient un moyen d'amélioration pour les races affaiblies ; c'est pour cela qu'on en a fait la source de toute régénération. Mais cette question reviendra en son temps.

On trouve dans l'économie un autre liquide circulant , la lymphe, et un ordre particulier de vaisseaux, les lymphatiques. Jaunâtre et transparente, la lymphe offre , inoins la couleur, une très-grande analogie avec le sang ; elle est prise , absorbée dans tous les tissus par les vaisseaux qui lui sont propres et qui naissent loin de l'organe central de la circulation pour se diriger vers lui. Ils sont extrêmement ténus, et débouchent dans un certain nombre de veines où la lymphe se mêle au sang, avant que celui-ci arrive au cœur pour en sortir et suivre la route circulaire que nous avons déjà indiquée, que nous rappelons sommairement ainsi : le sang va des cavités droites du cœur aux poumons, et de ceux-ci aux cavités gauches du cœur : c'est la petite circulation. Poussé par le cœur gauche dans un gros tronc qu'on nomme V aorte , d'où il sera distribué à tous les points de l'organisme, le sang est repris par les veines, qui le rapportent, mêlé au chyle et à la lymphe, dans le cœur droit : c'est la grande circulation.

E. Appareil de ly innervation.

Nous l'avons dit à satiété, nous nous bornons, dans ces ra-

pides prolégomènes, à un aperçu général sur les principaux appareils de la vie : nous ne voulons pas oublier que nous écrivons pour des praticiens, non pour des savants, et nous arrêtons avec soin notre enseignement aux données élémentaires les plus indispensables.

Nous avons précédemment exposé d'utiles notions sur de grands appareils organiques; nous laisserons à l'écart ceux qui ont pour le praticien une moindre importance et nécessiteraient de sa part des études trop approfondies; mais il nous reste à parler de X appareil de l'innervation, sans lequel tous les autres, demeurant complètement inertes , ne pourraient absolument rien pour la vie.

L'innervation s'exerce par le système nerveux, lequel est constitué par un ensemble de masses et de cordons qui se répandent, comme les vaisseaux, dans tous les points de l'organisme ; masses et cordons formés d'un tissu tout particulier, sans analogue dans la machine, et dans lequel s'effectuent les phénomènes sensoriaux, affectifs, instinctifs, intellectuels; il est de plus l'agent incitateur de la contractilité musculaire et des divers actes physiologiques par lesquels s'accomplissent les fonctions nutritives.

Cet appareil se compose d'une partie centrale, — cerveau et moelle épinière, — nommée axe cérébro-spinal, et d'une partie périphérique qui comprend une double série de branches ramescentes. Celles-ci s'échappent latéralement de la tige centrale et vont se distribuer à l'infini dans toutes les parties du corps : ce sont les nerfs.

Nous savons que le cerveau, masse renflée et considérable, est logé dans la cavité supérieure de la tête, dans la boîte crânienne ; que la tige allongée , appelée moelle épinière , est renfermée dans le corps des vertèbres dont la réunion lui forme un long canal protecteur. Les nerfs sont des cordons fasciculés qui sortent des orifices percés à la base du crâne ou des trous intervertébraux; ils se portent au sein de tous les organes, en se ramifiant à la manière des artères qu'ils accompagnent généralement.' Celles-ci se perdent dans la trame organique ou s'abouchent avec les divisions microscopiques qui donnent naissance aux veines : il ne pouvait en

être de même des fibrilles des nerfs, qui se réunissent et se relient entre elles d'une façon continue.

On n'a point encore essayé de faire pénétrer dans l'esprit des masses les notions, assez difficiles à expliquer d'ailleurs, que la science a recueillies sur l'appareil de l'innervation, sur les fonctions que le cerveau, la moelle et les nerfs remplissent dans l'organisme vivant. On s'est borné à dire : le cerveau est le centre et le régulateur de toutes les actions nerveuses; la moelle, qui le continue, est le conducteur des impressious sensitives, périphériques, ainsi que de l'influx moteur ; les nerfs, organes conducteurs du sentiment et du mouvement, transmettent aux centres de perception les impressions qu'ils reçoivent dans les organes où ils aboutissent, et portent dans ces organes l'influx nerveux qu'ils reçoivent des centres de perception avec lesquels ils sont en communication directe.

Répéter ceci n'est plus ni suffisant ni satisfaisant ; aller au delà nous paraît bien scabreux. Nous essayerons pourtant; mais, pour ne prendre qu'une demi-responsabilité du fait, nous copierons purement et simplement ce qu'un auteur estimé , M. Chauveau, a dit du même sujet dans son beau Traité d'Anatomie comparée des animaux domestiques. Recherchant d'abord les propriétés des nerfs, il s'exprime ainsi :

« Nous supposerons le canal rachidien ouvert dans la région des lombes et la moelle mise à nu sur un animai vivant. Si l'on coupe en travers les racines inférieures d'un des nerfs spinaux et qu'on excite, en les comprimant entre les mors d'une pince anatomique, une ou plusieurs de ces racines par le bout qui tient à la moelle, on ne fait naître aucun phénomène de nature à dénoter que cette excitation a eu une influence quelconque dans l'organisme. Mais si, au lieu d'agir sur le bout central de ces racines coupées, j'excite le bout périphérique, je provoquerai une contraction des muscles du membre qui reçoivent des fibres provenant des racines excitées. Cette expérience me montre l'excitation mécanique déterminée par les mors de ma pince conduite jusqu'à l'agent musculaire par les libres nerveuses en question, et j'en conclus que ces fibres possèdent une propriété de conduction particulière, qui leur permet de transporter au loin les excitations

qu'elles reçoivent sur un point de leur trajet ; j'en conclus encore que cette propriété de conduction ne peut opérer que dans une certaine direction, c'est-à-dire de l'origine des nerfs vers leur extrémité périphérique , et je la nomme pour cette raison conductibilité centrifuge.

« Je pratique ensuite la même expérience sur les racines supérieures du nerf, en commençant à exciter ces racines, après leur section, parle bout périphérique. Cette excitation ne donne aucun résultat. Je la transporte sur le bout central, et aussitôt l'animal témoigne, par ses cris et ses mouvements, qu'il a senti l'attouchement des mors de la pince. Or, comme je vais le dire dans un moment, l'impression résultant de cet attouchement n'a pu être perçue que par l'encéphale ; elle a donc été conduite jusqu'à la moelle par les fibres nerveuses excitées, jusqu'au cerveau par les fibres de cet axe médullaire. En laissant de côté, pour le moment, la part prise par celles-ci dans le phénomène que nous analysons , on voit que les fibres supérieures des nerfs spinaux jouissent aussi d'une faculté de conduction, mais tout à fait opposée à celle que possèdent les libres supérieures , puisqu'elle agit en sens inverse , c'est-àdire de la périphérie au centre, et je l'appelle en conséquence conductibilité centripète.

« On démontre , par une série d'expériences tout aussi simples et aussi précises, que cette double propriété de couduction appartient à toutes les fibres nerveuses nées de l'axe cérébro-spinal, la conductibilité centripète aux fibres supérieures, la conductibilité centrifuge aux fibres inférieures. On démontre aussi que la conduction s'opère, soit dans un sens, soit dans l'autre, quel que soit le point du trajet de ces fibres qui reçoive l'excitation, c'est-à-dire que les tubes nerveux possèdent dans toute leur longueur leur conductibilité respective.

« Passons à la moelle.

« Sur le même animal et dans la même région, en avant des racines mises en expérience tout à l'heure, nous couperons en travers l'axe spinal; nous en exciserons même une petite rondelle, pour avoir parfaitement à découvert les deux surfaces de section, celle du bout central ou céphahque et celle du tronçon périphérique ou caudal. Sur ces surfaces

apparaîtront les traces d'une séparation de l'organe en deux cordons latéraux, et d'une division de chaque cordon en trois faisceaux, l'un supérieur, l'autre inférieur, le troisième intermédiaire ou latéral. Avec la pointe d'une aiguille nous exciterons tour à tour chacun de ces faisceaux sur la surface de section encéphalique , et voici ce qui arrivera : l'excitation des faisceaux supérieurs déterminera constamment des cris et des mouvements; celle des autres points n'amènera rien du tout.

« Les cordons supérieurs de la moelle se comportent donc, au point de vue dynamique, comme les fibres nerveuses qui s'en échappent, c'est-à-dire qu'ils possèdent la conductibilité centripète. Quant aux faisceaux inféro-latéraux , l'excitation de leur bout central n'amenant que des résultats négatifs, comme pour les nerfs nés de ces faisceaux, on est autorisé à penser qu'ils partagent avec ces nerfs la conductibilité centrifuge , ce dont on obtient la preuve directe en portant la pointe de l'instrument excitateur sur le tronçon caudal de la moelle, excitation qui développe immédiatement des contractions dans les muscles du train postérieur.

« La double conductibilité nerveuse est donc une propriété commune aux nerfs et à l'axe spinal. Mais cette dernière partie ne posséderait- elle pas quelque autre propriété qui lui serait spéciale ? Voici une expérience qui permet de répondre par l'affirmative : J'excite, en la pinçant, une des racines supérieures restées intactes sur le tronçon caudal de la moelle épinière. L'excitation ne peut plus être conduite au cerveau , puisque ce tronçon s'en trouve isolé, et cependant des mouvements surviennent dans les muscles des membres postérieurs. Serait-ce qu'après la section de la moelle la propriété conductrice des fibres nerveuses à origine supérieure s'est intervertie et changée en conductibilité centrifuge? Non, car après la section transversale de ces racines, l'attouchement de leur bout central amène exactement les mêmes effets. Il faut donc que l'excitation ait gagné d'abord la moelle, puis ait été transmise par cet organe aux muscles, au moyen des fibres à courant centrifuge ; et c'est effectivement ce qui a lieu, la section de toutes ces fibres sur le tronçon de la moelle empêchant la manifestation de tout mouvement dans les muscles, à la suite

de l'attouchement des racines supérieures. Il y a , comme on dit, réflexion dans l'épaisseur de la moelle, sur les racines inférieures , de l'excitation résultant de cet attouchement , et la propriété qui permet à Taxe médullaire d'agir de cette manière prend le nom de pouvoir réflexe. On remarquera qu'à supposer, pour un moment, les racines nerveuses supérieures et inférieures réunies en arcade dans l'épaisseur de la moelle spinale, cette propriété réflexe ne serait pas autre chose que la conductibilité nerveuse elle-même opérant précisément dans la direction spéciale à chaque espèce de nerfs.

« Poursuivons notre étude pour fixer, avec le même procédé expérimental, les attributions de l'encéphale, en nous servant toujours du même sujet.

« Après la section transversale de la tige médullaire est survenu un remarquable phénomène, dont nous avons négligé de tenir compte dans les considérations précédentes ; nous voulons parler de la paralysie des membres abdominaux. Ces membres ont perdu subitement, en effet, et la sensibilité, c'està-dire la propriété d'être impressionnés par les excitations physiques, et la motricité spontanée , c'est-à-dire le pouvoir d'exécuter, au moyen des muscles, des mouvements commandés par la volonté. Le siège de ces deux nouvelles propriétés n'est donc ni dans les nerfs ni dans la moelle ; la chose est démontrée du moins parle tronçon caudal de celle-ci, et la preuve va en être faite pour toute l'étendue de cette longue tige : nous la coupons en travers à son point de continuité avec l'encéphale , c'est-à-dire au niveau de l'articulation atloïdo-occipitale, et tout aussitôt la paralysie, qui était bornée au train postérieur, envahit le reste du corps, moins la tête. La sensibilité et la motricité spontanée n'appartiennent donc point à la moelle épinière; ce sont deux propriétés de l'encéphale.

a Voici, du reste, un ensemble de phénomènes dont le spectacle est bien propre, s'il en était besoin, à faire naître la certitude sur ce point de physiologie. Sur notre animal paralysé parla section atloïdo-occipitale de la moelle, nous prévenons l'asphyxie et la mort en pratiquant l'insufflation pulmonaire pour entretenir artificiellement la respiration. L'observation démontre alors, comme nous le disions il n'y a qu'un instant,

que la sensibilité et la motricité spontanée sont conservées dans la tête , dont les nerfs sont en communication directe avec l'encéphale. On pince la lèvre supérieure , et le patient témoigne par les mouvements de cet organe qu'il a ressenti de la douleur. On approche le doigt de la surface de l'œil, et les paupières se ferment et papillotent, preuve que l'animal voit les objets , apprécie la distance qui les sépare de lui , et cherche à soustraire le globe oculaire à leur contact. Bien plus, cet animal avait été soumis, avant l'expérience , à une diète prolongée ; après l'expérience il sent encore la faim , il cherche à la satisfaire en saisissant les aliments qui se trouvent à sa portée (je l'ai vu! ), il mâche, il avale ! Est-il besoin d'ajouter des traits à ce tableau pour qu'on y découvre la démonstration que nous voulions donner? Peut-on douter encore que l'encéphale soit réellement le siège unique de l'impressionnabilité qui perçoit la sensation des excitations périphériques, et celui de cette motricité spontanée sous l'influence de laquelle se développent les mouvements volontaires ?

« Ainsi donc, si l'animal sent , c'est par l'encéphale; s'il veut, c'est encore par l'encéphale. Nous devons nous arrêter là, nous qui n'avons pas mission pour aller plus loin dans l'initiation des néophytes aux secrets de la physiologie du système nerveux, tout en prévenant que la sensibilité et la volonté ne constituent pas les seules attributions du tissu de la masse encéphalique, mais que cette masse est encore le siège d'autres manifestations non moins intéressantes, celles des instincts et de X intelligence ; tout en prévenant encore que , si l'encéphale doit être considéré comme l'instrument immédiat de tous ces phénomènes , il serait impossible d'en attribuer la cause proprement dite à l'activité de sa matière physique ; au-dessus de cette activité plane une puissance mytérieuse , qu'on démontre par l'analyse méthodique des manifestations provoquées par cette activité. Mais nous ne dirons pas même notre premier mot sur la nature de cette puissance ; ce premier mot serait parfaitement inutile sans le dernier, et celuici nous mènerait beaucoup trop loin.

« En résumé, les nerfs possèdent une seule propriété vitale, la conductibilité centripète dans les nerfs à racines supérieu-

res, la conductibilité centrifuge dans les nerfs à racines inférieures.

« La moelle épinière partage avec les cordons nerveux cette double conductibilité; elle est pourvue en plus du pouvoir ou de la propriété réflexe.

« L'encéphale a pour apanage une activité spéciale d'où découlent la sensibilité, la volonté et les manifestations de Y instinct et de Y intelligence.

« Il nous resterait à faire connaître la nature de l'influence qu'exerce sur les autres appareils le système nerveux, par les propriétés que nous venons de lui reconnaître ; mais encore ici nous devons nous borner à poser des principes.

« Depuis Bichat, on s'accorde à diviser en deux grandes catégories les fonctions dont le jeu entretient la vie propre à l'individu : celles de la vie animale ou de relation, et celles de la vie organique ou végétative.

«Les premières, qui s'exercent avec conscience, comprennent les fonctions sensorielles et les mouvements volontaires , ceuxci provoqués par l'excitation spontanée, qui prend naissance dans l'encéphale et est transmise jusqu'aux muscles par les fibres nerveuses à conductibilité centrifuge; celles-là ayant pour but l'appréciation par l'encéphale des sensations tactiles, de la chaleur, de la lumière, des odeurs , des saveurs , pour moyens ou pour instruments les fibres nerveuses à conductibilité centripète, qui transportent jusqu'à la masse encéphalique les excitations développées de leur extrémité terminale par ces divers agents physiques.

« Quant aux fonctions de la vie végétative, c'est-à-dire celles qui s'exécutent, pour ainsi dire, à Finsu des animaux, ceux de leurs actes qui ne sont point le résultat des forces physico-chimiques se trouvent placés sous l'influence du pouvoir réflexe de la moelle. Par exemple, l'estomac est vide : ses membranes muqueuse et charnue restent tout à fait passives, c'est-à-dire qu'il n'y a ni contractions dans la première, ni sécrétion du suc gastrique par la seconde ; des aliments arrivent à l'intérieur du sac : et aussitôt son activité se développe, la tunique musculeuse exécute des mouvements qui opèrent le mélange des aliments, et les chassent vers l'ouverture pylorique, pen-

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dant que la surface libre de la membrane interne laisse exhaler en abondance le suc dissolvant : c'est que l'excitation exercée par la présence des particules alimentaires sur l'extrémité des fibres nerveuses à conductibilité centripète a été transmise par ces fibres à l'axe médullaire, puis réfléchie sur les fibres à conductibilité centrifuge, et ramenée par elles dans les tuniques de l'estomac dont elle met en jeu les propriétés spéciales.

« D est digne de remarque que les propriétés du système nerveux, qui agissent d'une manière si importante sur les organes de la vie végétative, n'ont aucune action directe sur la nutrition elle-même. L'anéantissement des nerfs d'une région trouble certainement le mouvement nutritif dans les tissus de cette région à cause de la paralysie des vaisseaux, mais elle ne l'anéantit point. Il est, du reste, une catégorie immensément nombreuse d'êtres organisés, les végétaux, chez lesquels la nutrition est très-active et qui n'ont pas de système nerveux. La propriété qui détermine les phénomènes essentiels du mouvement nutritif est donc indépendante des actions nerveuses : c'est une émanation directe de la force vitale. »

F. Nous aurions pu dire aussi quelques mots de l'appareil de la dépuration urinaire, chargé d'éliminer du sang, avec l'eau excédante et d'autres substances accessoires, produits excrémentitiels qui se retrouvent dans l'urine; à dessein nous le mentionnons seulement pour mémoire.

Nous parlerons plus loin, en tant que cela sera utile, des appareils des sens, et nous réservons de même pour une autre partie de l'ouvrage tout ce que l'éleveur doit savoir des appareils de la génération.

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